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Ces arbres qui tombent sur nos têtes

par Carole le Hirez
dans Le Plateau
le 13 juin 2008 à 10:43

Lundi matin, Carl Boileau a eu la peur de sa vie. Alors qu’il circulait en patins sur la rue de Brébeuf, entre Laurier et Saint-Joseph, une énorme branche est venue s’écraser à quelques centimètres de lui. Faut-il craindre que le ciel nous tombe sur la tête ?

«J’ai entendu un bruit. Je pensais que c’était l’orage. J’ai juste eu le temps de me tasser sur le côté. Quand je me suis retourné, j’ai vu cette énorme branche sur deux autos écrabouillées. Je suis resté regarder l’endroit où je me trouvais 10 secondes avant l’impact. Si j’avais eu un baladeur sur les oreilles, il est fort probable que je me serais retrouvé dessous.»

Carl Boileau a bien cru sa dernière arrivée. Encore sous le coup de l’émotion, il a téléphoné au journal Le Plateau. Il a également témoigné de son expérience sur son blog, radicarl.net. Il se demande combien d’arbres tombent ainsi et si le citoyen peut encore se promener en toute sécurité sans risquer que le ciel lui tombe sur la tête

La chute d’un arbre n’est pas un événement très fréquent. Au cours des dernières semaines, l’arrondissement Plateau-Mont-Royal a enregistré trois incidents de ce type, dont celui de la rue de Brébeuf. Les deux autres arbres victimes, l’un dans une ruelle à proximité, l’autre sur la rue Garnier, avaient été accrochés par un véhicule.

Dans le cas de la rue Brébeuf, le service des parcs a constaté que l’arbre, un érable à giguère, était pourri de l’intérieur, rongé par un champignon de carie, un parasite répandu dans les feuillus nordiques.

Plusieurs facteurs peuvent causer la chute d’un arbre: la maladie, la vieillesse, les intempéries. De fortes bourrasques de vents peuvent suffire à faire tomber des arbres déjà fragilisés.

Ainsi, à la suite du violent orage de mardi dernier, l’arrondissement du Plateau a reçu une vingtaine d’appels de citoyens pour signaler des problèmes reliés à des arbres. «Dans la plupart des cas, il s’agissait de branches tombées ou suspendues. On n’a eu à déplorer aucun dommage important», signale Michel Tanguay, chargé de communication à l’arrondissement. Deux arbres sont tombés, un au coin de Milton et Aylmer, l’autre dans le carré Saint-Louis.

Une bonne partie des incidents survient sur des arbres relevant du domaine privé, comme celui qui a failli écraser M. Boileau « Il incombe au citoyen de s’assurer que l’arbre qui pousse sur sa propriété est sain», indique M. Tanguay.

L’arrondissement gère pour sa part les quelque 15 000 arbres situés sur le domaine public (parcs, rues, etc.). Ceux-ci sont référencés un par un dans un répertoire et repérés sur une carte. Quelque 688 arbres ont été coupés sur le territoire du Plateau-Mont-Royal entre 2003 et 2007. En contrepartie, on en a planté 1015. Ce sont donc 526 arbres qui ont été ajoutés dans le paysage au cours de ces quatre années.

«On fait un suivi des maladies éventuelles. Quand on a à couper des arbres, c’est dans une approche préventive. On évalue si la sécurité du public est menacée», indique M. Tanguay.

Les citoyens qui possèdent un arbre dont le tronc fait plus de 10 cm de diamètre sur leur terrain ne peuvent le couper sans demander un permis à l’arrondissement. Ils doivent faire la preuve que l’arbre est atteint d’une maladie ou qu’il constitue une nuisance. De même, on ne peut rehausser la terre de plus de 20 cm autour d’un arbre, ce qui risquerait de nuire à son développement.


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