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Posté par le 25 mars 2019 dans Indépendance du Québec, Parti Québécois

Pour la refondation du Parti québécois sur une base républicaine

À moins de quatre années d’une élection qui devrait vraisemblablement faire disparaître le PQ à défaut d’un changement de paradigme, ce parti n’a donc que quelques mois devant lui pour se ressaisir en affrontant la dure réalité, puis se relancer autour d’un programme intelligent.

Face à la CAQ couvrant désormais le créneau nationaliste en région francophone et Québec solidaire occupant les causes sociales du moment en zone urbaine, le PQ devra trouver un espace politique unique afin de justifier sa raison d’être. Malheureusement, à cause du mode de scrutin uninominal à un tour, être simplement différent des autres partis ne sera pas suffisant pour survivre. Subséquemment, le PQ devra se trouver une pertinence et amener de nouveaux éléments au contexte actuel afin de le faire évoluer vers un idéal à proposer aux citoyens. En ce sens, puisque le PQ est condamné « à proposer du changement » face à un gouvernement de centre droite autonomiste, cela implique de s’enligner dans un axe de gauche; disons de centre gauche, afin de se placer entre Québec solidaire et la CAQ voire pour maintenir le pont entre les souverainistes de gauche et de droite.

Exemple d’un déni suicidaire : le Parti québécois qui souhaite dorénavant porter la voix que des seules régions parce qu’il a été évincé des centres urbains aux dernières élections. Après ça, certains ne comprennent pas la nécessité de l’électrochoc porté par Catherine Fournier.

Cependant, la survie n’implique pas juste de s’adapter aux changements environnementaux, mais aussi de savoir résister pour maintenir son identité dans le temps. Or, le PQ doit ainsi s’ancrer dans sa raison d’être initiale, c’est-à-dire l’indépendance du Québec. En effet, c’est évidemment son option nationale qui le démarque fondamentalement des autres partis. Or, tant que le pays reste à faire et qu’il y aura des Québécois pour croire à cette idée, il y a aura une base militante pour la faire vivre et donc un espace politique pour faire valoir cette option… Du moins, théoriquement. Car, encore là, le mode de scrutin uninominal peut très bien faire complètement disparaître un parti détenant moins de 20% des suffrages. De là, donc, le nécessité de faire modifier le mode de scrutin pour un système proportionnel mixte compensatoire… par la CAQ au pouvoir 😉

La CAQ, le PQ, QS et le Parti vert ont conclu un pacte à la dernière élection: s’ils ont suffisamment d’élus aux prochaines élections, ils s’engagent à réformer le mode de scrutin. Or depuis le scrutin, François Legault a dit que le projet de loi serait déposé au plus tard le 1er octobre, mais ce qu’on entend de la part du gouvernement, c’est qu’il voudrait aller plus rapidement pour donner plus de temps au directeur général des élections pour mettre en place le système.

En effet, l’une des promesses électorales de la CAQ est de justement réformer le mode de scrutin et d’y rajouter un élément de proportionnalité. Mais puisque tous les partis précédents s’étant préalablement engagés avec cette promesse ont toujours fini par briser leur parole (PQ, PLQ et PLC au fédéral), nous n’avons aucune garantie que la CAQ procédera dans cette voie d’ici la prochaine élection. Ainsi, puisque le langage universel de la politique c’est le rapport de force, le PQ devrait faire de cet élément une priorité dans le mandat actuel afin de maintenir une pression sur le gouvernement caquiste. Ensuite, cette perspective de réforme démocratique pourrait ainsi devenir la première étape d’un projet de société plus vaste impliquant la population. D’une perspective sociologique d’ailleurs, je rajouterais aussi que nous entrons dans une phase où le flambeau doit être impérativement transmis aux leaders des nouvelles générations. En ce sens, un discours moderne préconisant une réforme des institutions démocratiques du pays pourrait être au cœur de la relance de l’option.

La souveraineté, c’est un peu révolutionnaire. On y associe souvent les mots liberté, renouveau, changement, et je crois que ça peut coller aux moins de 40 ans, qui devront définir leur propre vision. Je refuse que notre projet au Québec soit juste de réparer des nids-de-poule. La souveraineté serait l’occasion de faire un grand ménage dans la structure politique pour avoir une démocratie du XXIe siècle.
– Léo Bureau-Blouin

Afin de réunir un jour les souverainistes de tous les horizons, il m’apparaît donc impératif d’entamer le plus rapidement possible des démarches communes avec l’autre parti de l’opposition officiellement souverainiste (officieusement, la question se pose malheureusement). Évidemment, la récente histoire nous aura enseigné qu’il ne faudra pas se faire trop d’illusions quant à la bonne foi souverainiste de QS à vouloir converger vers le pays. Alors, avant de trouver un plan commun entre le PQ et QS, il faudra comprendre la réelle nature de ce « partenaire souverainiste ».

Ils ne voulaient pas faire la convergence avec Pierre Karl [Péladeau], ils ne voulaient pas faire la convergence avec moi, ils n’auraient pas voulu la faire avec Véronique Hivon. Ce qu’ils veulent, c’est faire accroître le pouvoir de leur parti, point à la ligne. Le rapprochement a été saboté par des solidaires qui ont une stratégie qui ne met pas l’indépendance avant leurs intérêts partisans.  -Jean-François Lisée

Tout comme le PQ essaye de rassembler l’éventail des courants souverainistes en son sein, QS essaye d’en faire autant avec « la gauche » en général. Or, s’il y a indéniablement au Québec une gauche souverainiste tiraillée entre le PQ et QS (dont je fais moi-même partie en tant que social-démocrate), il y a d’autres courants « de gauche » dans ce parti… dont certains sont antagonistes à notre objectif indépendantiste. À cet effet, il s’y retrouve :

  • Des marxistes fondamentalement anti-nationalistes,
  • Des fédéralistes de gauche reliés au NPD qui veulent entraîner QS vers le multiculturalisme canadien,
  • Une nouvelle gauche dite intersectionnelle, qui centre sa vision libérale d’une société atomisée sur le droit individuel (quant à moi, c’est une droite qui s’ignore).
  • Un lobby « antiraciste » qui tente d’associer « la gauche » à la lutte (fédéraliste) contre l’identité québécoise et la laïcité (quant à moi, ce sont ici des mercenaires fédéralistes en mission politique).
  • Des bobos « citoyens du monde » intellectuellement conditionnés par la rectitude politique… et les étiquettes émises par le lobby ci-haut.
  • Puis, aussi souverainistes peuvent-ils être, des partisans intégristes pour qui QS est une identité immuable à protéger des alliances avec les autres partis (se retrouvant dans cette catégorie des anti-péquistes irrationnels qui se définissent binairement en réaction à leur ancien parti voire des carriéristes pour qui l’existence de QS est une finalité en soit).

Bref, vous pouvez oublier la convergence telle que les vrais souverainistes pouvaient la fantasmer; par exemple tel que proposée ici dans mon texte : Une fenêtre historique pour relancer la souveraineté du Québec

Toutefois, à défaut de pouvoir actuellement compter sur QS comme un réel partenaire souverainiste, on pourrait se développer un parcours balisé à la gauche politique… qui devrait donc être naturellement emprunté par les réels éléments progressistes à QS. Évidemment, de notre côté, ce chemin aura été pensé pour nous rapprocher de notre objectif national… de surcroît, en y changeant au passage les règles du jeu démocratique. En ce sens, puisque QS ne pourra vraisemblablement jamais prendre le pouvoir, lui non plus sans une réforme électorale, cette formation devrait devoir nous aider à réclamer des éléments de proportionnalité. Suivant encore la perspective d’une réforme démocratique plus globale, ce rapprochement pourrait se poursuivre à travers une feuille de route conjointe. Parallèlement, le tout serait en correspondance de la démarche solidaire avec sa fameuse assemblée constituante et son concept flou de souveraineté populaire.

Un projet de réforme démocratique au cœur du dessein indépendantiste

L’idée ici est donc de relancer le mouvement souverainiste en ramenant l’intérêt du peuple à la politique québécoise en plaçant la responsabilité démocratique du citoyen de toutes origines au centre du futur État. Or, plutôt que de faire essentiellement la promotion de l’indépendance dans la perspective nationaliste d’un Québec libre, l’idée est d’inverser l’axe de communication avec l’électorat en y présentant concrètement un nouveau modèle démocratique de nature républicaine; un projet de société qui ne pourrait ainsi se concrétiser que dans l’entérinement d’une constitution nous amenant au fondement d’un nouvel État. Afin de maintenir le cap et de ne pas perdre le momentum politique vers l’objectif, la feuille de route jusqu’au pays serait clairement définie. Ainsi, cette réforme démocratique, nécessairement à terme constitutionnelle, serait ainsi graduée en plusieurs points avançant dans un projet de société républicain jusqu’à la rupture avec le Canada… et donc la mise au monde de la République du Québec.

Étymologie de République : du latin res publica, chose publique. La république est un système politique dans lequel la souveraineté appartient au peuple qui exerce le pouvoir politique directement ou par l’intermédiaire de représentants élus. Ceux-ci reçoivent des mandats pour une période déterminée et sont responsables devant la nation. Par ses représentants, le peuple est la source de la loi. L’autorité de l’État, qui doit servir le « bien commun », s’exerce par la loi sur des individus libres et égaux.

Considérant que dans leur sens originel, les termes république et démocratie sont assez près l’un de l’autre, l’approche républicaine, mise de l’avant par un nouveau Parti Québécois, se baserait donc sur une vaste réforme démocratique pour le Québec, réforme divisée en 14 points que voici :

  • Consacrer les élections à date fixe (réalisé par le PQ en 2012)
  • Abolir le serment des députés à la reine d’Angleterre (dépôt du projet de loi, PL-192, déposé par le député Sol Zanetti de QS en février 2019); QS+PQ
  • Proposer le remplacement du cours ECR par deux nouveaux cours « Citoyenneté et civisme » et/ou « Histoire des religions ». (Le PQ est pour l’instant le seul parti pour l’abolition du cours d’ECR);
  • Terminer le projet de laïcité; CAQ+PQ+QS
  • Réformer le mode de scrutin pour intégrer une dynamique proportionnelle (le point le plus important à court et moyen terme); PQ+QS+CAQ
  • Permettre officiellement l’existence des gouvernements de coalition;
  • Interdire la publication des sondages par les médias officiels durant les campagnes;
  • Développer une carte de citoyenneté québécoise pour valider l’identité des électeurs durant les élections;
  • Prise en compte du vote blanc durant les élections avec un seuil pouvant annuler une l’élection;
  • Permettre le processus de référendum révocatoire comme dans certains États aux USA;
  • Permettre des référendums d’initiatives populaires sur diverses questions durant les scrutins;
  • Consacrer deux tours durant les élections et permettre des fusions de listes;
  • Limiter les mandats de suite, c’est-à-dire proposer un chiffre maximal par politicien;
  • Élection d’un président élu au suffrage universel;

Évidemment, cette liste n’est pas exhaustive et l’ordre de priorisations des points n’est que des suggestions. Pour l’instant, mon objectif n’est que d’esquisser un plan de match global autour d’un squelette. D’ailleurs, histoire d’y rajouter de la chair, je compte bientôt consacrer un nouveau texte uniquement dédié au développement en profondeur des points de cette liste. Or, si l’un de ces points vous suscite spécifiquement votre intérêt, je vous invite à me contacter pour m’aider à sa rédaction.

Une démarche républicaine en concordance avec Québec solidaire

Or, si le PQ partage avec la CAQ l’intérêt de la nation québécoise et la volonté de protéger son identité dans le temps, le nationalisme civique issu du républicanisme me semble toutefois un trait d’union possible avec Québec solidaire. En développant ainsi un nationalisme qui s’inscrit dans l’appartenance à un futur État moderne (plutôt que dans la nostalgie conservatrice d’une époque révolue), nous nous donnons la possibilité d’ouvrir démographiquement l’identité québécoise aux citoyens de toutes les origines ethniques.

Depuis le rapport Durham, le pouvoir canadien-anglais mise sur l’immigration pour conquérir et assimiler le peuple québécois. Or, dans l’optique d’un éventuel 3e référendum sur la souveraineté du Québec, il faut réaliser que la démographie a bien évolué depuis 1995. Pour preuve, l’anglicisation fulgurante de Laval… parallèlement transmuté en bastion libéral et fédéraliste. Bref, s’il n’est pas déjà trop tard pour devenir indépendant via un référendum, le temps est plus que compté pour relancer le mouvement indépendantiste.

En considérant que le terme république permet aussi de faire la distinction avec les régimes monarchiques, la proposition d’un modèle républicain pour le Québec nous donnerait la potentialité de passer à l’offensive et viser la monarchie canadienne (rappelons que certains stratèges sportifs disent qu’il n’y a pas meilleure défense que l’attaque). En effet, l’une des difficultés historiques des indépendantistes québécois, c’est qu’ils ont le fardeau de la preuve politique et que le système en place peut ainsi plaider la sécurité du statu quo par rapport à la peur du changement. Toutefois, si on martèle le message que la monarchie constitutionnelle du Canada est archaïque et sclérose nos capacités démocratiques face aux défis de l’avenir, on pourrait inscrire notre projet républicain dans un mouvement démocratique de modernité (au point même que les progressistes dans le Canada anglais pourraient être tenté de suivre la démarche de leur propre côté).

À l’aube du prochain décès de la reine d’Angleterre Elisabeth II, c’est-à-dire actuellement la cheffe de notre État selon la Constitution du Canada (imposée de force au Québec et jamais signée par celui-ci), il faut saisir l’opportunité politique que 83% des Québécois sont déjà en faveur de l’abolition de la monarchie canadienne pour proposer un modèle alternatif de nature républicaine.

À ce point tournant, on pourrait revenir à l’esprit qui animait l’ancien Parti de Jean-Martin Aussant… et justement se coordonner un plan mutuel de promotion indépendantiste via l’intermédiaire des anciens membres d’Option nationale (devenue, depuis, un collectif dans QS). Pour sortir du statisme, il faut redevenir proactif et faire la pédagogie de notre projet national avec enthousiasme. D’ailleurs, si le projet souverainiste veut perdurer à l’Assemblée nationale, il aura besoin de leaders qui croient que l’option est rentable électoralement plutôt qu’un boulet.

En guise d’exemple le député, Sol Zaneneti de Québec solidaire, a poursuivi sa démarche républicaine issue d’Option nationale en déposant le projet de loi 192 pour abolir le serment des députés à la reine.

Actuellement, la propagande fédéraliste a décrété que l’idée d’indépendance des nations était poussiéreuse et appartenait à un autre siècle. Puis, que pour être ouvert au monde, il faudrait célébrer la diversité des individus (voire des religions !?!) tout en réprimant celle des nations. Pourtant, il n’y a rien de plus poussiéreux qu’un système monarchique, à commencer par celui de la Confédération canadienne n’ayant pas évolué depuis sa création en 1867.

La souveraineté au Québec est une question qui semble de plus en plus noyée dans le passé. Pourtant, son fondement reste d’actualité, comme une valeur qui transcende les époques et les cultures. – Saoud Maherzi

En résistance au contexte de globalisation néolibérale, les États nationaux ne sont plus juste les gardiens de la diversité culturelle au niveau mondial, mais bien aussi celui de l’autodétermination démocratique des peuples. Or, justement, dans une logique d’ouverture au monde, quoi de mieux que d’amener un nouveau pays francophone à la table des Nations unies; puis tant qu’à évoluer internationalement, pourquoi pas initier un nouveau modèle de République verte adaptée à la lutte aux réchauffements climatique ?

Nous sommes pris dans un pays appuyant son développement énergétique sur l’une des industries parmi les plus polluantes au monde… alors que le Québec à déjà toutes les ressources nécessaire  pour devenir un exemple mondial en terme de producteur d’énergies vertes.

Alors, réalignons le nationalisme dans une dynamique positive d’ouverture. D’ailleurs, s’il est civique, social-démocrate et écologique, le nationalisme républicain peut très bien s’exprimer à gauche. Prenons en exemple les nations scandinaves, des pays indépendants parmi les plus avancés socialement au monde qui sont de taille similaire au Québec. Dans un même ordre d’idée nationaliste afin de faire rêver la jeunesse, pourquoi ne pas proposer la nationalisation de l’accès (gratuit) à Internet en guise de correspondance avec ce qui a été la nationalisation de l’électricité pour démarrer la Révolution tranquille.

Parler d’énergie pour démarrer une deuxième Révolution tranquille

Dans mon article « Parler d’énergie pour démarrer une deuxième Révolution tranquille », je plaide de revenir à la nationalisation de certaines ressources afin de relancer un projet de société pour le Québec.

L’actuel champ de bataille de la laïcité

Pendant que le PQ barbote dans sa « crise de refondation », le gouvernement caquiste de François Legault conduit le Québec à travers l’aventure autonomisme… et fonce logiquement dans le mur juridique de la constitution fédérale (jamais signée par le Québec). Que ce soit pour réduire le nombre d’immigrants au Québec ou imposer quelques mesures laïques à nos institutions, la CAQ et ses partisans devront bientôt choisir entre l’impuissance fantoche dans un fédéralisme irréformable… ou devenir des acteurs dans le mouvement souverainiste.

Le 12 juin 1995, dans un cadre digne d’un grand traité international, les trois chefs célèbrent la naissance de la coalition souverainiste. Cette coalition tiendra jusqu’au soir du référendum.

D’ailleurs, une preuve que les astres peuvent encore s’aligner quant au retour des autonomistes dans la coalition souverainiste, le cofondateur de l’ADQ, Mario Dumont, a dernièrement déclaré être toujours souverainiste, affirmant ainsi la pertinence de l’indépendance dans le champ droit.

Parallèlement à la démarche caquiste, le Bloc québécois est en pleine campagne électorale et semble ressusciter dans les sondages. En revenant à une formule priorisant la défense du Québec, le Bloc s’est considérablement rapproché du gouvernement caquiste afin d’accompagner ses revendications à Ottawa. Ici, il est même envisageable que le Bloc redevienne la première formation fédérale au Québec… de quoi favoriser le retour d’une coalition nationaliste au Québec. Malheureusement, du côté de QS, plutôt que de prendre sa place dans le Bloc québécois et avancer vers la souveraineté, il semble plus enclin à suivre ses alliés fédéralistes du NPD… vers la défaite électorale. Il va sans dire ici que je vois d’un bon œil la disparition prochaine de la fédéraliste influence du NPD sur la gauche au Québec afin d’en finir avec la division des souverainistes dans l’arène fédérale. En tout cas, je profiterais ici de l’occasion pour inviter l’ensemble des souverainistes à militer en ce sens.

Outre la malheureuse division des souverainistes sur la scène fédérale, il y a aussi celle quant à la question de la laïcité. Paradoxalement ici, bien que la gauche partisane s’exclame vouloir politiquement parler «de tout ce qui est plus pertinent», cette formation semble toutefois obsédée par les questions identitaires tellement elle tient à représenter l’ensemble des minorités. D’ailleurs, si on veut vraiment passer à d’autre débat de société, il faudra bien finir par s’entendre sur une formule, car la laïcité au Québec ressemble de plus en plus au mythe de Sisyphe (peu importe nos efforts pour le repousser, il revient toujours à l’avant-scène médiatique nous hante). On pourrait penser que le projet de loi caquiste sur la laïcité (afin d’interdire les symboles religieux sur les agents de l’État en position d’autorité) permettrait de passer à d’autre chose, mais des forces à QS tiennent à faire de cette formation le nouveau fer de lance du multiculturalisme canadien. De la sorte, il faudra appréhender le prochain Conseil national de QS comme une étape déterminante quant à l’union possible des souverainistes. À savoir, à propos du choix que cette formation prendra sur la question de la laïcité. En effet :

  • Soit QS maintient le statu quo quant à sa position historique se basant sur celle du rapport Bouchard-Taylor.
  • Soit elle calquera la position du PLQ quant à l’accès de tous les symboles religieux dans les postes de l’État.

Or, si QS en arrivait à se laisser entraîner dans l’agenda fédéraliste de l’option B, nous aurions alors une confrontation directe entre l’alliance du PLQ/QS contre le gouvernement de la CAQ et de son allié péquiste sur cette question. Puis, à moins que Québec solidaire projette de croître vers l’électorat libéral, de s’aliéner ainsi la majorité de l’électorat francophone m’apparaît comme un suicide quant à la gouvernance possible du Québec. Pire encore, QS pourrait en arriver à supplanter médiatiquement le PLQ quant à cette bataille contre le gouvernement québécois, au point même d’interpeller le pouvoir  politique du gouvernement fédéral à la rescousse. On serait alors pris dans une confondante guerre de tranchées dans les médias sociaux ou tout ce qui serait moindrement d’allégeance républicaine et/ou nationaliste serait dépeint en raciste d’extrême droite. Mais ne soyons pas dupes, du point de vue de l’intérêt fédéraliste toutefois, le rôle de QS n’est pas de diriger un jour le Québec, mais plutôt de maintenir les souverainistes électoralement divisés tout en servant de caution morale à l’avancée colonisatrice du multiculturalisme canadien.

QS et la laïcité : Dis-moi qui tu invites, je te dirai où tu crèches

Pourtant, comme l’expliquait Pierre Dubuc dans son journal de gauche, les multiculturalistes renoncent à l’idéal républicain pour retourner au communautarisme, à la tradition et à la croyance. Ainsi, contrairement aux préjugés qui circulent à son sujet, le multiculturalisme ne constitue pas un projet progressiste de rassemblement. Tout au contraire, il est essentiellement régressif, car il veut obliger l’Occident à fractionner la société en une multitude de clans emmurés dans le passé et en compétition les uns contre les autres. Je rajouterais aussi que le multiculturalisme s’inscrit mondialement dans l’agenda de la droite économique afin de diviser les capacités démocratiques du peuple à s’autodéterminer. Or, de définir un modèle québécois de laïcité diffèrent de celui anglo-saxon qui nous a été imposé (qui d’ailleurs ne protège guère contre les discriminations et le racisme) nous amène justement à repenser le vivre ensemble en fonction des défis démographiques du futur… et ainsi nous projeter comme une société indépendante du Canada dans un nouveau projet de pays mieux adapté à ce que nous sommes et voulons devenir.

Malheureusement, comme écrivait dernièrement l’ancien ministre péquiste Joseph Facal, « Les jeunes se croient politiquement libres et pensent qu’affirmer une identité religieuse, c’est bien, mais affirmer une identité nationale, c’est mal. Ils ont été superbement bien endoctrinés par le cours d’Éthique et de Culture Religieuse (ECR) qui s’avère un outil de propagande pour le modèle de gestion multiculturaliste. Après avoir suivi ce cours, l’élève sera dans l’impression qu’aucune demande d’accommodement religieux n’est déraisonnable. Bref, il faudra beaucoup de pédagogie pour faire comprendre aux nouvelles générations que la religion est reliée aux valeurs conservatrices de la société tandis que la laïcité est fondamentalement un concept démocratiquement progressiste en séparant la religion de la politique tout en se basant sur l’égalité des citoyens.


Bref, entre la nouvelle gauche régressive quant à sa valorisation des diverses religions dans la société et les «catho-laïcs» voulant défendre les valeurs conservatrices du passé canadien-français, il y un espace politique pour le juste milieu de l’évolution. En ce sens, pendant que la CAQ est «au bâton» face aux médias fédéralistes avec son projet de loi sur la laïcité, le PQ aurait avantage à recentrer le débat sur la laïcité en proposant une alliance avec les vrais laïcs de QS. Car, si l’on veut vraiment séparer la politique des religions, il faudrait aussi retirer le crucifix du Salon bleu et mettre fin au financement public des écoles privées confessionnelles et aux avantages fiscaux accordés aux organisations religieuses.

Afin de se rapprocher des vrais laïcs de QS, et surtout,  de pouvoir donner la réplique aux agents du multiculturalisme canadien et à la gauche intersectionnelle, je vois ici la mise en place d’un club politique multiethnique pour la laïcité et l’indépendance

La relation du PQ avec les autres partis

À la lecture de ce texte, vous constaterez que j’accorde beaucoup d’importance au positionnement du PQ en fonction de ceux de QS et de la CAQ. Car, afin de bien naviguer à travers les eaux politiques de l’Assemblée nationale, voire les maelstroms partisans, il m’apparaît important de considérer les forces en présence pour arriver à bon port. Ainsi, depuis la dernière élection, on peut sommairement affirmer que le PQ a perdu son aile gauche au profit de QS et son aile droite au profit de la CAQ. Or, si cet écartèlement actuel du PQ peut équivaloir à sa disparition dans le contexte d’un mode uninominal à un tour, ce positionnement au centre de ces deux partis antagonistes pourrait toutefois devenir un atout. Subséquemment, à défaut d’avoir le pouvoir de changer les règles du jeu démocratiques à court terme, le PQ se doit de transmuter cette faiblesse en opportunité en y développant des liaisons spécifiques avec QS et la CAQ. Pour ce faire, je préconise deux axes distincts. Le premier consiste à choisir l’un des deux partenaires pour travailler chaque point de la feuille de route ci-haut (essentiellement QS pour tout ce qui a rapport avec la sociale-démocratie et la CAQ pour ce qui est plutôt à connotation identitaire). Mais dans un deuxième temps, surtout, je préconise le retour de mon fameux plan de 2005 issu sur le développement de clubs politiques faits sur mesure.

Affirmatif : Je ressors ici des boules à mites mon idée de 2005 des clubs politiques à l’intérieur du PQ

Dans une démocratie indépendante, il se retrouve naturellement un axe de vitesse par rapport au changement à développer collectivement. Les pôles sur cet axe sont sommairement dénommés gauche (pour les forces progressistes) et droite (pour les forces conservatrices). Dans le cas du Québec, cependant, se rajoute en filigrane un autre axe plus important, soit celui de l’appartenance nationale. Car, non seulement l’assujettissement du peuple québécois au pouvoir canadien fait en sorte qu’il n’est pas réellement libre de s’autodéterminer dans l’axe gauche/droite, mais à travers cette guerre démocratique prenant sa source depuis la colonisation britannique, il se joue aussi du destin de la nation québécoise. Toutefois, encore faut-il avoir développé une conscience nationale pour être en mesure de réaliser cette dimension.

Avant d’élaborer des stratégies, prenons quelques instants pour visualiser notre champ de bataille politique.

Face aux souverainistes québécois, il se trouve ainsi les forces fédéralistes et leur succursale politique du PLQ; c’est-à-dire nos adversaires fondamentaux. Quant aux deux autres partis issus de la séparation naturelle entre l’axe gauche et droit dans une société démocratique (QS et la CAQ), on peut postuler qu’ils se retrouvent chacun à l’intérieur séparé en trois charges « identitaires » distinctes sur l’axe national. Grosso modo, je théorise ici que dans ces deux partis il se retrouve un tiers de souverainistes, un tiers de fédéralistes… et un dernier tiers que je qualifierais de neutre sur la question nationale. Si le PQ peut ainsi considérer les souverainistes de QS et de la CAQ comme des vases communicants et compter sur eux comme des alliés potentiels, il faut réaliser que les fédéralistes de ces partis sont hostiles à toute convergence des souverainistes à l’extérieur des divisions partisanes. (D’ailleurs, puisque l’une des plus grandes menaces démocratiques pour les fédéralistes est la prise du pouvoir par une coalition souverainiste, soyez assuré qu’ils ont logiquement placé des agents dans tous les Partis afin d’éviter ce scénario). Quant au dernier tiers que je qualifie de neutre dans QS et la CAQ, ils sont problématiques dans l’optique qu’ils sont avant tout des partisans s’identifiant principalement à l’identité de leur propre partir respectif. Bref, les « nationalement neutres » ne se rallieront à l’une des deux options constitutionnelles que lorsqu’ils seront acculés vers un isoloir pour voter.

Parlant d’agents fédéralistes, il faut conceptualiser l’effet fédéralisant (les flèches rouges dans mon diagramme) du chef Alex Tyrell sur son Parti vert (qui devrait normalement être neutre sur la question constitutionnelle). Parallèlement, l’arrivée du NPD Québec et les comités anti-laïcité à l’intérieur de QS attirent par concurrence électorale ce parti vers le fédéralisme canadien.

Les avantages de créer des clubs politiques dans un nouveau Parti Québécois

Inspiré des différents courants dans le Parti socialiste en France, un club politique s’avère une association semi-indépendante de citoyens réunis autour d’une certaine sensibilité politique, mais œuvrant dans un Parti défini. Ainsi, un citoyen peut être membre d’un club politique sans pour autant être membre du Parti auquel est associé ledit club. Parallèlement, un citoyen peut même être membre d’un club politique… et d’un autre Parti politique (par exemple, à la fois membre du club écologique dans le NPQ et du Parti vert).

Tant qu’à vous illustrer cette idée, je me permettrai ici de « spinner » quelques noms. Ainsi, je vois le retour de Catherine Fournier, Léo Bureau-Blouin, Paul St-Pierre Plamondon, Alexandre Cloutier et Jean-Martin Aussant pour le club progressiste. Karel Mayrand et Laure Waridel pour le club écologique. Martine Ouellet, Nic Payne, Patrick Bourgeois, Jérémie Lepage, Léolane Kemner pour le club « des purs et durs » indépendantiste (les gardiens du temple). Mario Dumont, Joseph Facal, Mathieu Bock-Côté, Jean-Claude Pomerleau et Simon-Pierre Savard Tremblay pour le club conservateur de droite. Djemila Benhabib, Nadia El-Mabrouk, Annie-Ève Collin et Boucar Diouf pour le club humaniste, féministe et multiethnique.

Considérant que le rassemblement des indépendantistes québécois est une condition préalable afin de remettre en marche le mouvement, il m’apparaît ainsi nécessaire de reformer les structures du PQ en y reconnaissant l’existence des clubs politiques. Dans un premier temps, pour y accueillir le plus de tendances politiques souhaitées. Puis, pour y réseauter les différents souverainistes vers l’objectif commun. Or, si l’origine des clubs politiques prennent racine à l’intérieur d’un Parti québécois reformé, chacun se dilatera à l’extérieur du Parti vers des milieux spécifiques à chaque tendance… jusqu’à la liaison probable avec des membres souverainistes des autres partis. En ce sens, cette formule pourrait ainsi nous permettre de nous connecter aux autres partis et d’orchestrer une convergence… pour finalement créer un gouvernement de coalition le temps de déclarer notre indépendance à l’Assemblée nationale.

Un vote pour l’un des partis membres de la coalition souverainiste pourrait signifier un appui direct à la réalisation de l’indépendance du Québec. Si les votes cumulés aux partis de la coalition obtiennent 50% du vote populaire à une élection générale, le gouvernement alors élu obtient un mandat clair de réaliser l’indépendance sans référendum.

L’autre avantage de la création de plusieurs clubs distincts est d’ordre médiatique. En effet, les échanges de vision entre les divers clubs (les clubs étant littéralement les embryons des futurs partis dans le Québec indépendant), stimuleront nécessairement les Québécois à imaginer leur avenir collectif (l’état d’esprit fondamental des souverainistes). De la sorte, en installant progressivement le climat politique du futur Québec indépendant (dans l’axe pôle gauche –vs- pôle droit), nous contribuerons à présenter l‘étendue des possibilités qu’offrira un pays indépendant (ici, c’est comme si quelques années avant la libération, nous demandions à un détenu d’imaginer et de choisir sa vie à l’extérieur de la prison). Puis, forts de leurs échanges et « chicanes contrôlées », les chefs de clubs alimenteront finalement la machine médiatique. Face à l’absence d’idées des politiciens fédéralistes, tombants dans le piège de vouloir exposer nos « divisions », même la presse fédéraliste ne pourra s’empêcher de commenter nos idées. Nos chefs de clubs prendront alors un peu partout la parole pour jouer un grand jeu: la gauche pour critiquer la droite, la droite pour débattre avec la gauche, les verts pour sensibiliser les précédents… et ainsi de suite. Globalement, nous pourrons couvrir l’espace médiatique québécois, sous-entendant dans l’imaginaire que la souveraineté est une évidence dans l’ordre des choses. Ce sera alors une période de grand bouillonnement politique. Face à ce choix inévitable, chaque Québécois prendra finalement position : les uns préféreront les sociaux-démocrates, les autres les nationalistes conservateurs, certains les écologistes. Puis, le chef du NPQ (entre-temps épargné de toute critique), en tant que leader principal au centre du Québec mettra fin à la période de récréation. Au moment où celui-ci ralliera l’ensemble des chefs de clubs derrière lui… le Québec se sentira prêt à faire le saut vers la réelle autonomie.

les sympathisants du PQ doivent se sortir du culte du chef en attendant passivement la venue d’un sauveur, et plutôt se resolidariser autour d’un programme commun à proposer aux Québécois. Cependant, je pense que le parcours de Véronique Hivon l’amène naturellement à diriger la prochaine coalition souverainiste.

En définitive, plus nous exposerons les chefs de clubs à la population avec leur vision propre, plus dans le lot, celle-ci trouvera un chef auquel s’identifier par rapport aux autres. Subséquemment, lorsque tous les chefs de club au PQ se donneront la main, quand la gauche et la droite s’allieront au grand rassembleur au centre… les Québécois trouveront la confiance, et saisiront alors que le moment est arrivé de traverser, ensemble, le fleuve menant à la terre promise. En définitive, les ponts se construisant des deux côtés d’une rive en même temps, le Parti québécois doit comprendre sa propre responsabilité d’aménager les structures nécessaires au développement des clubs politiques.

Bien sûr, au début de ce texte, j’ai proposé au PQ d’entamer un parcours s’orientant à gauche. Mais au final, mon idée au NPQ n’est pas de choisir ENTRE la gauche et la droite… mais de choisir la gauche ET la droite. Voyez-vous, les clubs politiques nous offrent une formule souple pour coaliser (temporairement) l’ensemble des forces souverainistes, de gauche à droite. L’importance au PQ n’est donc pas de (se) diviser, mais bien, de cumuler l’ensemble des tendances pour le OUI.

Certains ici appréhenderons la mise en place des clubs politiques comme étant difficile à gérer au niveau du parti. Parallèlement, des adversaires dénonceront certainement le noyautage de leur parti par les souverainistes issus des clubs attaché au NPQ. Mais face à l’échec à coaliser les souverainistes et les mobiliser, il faut réfléchir « out of the box » et tenter de nouvelles formules.

En conclusion : Pour l’émergence d’un Parti Québécois refondé

Suivant ma perspective, vous aurez compris que le PQ n’a plus rien à perdre. Concrètement, ce parti à moins de 1000 jours devant lui pour se réformer adéquatement afin de concevoir une formule gagnante et retrouver sa pertinence indépendantiste. Or, considérant que le simple nom du PQ est dorénavant radioactif dans la conscience collective en évoquant de surcroît l’échec d’une génération, puisque cet aspect handicape la communication des idées émises par le PQ (particulièrement auprès des nouvelles générations), il est temps de remiser le vieux navire souverainiste et de repartir dans les flots de l’action à bord d’une nouvelle embarcation mieux adaptée au contexte actuel.

Bien sûr, plusieurs baby-boomers nostalgiques, tels que des angrys péquistes bornés dans l’amertume, s’opposeront à la refondation de l’institution politique qui aura porté la Révolution tranquille jusqu’aux portes du pays en 1995. Mais voilà, nous ne pouvons nous permettre d’avancer aveuglément dans le déni vers le précipice électoral.

Pendant que la CAQ fait la bataille sur la laïcité et monopolise l’attention des forces anti-québécoises, le PQ peut justement se servir de cette accalmie pour repenser sa mouture organisationnelle et revenir à l‘avant-scène politique complètement revampée. Or, non seulement le développement des clubs politiques pourrait élargir l’appui à notre option en instiguant une coalition, en s’axant dans une réforme démocratique l’émergence d’un «NPQ» pourrait aussi relancer le mouvement souverainiste. En ce sens, le choix d’un nouveau nom de parti jumelé à l’élection d’un nouveau chef pourrait justement annoncer la modernisation tant nécessaire au Parti québécois. Cette «occasion» critique d’un Parti québécois à devoir refonder est probablement notre ultime opportunité d’accéder un jour à l’indépendance. Aurons-nous l’intelligence de saisir la balle au bond et finalement trouver le courage d’assumer notre option nationale ?

Il faut que tous ensemble on redonne l’image, comme dit en anglais, de winners. À l’heure actuelle nous sommes [les indépendantistes], des losers dans l’esprit de bien des gens. Il faut retrouver le goût des victoires. – Jacques Parizeau

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2 Commentaires

  1. Bravo Carl pour ton analyse très riche.
    Au plaisir de te revoir.
    ATTENTION : Courriel – au lieu de «e-mail».
    Louis

  2. Salut Carl,

    Je suis d’accord avec le gros de ton texte.

    Cependant, je vois difficilement comment cela peut se faire dans le contexte actuel. Les années soixante et soixante-dix ont profité aux peuples numériquement moins nombreux, qui ont pu profiter de la guerre froide et de la désintégration de l’empire britannique post-seconde guerre mondiale pour affirmer leur indépendance.

    Maintenant, par contre, nous semblons être dans une ère de consolidation, après celle de fragmentation. On a vu ce qui s’est passé en Catalogne ; plus personne ne s’inquiète des petits peuples. Ce sont les ensembles qui comptent, la guerre de religions, la guerre des empires, les nouvelles alliances.

    Au Québec, le PQ s’était enfermé dans une logique creuse « indépendance ou rien du tout », oubliant que l’indépendance était le résultat de ceux qui cherchent à occuper un maximum d’espace et qui se cognent aux murs lorsqu’on les en empêche. La CAQ, en espérant reprendre l’espace qui est le nôtre à l’intérieur du statu quo actuel, contribue à reformer cette idée indépendantiste, un peu comme Duplessis l’avait fait avec l’Union nationale.

    Le PQ a beaucoup de pain sur la planche, mais je ne vois pas comment il va se sortir de cette situation. Le parti est vraiment coincé entre QS et la CAQ, et même si je suis d’accord que la solution est celle d’aller vers l’indépendance, je vois mal comment cela va se faire en ce moment.

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