stationnement sur le Plateau-Mont-Royal

Le stationnement sur le Plateau-Mont-Royal; une question de perception

Un certain soir, j’ai rêvé attendre en rang sur un vaste terrain de bataille. Au plein milieu d’une plaine embrumée, je ne voyais d’ennemi nulle part, mais j’entendais au loin le bruit d’une autoroute. Puis, à travers le son lointain des voitures, se fit tranquillement sentir l’atmosphère sonore d’un bar: il y avait des discussions inaudibles… et des bruits de transactions monétaires (?!?). Je me suis dit alors que c’était la première fois que j’arrivais à discerner le son de l’argent… un son qui se rapprochait de nous en fréquence et intensité.  C’est alors que Luc Ferrandez, ouvrant la voie devant les troupes, se mit à recevoir une pluie de flèches. J’avais beau vouloir me mettre devant et tenter de le protéger, j’avais les pieds embourbés dans un marais… j’avais beau me débattre de toutes mes forces et crier contre les invisibles assaillants , je n’arrivais pas à bouger. Et malgré les flèches qui le transperçaient, Luc restait de marbre; impérial et confiant… jusqu’à je m’aperçoive qu’il s’était statufié pour résister aux projectiles.

À mon avis, ce mauvais rêve est une représentation de cette campagne disgracieuse que mènent les groupes marchands contre notre plan de stationnement/revitalisation du Plateau-Mont-Royal. Puis, aussi, l’expression d’un sentiment d’impuissance à pouvoir adéquatement aider notre maire, seul au front et isolé, à la merci de forces malveillantes œuvrant dans l’ombre.

En effet, l’une des stratégies de cette fronde envers l’administration politique de notre arrondissement est d’isoler le maire de ses partisans. En tapissant plusieurs commerces de la photo de Luc comme s’il était un homme à abattre, on veut donner la perception que notre programme politique est la lubie d’une seule personne abusant d’un surplus de pouvoir. Dans les faits pourtant, non seulement notre parti est à la base un mouvement «grassroot» de citoyens, non seulement notre programme est développé par les membres selon des principes de démocratie participative, mais le cabinet de du Plateau fonctionne dans un incomparable esprit de collégialité à Montréal. Bref, Luc Ferrandez est réellement à la tête d’une équipe politique, une équipe ayant raflé l’intégralité des postes de conseillers dans le Plateau-Mont-Royal avec près de 50% des suffrages. Notre mandat est clair: apaiser de circulation véhiculaire, favoriser le développement du transport en commun, faire des zones de rencontre, réaménager l’espace public et la végétaliser au maximum, etc.

Mise en contexte: La situation budgétaire du Plateau

C’est sûr qu’en ayant hérité d’un arrondissement structurellement déficitaire à raison de 4 millions par années, le simple exercice d’équilibrer le budget impliquait de faire des compressions majeures. À cet effet, notre décision de ne pas charger la neige la fin de semaine fut la plus efficace de ces mesures… et aussi la plus médiatisée. Présenté d’entrée comme étant une frivolité «antichar» par les médias, elle s’avérait plutôt une décision économique émanant de nos services administratifs. À dire vrai, l’aspect idéologique de cette mesure, ici, tient bien plus dans la priorisation du déneigement des trottoirs la fin de semaine. Ainsi, pendant plusieurs jours, les médias auront claironné partout au Québec l’inconscience dogmatique de Projet Montréal… au point même que la majorité des gens à l’extérieur du Plateau pensent toujours que nous ne déneigeons pas nos rues l’hiver.

Pourtant, en comparaison, dans certain secteur, l’arrondissement d’Outremont ne charge pas la neige les jours de shabbat pour des raisons d’accommodement religieux envers la secte hassidim… et personne ne trouvent de quoi en redire. Dans un même ordre d’idée, y a-t-il eu un seul journaliste pour informer la population que nous avions réussi à atteindre l’équilibre budgétaire dès la première année de notre mandat? Que nous avions sécurisé davantage le déneigement des trottoirs? Que nous avions finalement harmonisé les relations avec nos fonctionnaires. (Avant notre arrivée, il y avait carrément une guerre civile entre le cabinet Fotopulos et l’administration Falcon, ce qui conséquemment paralysait la qualité des services offerts à la population). Que le passage du bac au sac a drastiquement amélioré la propreté dans le quartier? Que finalement, l’apocalypse annoncée quant au non-chargement de la neige la fin de semaine n’a pas eu lieu?

Dans les faits, si notre premier budget s’inscrivait à droite (mais ça, heureusement, il n’y eut aucun commentateur pour le comprendre), notre deuxième budget se veut ambitieux quant aux investissements dans l’espace public. Cependant, si l’équilibre budgétaire de l’arrondissement a été atteint après un an, il nous fallait impérativement trouver des nouveaux revenus pour financer nos projets d’infrastructure. Car, en tant que seul arrondissement de Montréal géré à 100% par Projet Montréal, nous avons une obligation de résultat. En effet, dans le Plateau à la dernière élection, par les divers projets d’aménagement que nous avons parlé d’accomplir, nous aurons réussi à faire rêver la population. Or, les attentes sont hautes quant à notre devoir de réalisation. Malheureusement, le nerf de la guerre étant l’argent, nos adversaires le savent trop bien et font le nécessaire pour entraver nos capacités budgétaires. En ce sens, notre plan de stationnement/revitalisation à autant l’avantage de résoudre un problème d’espace que de financer, sans ajouter de nouvelles taxes, le développement du quartier.

La gestion byzantine du stationnement à Montréal

Bien sûr, ce plan est complexe à expliquer; d’autant plus que ce n’est jamais politiquement «winner» de parler de stationnement. (À cet effet, je vous suggère de lire les explications de Guillaume Cloutier, notre attaché, qui a développé ce plan après plusieurs mois de travail. D’ailleurs, dans un prochain article, je compte expliquer rationnellement  l’actuel problème de la gestion de l’espace dans le quartier; car voyez-vous, l’actuel problème de  l’offre en stationnement n’a pas été inventé par Projet Montréal). Mais au-delà des problématiques de la répartition de l’espace public en stationnement, la prémisse de notre plan était de mettre fin à la disparité quant à la gestion des parcomètres à Montréal.

Effectivement, depuis les fusions municipales, contrairement au 9-ex (arrondissements de l’ancienne ville), les 10 ex-banlieues contrôlent 100% de leur stationnement et obtiennent 100% des revenus issus des parcomètres. Nous basant donc sur cette iniquité, après plusieurs discussions avec le cabinet du maire Tremblay sur ce sujet, un mémo signé par M. Robert Lamontagne (le directeur principal au service de finance à Montréal) à l’attention de tous les directeurs d’arrondissement, nous annonçait, finalement, les mêmes facultés de perception que les 10-ex-banlieues quant aux revenus issus du stationnement. D’ailleurs, l’ajustement de cette disparité était tellement convenu que plusieurs autres des 9-ex avaient aussi inscrit dans leur budget (en douce) des revenus issus des nouveaux pouvoirs de perceptions sur les parcomètres. D’autre part, dans le contexte où la Ville-centre n’élève plus la dotation accordée aux arrondissements depuis plusieurs années, le maire Tremblay encourage informellement le financement des 9-ex par la perception de nouveaux revenus… laissant ainsi les arrondissements prendre seuls le coût politique quand elles osent équilibrer leur budget. En définitive, malgré le discours officiel d’Union Montréal, l’étranglement fiscal imposé par la Ville-centre aux arrondissements fait de notre ville une entité toujours plus centralisée.

Le gros problème médiatique du Plateau-Mont-Royal

Parlant de coût politique, combien de fois avez-vous entendu les médias aborder les sujets de la sous-dotation des arrondissements? Avez-vous déjà entendu parler de l’iniquité dans la gestion du stationnement entre les arrondissements, du fait que les 9-ex versent 35 % des revenus issus de leur parcomètre à Stationnement de Montréal, que cette même «société de commandite» est en fait une création de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain qui perçoit 10 % des revenus pour financer ses activités? Pourquoi, contrairement au Plateau, personne ne s’oppose au fait que notre arrondissement voisin d’Outremont perçoit 100 % des revenus issus de ses parcomètres? Pourquoi notre arrondissement voisin de Ville-Marie facture ses parcomètres à 3$ de l’heure, mais que le Plateau ne pourrait pas en faire autant ? Pourquoi aucun journaliste n’est en mesure de relier les revenus que nous voulons obtenir aux projets que nous voulons réaliser ? Pourquoi des médias trouvent à s’offusquer quand Luc Ferrandez écrit des «épithètes colorées» sur son blogue… mais qu’aucun de ceux-ci n’arrive à faire écho lorsque ce dernier explique concrètement les fondements de notre plan de stationnement sur ce même blogue? Pire encore, pourquoi aucun média ne se donne la peine de rétablir les faits quant à l’actuelle campagne de dénigrement mené par les sociétés commerciales du Plateau-Mont-Royal contre notre administration politique?

La pétition «Western» contre Luc Ferrandez

En effet, tout le grossier préambule de leur pétition est un amalgame démagogique pour désinformer la population sur notre plan de stationnement… voire, une tentative pour bloquer notre programme politique et imposer le statu quo malgré la volonté démocratique des électeurs du Plateau. En sous-entendant à la population qu’il y aura des parcomètres à 3$ de l’heure partout dans le Plateau jusqu’à 1h du matin, voyons… même moi je signerais cette pétition. Mais, ici, est-ce vraiment à moi, plutôt qu’aux journalistes, d’avoir à rétablir les faits pour informer la population de son réel intérêt ? D’ailleurs, comment expliquer que les promoteurs de cette fronde puissent avoir autant de couvertures médiatiques quand aucun journaliste ne se donne la peine d’avoir l’avis… des représentants publics qui ont élaboré le plan en question?

PÉTITION - Non à l'augmentation des parcomètres sur le Plateau

  • Augmentation du prix du parcomètre à 3 $ : Oui, comme pour dans Ville-Marie présentement, nous voulons augmenter nos parcomètres à 3 $ de l’heure afin de financer notre budget d’arrondissement et réaliser des projets d’investissements.
  • Installation de parcomètre sur l’ensemble des rues résidentielles : Faux. Nous étudions la mise en place de deux projet-pilote de parcojour. Contrairement au parcomètre où l’on paye sa place en fonction d’un prix déterminé en fonction du temps utilisé, le parcojour est un système de vignettes à l’année, au mois ou à la journée avec des tarifs différents pour les résidents et les visiteurs. Par ailleurs, il est à noter qu’avec ce système, le résident (ayant une vignette) aura plus de place et pourra se garer comme il le veut dans son secteur de parcojour.
  • Parcomètre (partout) jusqu’à 1h du matin: Faux. Nous voulons augmenter la tarification jusqu’à une heure du matin, seulement sur la rue St-Laurent entre l’avenue des Pins et Sherbrooke. En effet, selon le concept d’utilisateur-payeur, avec l’argent recueilli, nous souhaitons développer un programme pour financer l’insonorisation des petites salles de spectacle de la rue St-Laurent. A cet effet, pratiquement aucun média n’a trouvé l’intérêt de relayer cette information, pourtant d’actualité.
  • Retrait de 1 500 places de stationnement sur les rues du Plateau: Oui, mais encore là, il aurait fallu expliquer de quel espace de stationnement il est question. En effet, pour la plupart, ces retraits sont issus de projets émanant  de la Ville-centre (que nous appuyons avec enthousiasme). Que ce soit l’ajout de nouvelles stations Bixi, la sécurisation de la piste cyclable Rachel ou la mise en place d’une voie sécurisée pour l’autobus 427 sur le boulevard Saint-Joseph, ces projets sont pour la plupart liés au développement du transport en commun (et donc en réponse au problème de stationnement). D’autre part, le retrait de 50 espaces de stationnement par année pour sécuriser les intersections origine du PDU voté par l’administration précédente. Bref, par déduction, c’est donc dire que les SDC s’opposent au développement du transport en commun, à notre plan d’apaisement de la circulation et la sécurisation des intersections aux alentours des écoles. Ici, pensez-vous vraiment que tous les signataires de cette pétition auront vraiment compris la position rétrograde des SDC?

Pour ce qui est de la conclusion alarmiste à l’effet que Luc Ferrandez détruira la vitalité économique du Plateau; ceci est une irresponsable campagne de peur totale. Faut-il rappeler aux marchands que la hausse de 2$ à 3$ de l’heure dans Ville-Marie n’a pas affecté le commerce… que le chiffre d’affaires des commerçants sur la rue Ste-Catherine a augmenté depuis la piétonisation? Faut-il vraiment expliquer aux commerçants que ce qui peut tuer le commerce en ville, c’est l’automobiliste qui accapare un stationnement (gratuit) durant toute la journée devant les commerces?  Ainsi, en illustrant l’image qu’il y aura des fermetures massives des commerces (comme pour ce qui est déjà le cas de la rue St-Laurent), la pétition interpelle la défense de l’intérêt public. Pourtant, nous nous battons justement contre des forces économiques s’opposant au développement du quartier; des intérêts qui refuse éperdument de considérer la qualité de vie des résidents, des commerçants qui dénigre le choix démocratique de leurs clients locaux, une logique bête qui borne l’économie à l’équation simpliste: plus de voitures = plus de clients = plus de profits. Bref, non seulement les promoteurs de cette pétition ne proposent aucune solution au problème du stationnement, mais surtout, ils sont incapables de projection dans l’avenir. Alors que le parc automobile augmente systématiquement sur l’île de Montréal à cause de l’orientation arriéré de la MTQ, alors que les demandes des résidents en vignettes auprès de l’arrondissement explosent, qu’est que la clique de marchands suggère finalement: le déni de la situation environnementale, le statu quo et le blocage politique du parti élu démocratiquement!

Admettons d’emblée que l’actuelle crise à propos de notre plan de stationnement est notre plus grande épreuve depuis le début de notre mandat. Disons aussi qu’on s’y attendait… et que si nous ignorions la forme que l’opposition allait prendre, nous avons tout  de même choisi le moment où allait se tenir la bataille. Bien sûr, ces marchands ont l’avantage d’avoir diminué au plus petit dénominateur commun l’expression de leur message. Mais de notre côté, nous avons trois ans pour faire comprendre que le plan de stationnement est en fait un plan de revitalisation pour pallier à un arrondissement sous-doté. Nous avons trois quarts de mandat aux manettes de notre arrondissement pour réaliser concrètement des aménagements dans la vision que l’on propose… et transmuter la question de stationnement en projet de société.

Bien que le Québec conservateur aime bien s’imaginer le Plateau-Mont-Royal à l’avant-garde du progrès social, en vérité, notre administration n’est qu’un wagon poussé par un vaste mouvement mondial prenant racine dans les villes progressistes; une prise de conscience pour la mise en valeur du milieu de vie. Cette « bataille du stationnement » a été faite ailleurs… et nous la gagnerons ici. Justement parce que nous savons que notre plan est économiquement bon pour l’arrondissement… et surtout, qu’il est fondamentalement motivé par l’amélioration des conditions de ceux qui vivent dans le quartier. Est-ce si difficile à réaliser au Québec?

Trouver une place pour sa voiture n’est pas si difficile qu’on le croit. Comptez le nombre de personnes qui ont réussi à le faire avant vous
-Robert Rocca

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une réponse à l'article “La bataille du stationnement sur le Plateau-Mont-Royal”

  1. 1. Anonyme1No Gravatar dit:

    Bonjour,

    Je vis à Montréal mais presqu’au bout de l’Île, dans Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles. Le service de transport en commun est merdique. Notre métrobus n’a même pas de trajet fixe et il est tout simplement absent à certains soirs. Toutefois, on est des montréalais comme les autres avec la même fiscalité et le même sentiment d’appartenance. Toutefois, notre « excentricité » me condamne à utiliser la voiture si je veux, par exemple, me rendre sur le Plateau-Mont-Royal.
    C’est bien beau demander aux gens de prendre le transport en commun et je le prend aussi souvent que je le peux mais je pense qu’il faut être raisonnable ; je ne peux pas me taper jusqu’à trois heures de bus et de métro.
    C’est pas tout le monde qui est aussi bien désservis que dans votre quartier sans être pour autant des banlieusards exilés au bout du Québec. Il faut tout simplement en prendre conscience. Pour moi, le transport en commun ne me permet pas d’aller n’importe où dans des délais raisonnables sans risques de retard et sans utiliser un temps de transport disproportionné dans ma journée.

    À bon entendeur.

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