Pierre-Karl Péladeau

La petite histoire de Quebecor

Quebecor est un fleuron de réussite entrepreneuriale au Québec. Fondé par Pierre Péladeau, un homme d’affaires nationaliste, il profitera en 1964. d’un conflit de travail à La Presse (principal quotidien de Montréal à ce moment-là), pour lancer un nouveau journal de format tabloïd. Se taillant une réputation de journal de sports et de faits divers, Le Journal de Montréal s’approprie ainsi une part de plus en plus importante du marché jusqu’au point où Quebecor devient un chef de file incontesté dans le domaine de l’impression commerciale.

Suite au décès de Pierre Péladeau en 1997, son fils, Pierre Karl Péladeau, prend les rênes de l’entreprise. Sous sa gouverne, Quebecor diversifie ses activités dans les médias, l’édition, le commerce de détail et les télécommunications. En rachetant l’entreprise de télécommunications Vidéotron en août 2000, Quebecor devient aussi active dans les domaines de la câblodistribution, de l’accès Internet, puis de la téléphonie par câble. L’ensemble des activités du conglomérat se retrouve ainsi dans sa filiale Quebecor Media, constituée d’un ensemble d’entreprises qui offre des services touchant le domaine des communications de masse : journaux, livres, magazines, télévision par câble, télévision, radio, Internet, etc.

Au début des années 2000, la place accordée aux faits divers dans le Journal de Montréal diminue et des pages d’opinion font leur apparition. Le 24 janvier 2009, un lock-out des 253 employés fut décrété par le propriétaire du journal Quebecor Média. Au cœur du litige, on retrouve la convergence entre les médias du groupe, les suppressions de postes aux annonces classées et à la comptabilité et l’allongement de la semaine de travail. Trois jours après le début du conflit, un mandat de grève fut voté par les employés touchés. Les salariés en lock-out ont mis sur pied un média électronique nommé ruefrontenac.com. À ce jour, la situation n’a pas changé.

Maintenant, pour bien comprendre la nature du changement en cours à Quebecor (et réaliser vraisemblablement que les journalistes du JDM mis en lockout ne retrouveront jamais leur poste), je vous invite à lire cet article sur ruefrontenac.com: un point de vue intérieur fondamental à votre compréhension. Manipuler le bon peuple de Valérie Dufour.

D’ailleurs, en voici un extrait:
Mais quelque part entre 2003 et 2009, la porte de la bergerie s’est ouverte et la direction a laissé entrer un loup. On a d’abord introduit des pages d’opinion dans Le Journal de Montréal, une première pour ce tabloïd qui s’était toujours consacré à la nouvelle brute. On a ensuite recruté des chroniqueurs venant de l’extérieur qui n’étaient pas des journalistes et qui, souvent, avaient encore les deux mains en politique ou était liés à des think tanks.

Mais le Journal a fait plus qu’embaucher des politiciens sur la voie de garage. Il a donné de l’espace à d’autres types de personnages pour qui le journalisme n’est pas le gagne-pain principal et qui servent donc d’autres intérêts que celui du public. Donner un espace à Nathalie Elgrably? C’est une économiste qui travaille pour l’Institut économique de Montréal, un organisme de droite qui prône la privatisation des services publics tous azimuts. La même logique s’applique pour Daniel Audet, le premier vice-président du Conseil du patronat du Québec et membre du conseil d’administration de l’IEM et à qui on a confié une chronique.

Le lien dans tout cela? Le virage à droite entreprit par la direction du quotidien de la rue Frontenac qui choisit dorénavant des têtes d’affiche qui vont mousser ses idées conservatrices sur le plan économique, mais aussi moral. Ceci expliquant cela, les pages du Journal font de plus en plus de place à certains types de reportages. Les dépenses publiques sont ainsi passées au peigne fin à l’aide de nombreuses demandes d’accès à l’information.

Quebecor se lance en politique…et s’allie aux conservateurs

Ainsi, l’intrusion d’une ligne éditoriale de droite sous le couvert de chroniqueurs-scabs dans le Journal de Montréal n’était que l’avant-garde de la transfiguration politique de Quebecor. En effet, par l’entremise de son grand patron en personne, Quebecor a dernièrement dévoilé son projet de chaîne anglophone d’information continue, SUN TV News. Déjà surnommée «Fox News North» en raison des liens étroits entre ses dirigeants et la droite politique canadienne, cette relation s’incarne particulièrement en la personne de Kory Teneycke, le principal dirigeant de SUN TV News et vice-président du développement de Quebecor Media. En effet, ce dernier a été directeur des communications du premier ministre conservateur Stephen Harper et a aussi servi sous Preston Manning et Mike Harris. Alors, pour ceux qui ne comprennent toujours pas, Quebecor semble avoir décidé d’investir la droite politique… et fait maintenant son lit avec les conservateurs du premier ministre Harper.

Harper inquiète les journalistes

Harper inquiète les journalistes

Le mariage d’intérêt était logique à faire. D’un côté, puisque SUN TV News concoctera des mises en scène créées de toutes pièces pour le régime conservateur, le plus « control freak » premier-ministre de l’histoire canadienne pourra continuer d’éviter les vrais journalistes (les chiens de garde de la démocratie). En échange, la chaîne d’information privée jouira de certaines exclusivités de la part du gouvernement canadien; évidemment, ces informations sciemment diffusées seront cordonnées avec le régime conservateur. D’un autre côté, si c’est vraiment le modèle de Fox News qui s’appliquera, l’opposition politique sera constamment attaquée par Sun TV, et cela, des pires façons possible.

stephen-harper

Parlant du loup, ou plutôt du renard. Je vous invite fortement à réaliser la perspective nous guettant advenant que «Fox News North» obtienne sa licence du CRTC. En effet, voici en primeur, l’excellent documentaire Outfoxed de Robert Greenwald. Ce documentaire est en effet incontournable pour qui veut comprendre l’étendue de la menace contre le journalisme.

http://www.dailymotion.com/video/xjaio

Puis, à l’image de sa devise «Hard News and Straight Talk», SUN TV News s’enligne logiquement pour présenter la politique comme un « reality show people« . Or, si la chaîne réussit à offrir un bon divertissement (en invectivant les tenants de «la gauche»), si le sang coule, il y aura probablement un regain d’intérêt populaire pour ce qui tiendra davantage du spectacle et le régime conservateur profitera de ce nouveau canal afin d’y transmettre subversivement sa salade idéologique.

Une formule qui a mondialement fait ses preuves

Bien sûr, au Canada, nous nous sentons protégés par le CRTC, nous pensons ainsi que les chaînes de télévision doivent se soumettre à certaines règles afin de pouvoir utiliser un canal de diffusion. Cependant, en plaidant toujours la sacro-sainte liberté d’expression (qui peut concrètement se traduire par la liberté de mentir et déformer les faits), prétextant que le financement de la chaine est privé et que la société civile ne peut contrevenir à la liberté de faire des profits, les forces antiétatiques s’articulent autour d’un discours afin de forcer (voire détruire) ce qui reste des règles sociétales. Bref, ce modèle s’avère formellement celui d’une télévision partisane qui traite l’information selon ses intérêts politiques; en ce sens, elle ne veut surtout pas s’encombrer de la moindre règle sociale ou éthique.

Il va sans dire que nous sommes ici très loin de l’information au service de l’intérêt public. Et qu’on se le dise, ce genre de télévision n’a rien à voir avec le journalisme. En fait, tout ceci tient de la propagande au service d’intérêts particuliers. Malheureusement, cette formule de la droite politique (amalgame entre la télévision, la culture de masse, la publicité et la politique conservatrice) a déjà fait ses preuves électorales dans d’autres pays (TF1 en France avec le régime de Sarkozy, le groupe de communication Mediaset et l’élection de son président (!!!) Silvio Berlusconi à la tête de l’Italie, Vladimir Poutine en Russie et son contrôle absolu sur les médias étatiques, Fox News et le parti républicain aux États-Unis).

Image de prévisualisation YouTubeUne pub électorale de Vladimir Poutine à la télévision d’État en Russie.Le genre de pub pro-Harper bientôt à Sun TV News ?

Quebecor et la souveraineté du Québec

Il est toujours dangereux pour une société de laisser des consortiums privés dicter les perceptions politiques à la population. Personnellement, je ne vois aucun avantage collectif à laisser des forces mercantiles niveler la culture du peuple vers le bas; du surcroit, lorsqu’il cache un agenda politique.

Pour revenir au Québec, certains doivent penser qu’un Fox News North au Canada anglais n’aura pas d’incidence sur notre contexte politique, que cela ne concerne pas vraiment les Québécois si Quebecor s’intéresse au ROC. Pour ma part, permettez-moi de croire que ce projet n’augure rien de bon pour l’intelligence sociale, qu’elle soit québécoise ou canadienne. En perçant la règlementation du CRTC, l’ouverture de la chaine SUN TV News servira de précédent au pays… littéralement ici une boite de pandore. Subséquemment, il sera facile après pour Quebecor de répliquer le modèle de SUN TV au Québec. Assurément, en flirtant avec la « trash télé » et le parti conservateur, l’empire médiatique Quebecor joue présentement un jeu dangereux. D’autant plus qu’à l’image de son ambitieux PDG, l’entreprise prendra certainement le goût de son nouveau pouvoir politique.

Image de prévisualisation YouTubeVoici une pub de SUN TV donnant le ton. (trouvé ici sur le blogue de Lutopium): Dans quelques semaines, son investissement permettra aux forces conservatrices de Stephen Harper de faire la promotion de l’unité canadienne, de défendre les idées néolibérales (Karl est déjà à l’aise avec ce concept) tout en détruisant les idées progressistes en utilisant des demi-vérités, des mensonges et des syllogismes de bas étage (Karl est également à l’aise avec ce style).

Bien sûr, même si j’ai découvert (sur le site Web du DGEQ) que Pierre Karl Péladeau finance personnellement le Parti Libéral du Québec et l’ADQ (selon l’ajout ou non d’un trait d’union entre Pierre et Karl), ce dernier aime se dire nationaliste et semble maintenant favorable à la droite du Parti Québécois. D’ailleurs, contrairement à La Presse de Power Corporation, il faudra admettre que la nouvelle ligne éditoriale du Journal de Montréal n’est pas nécessairement opposée à la souveraineté du Québec (Daniel Audet, Richard Martineau, Joseph Facal, Stéphane Gendron). Toutefois, cette ligne est antisyndicale et socialement encore plus à droite que celle de La Presse.

Pauline Marois et PKP applaudissent en choeur au colisée

Pauline Marois sacre le Club des syndicalistes dehors du PQ et passe la soirée au p’tit Colisée de Québec à regarder la “game” Québec-Montréal en compagnie de Me Aubut et PKP.» L’image est forte!

De la sorte, je suis prêt à parier que Quebecor et son journal en lock-out soutiendront le Parti Québecois de Pauline Marois à la prochaine élection provinciale. Toutefois, il faudra se demander quel genre de PQ Quebecor appuiera vraiment.

"Ce n'est plus l'État qui doit être au cœur de notre enrichissement national, ce sont les Québécoises et les Québécois qui doivent en être les fers de lance". - Pauline Marois

Ainsi, il ne faudra pas s’étonner que la chef péquiste, Pauline Marois, propose maintenant que le PQ « modernise » sa vision de la sociale-démocratie. Évidemment, en misant sur la création de richesse individuelle, plutôt que sur l’État providence, certains analystes ont rapporté que le parti entreprenait un virage à droite. Mais de toute façon, nous connaissons le cycle: à chaque fois que le PQ arrive dans l’antichambre du pouvoir, la frange conservatrice remet sa ceinture fléchée afin de mieux l’investir. Or leur priorité étant la gouvernance affairiste de la belle province, ces «nationalistes» de droite ne sont pas réellement motivés par l’indépendance nationale. Évidemment, avec ce genre de «souverainiste» sur le pont de la croisière péquiste, il ne faudra pas s’étonner qu’il n’y ait aucune remise en question de l’incessante libéralisation du modèle socio-économique. Qu’à cela ne tienne, si Pierre Karl Péladeau voulait vraiment faire du Québec un pays indépendant, cela ferait longtemps que son réseau médiatique serait au service de l’option. Mais voyez-vous, il me parait plus manifeste que PKP préfère aller jouer dans le Canada anglais avec sa future chaine d’information au service du parti conservateur. Et franchement, je vous pose la question, pouvez-vous vraiment faire confiance à celui qui veut contribuer à la réalisation d’un prochain gouvernement majoritaire pour le Parti Conservateur du Canada? Alors, qu’ont se le dise, le fait d’être un «nationaliste québécois» ne signifie pas pour autant être un indépendantiste… et encore moins un allié de la société québécoise.

Pour bien comprendre le cycle en cours, je vous propose la lecture de mon ancien article: La petite histoire du néolibéralisme au Québec (… et de l’ADQ)

La société québécoise prise entre Quebecor et Power corporation

Il y a longtemps que la Révolution tranquille est terminée au Québec; et depuis les premiers accords de libre-échange avec les États-Unis, nous sommes dans un processus du démantèlement progressif du rôle de l’État au profit de l’économie de marché. A l’image de son époque, Pierre Péladeau père, un nouveau riche, revendiquait fièrement son appartenance au Québec et ne s’intéressait pas au Canada anglais. A contrario, son fils, héritier multimillionnaire, a épousé les fondements ultralibéraux et les frontières nationales ne contiennent aucunement sa «business» expansionniste.

Bien sûr, PKP se prétend aussi nationaliste, travaille au retour des Nordiques de Québec et drape ses stars-académiciens du fleurdelisé. Mais tout ceci n’est qu’un enrobage commercial. Car, même si Quebecor World a des prétentions multinationales, il n’en demeure pas moins que son siège s’appuie toujours au Québec. Or, c’est parce que l’empire médiatique base son industrie sur la culture franco-québécoise qu’il est jaloux de son influence sur celle-ci. Ainsi, l’intérêt de Quebecor pour le peuple québécois n’est pas de l’informer, l’éduquer et la faire évoluer; mais bien de le divertir, l’abrutir et le niveler vers le bas afin de lui vendre des produits et s’enrichir à ses dépens. Pour Quebecor, le peuple Québécois est simplement un bête marché commercial et sa spécificité culturelle une chasse gardée industrielle.

Fuck Céline Dion

J'ai déjà abordé le sujet de l'industrialisation culturelle du Québec. Cliquez sur l'image pour lire l'article en question.

D’ailleurs, c’est justement parce que Quebecor est dorénavant une entreprise antisyndicale qu’elle méprise parallèlement l’intelligence sociale de son auditoire et que sa direction dévalorise le rôle fondamental des journalistes. Pour la compagnie, ses journalistes ne sont pas là pour faire réfléchir la société et agir comme des chiens de garde de l’intérêt public, mais bien comme des vulgaires vendeurs de papiers publicitaires. En ce sens, le souci de la vérité n’est pas un objectif sine qua non. Alors, il ne faudra pas s’étonner si la Fédération professionnelle des journalistes du Québec s’inquiète aussi de l’arrivée de Sun TV News.

Alors, je repose la question aux souverainistes, pensez-vous réellement que Quebecor soit un allié de l’indépendance du Québec? Comptez-vous vraiment sur Quebecor pour favoriser des concepts aussi subversifs pour l’ordre établi que l’autodétermination politique, l’émancipation sociale du peuple et l’indépendance intellectuelle?

Bien sûr, Quebecor peut donner la répartie médiatique à ses rivaux fédéralistes que sont la Société Radio-Canada et Power Corporation. Mais dans cette polarité entre la droite nationaliste de Quebecor et la droite fédéraliste de Power Corporation, les intérêts du peuple Québécois ne sont pas un enjeu. À la rigueur, j’ose même individuellement préférer la pertinence de l’information émanant des deux entités fédéralistes que la bouillie populiste régurgitée par Quebecor. C’est tout dire.

Coupures « chirurgicales » à la SRC… le tissu social attaqué!

Selon la tendance, si le Parti Conservateur devient majoritaire à la prochaine élection fédérale, la SRC risque fort bien de se voir devenir hors jeu faute de subvention.

En conclusion, il y a un GROS problème médiatique au Québec; un poison intoxiquant constamment l’intelligence de notre société. Mais avant même de cogiter l’organisation d’un troisième référendum sur la souveraineté du Québec, il faudra impérativement résoudre ce problème. Car, effectivement, sur le champ de bataille des perceptions politiques et de la propagande électorale, il m’apparait suicidaire d’engager le combat sur le territoire ennemi sans un arsenal équivalent. Et qu’on se le dise, tout péquiste niant cette réalité fait de la pensée magique… ou n’a pas réellement l’intention de lutter pour la souveraineté du Québec. Notre affranchissement des monopoles médiatiques de Quebecor et Power corporation est impérative pour libérer les Québécois de l’aliénation et instiguer notre indépendance… qu’elle soit d’ordre nationale, sociale ou culturelle.

Des pistes de solutions

Pour l’instant, il est prématuré d’annoncer la naissance prochaine de Sun TV News. Le conglomérat dirigé par Pierre Karl Péladeau doit d’abord obtenir une licence du CRTC (le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes) c’est-à-dire le chien de garde des ondes publiques au pays. D’entrée de jeu, les étatistes canadien et québécois doivent défendre ce rempart gouvernemental contre les forces du marché libre. Si ce secteur se dérèglemente comme le souhaite la droite canadienne, ce sera littéralement le «Far West» sur les ondes publiques (et notre démocratie). Tout et n’importe quoi pourra se dire librement sur les ondes et la seule règle qui primera sera celle du profit à tout prix. Bref, il là un combat à faire pour le maintien fondamental du CRTC.

En second lieu, il faut soutenir ruefrontenac.com, le site Web des journalistes en lock-out du JDM et parallèlement boycotter leur ancien employeur. En effet, non seulement c’est une question fondamentale de solidarité, mais surtout, ces derniers sont bien au fait des enjeux modernes menaçant le journalisme.Bien que je m’inquiète profondément de leur viabilité économique, il pourrait se développer autour de ruefrontenac.com un média alternatif dans le même genre que rue89.com en France.

Par ailleurs, étant donné la transfiguration de Quebecor, je ne crois pas que ces journalistes en lock-out fassent toujours partie des plans d’avenir de la compagnie. (D’autant plus que la population est assez «épaisse» pour encore consommer le JDM). Effectivement, dans cette guerre d’usure, j’ai malheureusement l’impression que Quebecor attend tout bonnement la fin des réserves économiques du syndicat de ses anciens journalistes.

Rejoignez la page Facebook de site d'informations conçu par les employés en lock-out du Journal de Montréal

Troisièmement, une masse critique de Québécois se doit d’utiliser les réseaux sociaux comme plate-forme d’échange médiatique. En effet, dans cet environnement libéré de tout monopole corporatiste, les citoyens sont en mesure de partager librement n’importe quelle source d’information sur Internet, de surcroit, en pouvant y exprimer leurs propres opinions. Voilà ici notre plus grand atout social pour nous prémunir du despotisme ambiant. Une vraie révolution par rapport au contexte médiatique prévalant durant le dernier référendum de 1995.

Finalement, une solution sociétale qui s’inscrirait dans le même répertoire historique que la nationalisation de l’hydro-électricité:  amener l’Internet haute vitesse à un maximum de citoyens. Évidement, cet enjeu est particulièrement important pour la connexion des régions du Québec sur le reste du monde et ainsi contrer l’exode des jeunes vers les villes (travail par télédistance). Cependant, quand je parle d’accessibilité à l’Internet, je fais surtout référence à la gratuité de ce service; un service devant maintenant être considéré comme essentiel à la population du 21e siècle. En effet, plutôt que d’assujettir les citoyens en un récepteur/consommateur assis passivement devant un faisceau d’information/publicité contrôlé par des intérêts privés (la télévision), l’Internet offre aux citoyens le libre accès vers toutes les informations possibles.

OUI à la nationalisation de l'accès à l'Internet

Cette image que j'ai faites pour le OUI fut la moins bien comprise de ma collection

Malheureusement, puisque pour l’instant c’est le câblodistributeur Videotron (Quebecor) qui est le principal fournisseur d’Internet au Québec, l’accès à l’Internet demeure un extra à son réseau de câble pour la télévision. Or, l’État devra contrecarrer ce quasi-monopole par la mise en place de bornes Wi-fi dans chaque village. D’ailleurs, les bornes Wi-fi devant se connecter au réseau électrique, je vois très bien Hydro-Québec se charger de cette grande opération d’envergure nationale.

Bien que cette mesure puisse favoriser la souveraineté du Québec en libérant des citoyens de la publicité/propagande des grands consortiums médiatiques, le PQ dorénavant inféodé par Québecor, s’opposera logiquement à cette «hérésie socialiste». Il ne reste ainsi que Québec solidaire pour en faire un enjeu électoral. Il va sans dire, ce parti étant loin d’être au pouvoir, le Québec perd un temps fou en développement de toute sorte (technologique, culturel, social). En définitive, notre sclérose politique permet à des pays émergents de nous dépasser.

Comme la religion catholique l’était par son monopole sur l’éducation au Québec durant la grande noirceur, Quebecor est une éclipse culturelle des temps modernes. L’ouverture sur le monde, le partage du savoir, l’affranchissement politique des consortiums médiatiques: il faut réaliser que le libre accès à l’ information est la base de la démocratie! Mais serons-nous capables d’amorcer une nouvelle révolution tranquille avant la décomposition finale de la société québécoise?

La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays.
-Edward Bernays (Propaganda)

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Un Ping à l'article “Vers un «Fox News North». L’inquiétante orientation politique de Quebecor”

  1. Karl et son capital « Jeanne Émard dit:

    [...] sur cette histoire.  En lançant une recherhe sur Google, je suis tombé sur un excellent papier de Carl Boileau qui fait le tour de la question.  Je vous le recommande [...]


9 réponses à l'article “Vers un «Fox News North». L’inquiétante orientation politique de Quebecor”

  1. 1. Le Gentil AstineuxNo Gravatar dit:

    M. Boileau, depuis votre candidature comme conseiller, j’avais délaissé votre blogue car la politique municipale de Montréal non pas qu’elle m’intèresse mais n’est peu de mes affaires.
    Ceci étant dit, je n’ai pas peur de Pierre-Karl Péladeau ni de ses journaux, qu’ils soient de droite, de gauche ou tout croches. Même qu’il faut s’en réjouir.
    Souvenez-vous de l’enquête TVA sur l’eau municipale qui avait fait un tabac. Les autres médias ont été obligés d’embarquer à leur tours dans des enquêtes i.e. Enquête de Radio-Canada, puis les journaux de Gesca se sentant menacés par la concurrence ont menés une guerre contre le Maire Tremblay, les compteurs d’eau, Acurso etc..

    Quant à moi, je répéte que nous avons besoin de tout le monde si nous voulons faire un jour l’indépendance du Québec et par tout le monde je veux dire gauchistes, athées, agnostiques, catholiques, protestants, pro-vie etc.
    Pour terminer, ma liste d’hyperliens du Blogue-Trotteur pour l’indépendance va à nouveau s’enrichir du Radicarl pour enrichir les débats et les idées.

  2. 2. Gébé TremblayNo Gravatar dit:

    Que Rue Frontenac fasse comme les médias de gauche aux USA qui se font financer grassement par les fondations Ford et Rockefeller (liées à la CIA) ou Shell Oil. Comme le font Amy Goodman de Democracy Now! et Noam Chomsky.

    Desmarais doit bien avoir une fondation. Ou proposez à PKP d’en créer une et il contrôlera le discours de la droite ET de la gauche ! C’est ce qu’ils font partout ailleurs.

    D’ailleurs on peut se demander pourquoi Greewald n’a fait qu’analyser FoxNews dans son docu et pas Démocracy Now, lui qui est l’invité quasi régulier de Goodman ! Bias ?

  3. 3. simon DuchesneNo Gravatar dit:

    merci Monsieur Boileau pour cette article qui pousse a réfléchir.
    J’aimerais pouvoir sentir mon Québec libre, libre de dire ce qu’il pense, point l’opinion de ces rois nouveaux.
    C’est, à mon avis, le premier pas permettant à nous d’enfin nous reconnaitre.

  4. 4. David GendronNo Gravatar dit:

    Le pire, c’est que ça fait probablement partie de la seule issue possible pour les séparatistes.

  5. 5. lutopiumNo Gravatar dit:

    Excellent billet. Je travaillais justement là-dessus et un hyperlien est sorti rapidement vers ton blogue. Je ne savais pas que tu y étais de retour. Rafraîchissant.

    Mon opinion: Karl n’en a rien à faire du politique à l’exception des gains qu’il peut en retirer. Si les québécois croyaient qu’il était un allié au projet d’indépendance, il peuvent maintenant le considérer comme un traître. Rien de moins.

  6. 6. AlexNo Gravatar dit:

    Votre article me donne la chair de poule, la situation du journalisme au Québec est alarmante. Pendant ce temps, le petit peuple québécois se fait petit à petit ramollir le cerveau par l’empire médiatique de Québécor. Très bon article. Ça fait du bien de voir qu’il y a des gens qui pensent comme moi…

  7. 7. DLoNo Gravatar dit:

    Merci, vous contribuez à exposer cette situation plus qu’inquiétante, et ainsi fournissez une « arme » pour lutter contre cette tendance mondiale: le savoir.

    Continuez votre excellent travail !

    Pour ceux (et celles) qui pourraient être intéressé(e)s par le cas Putin, CBC ont fait un troublant documentaire dans le cadre de leur série « Passionate Eye » en 2007 qui se nomme « The Putin System ». Facile à trouver sur le web…

  8. 8. Carl BoileauNo Gravatar dit:

    En suite directe à mon article, ce texte est incontournable pour qui veut comprendre le contexte politico-médiatique au Québec: http://www.ledevoir.com/societe/medias/313967/medias-le-choc-des-empires-quebecor-contre-radio-gesca

    Médias – Le choc des empires: Quebecor contre «Radio-Gesca»
    Stéphane Baillargeon 31 décembre 2010 Médias

    Harangues, insultes et mesquineries en tous genres: la «bataille de ruelle» bat son plein entre les chroniqueurs corporatistes et les vedettes organiques des deux grands clans médiatiques du Québec. Un effet pervers inattendu de plus de la concentration de la presse…

    Échaudé par le dur traitement médiatique (dont une photo de paparazzi avec ses enfants) qui a suivi sa prestation au Bye Bye 2008 de Radio-Canada, le couple Véronique Cloutier et Louis Morissette a refusé d’inviter des représentants de Quebecor en entrevue promotionnelle cette année. Dans Le Journal de Montréal, Michelle Coudé-Lord et Richard Martineau dénoncent le geste. «Radio-Canada est en train de se comporter comme un État dans l’État, a proposé le chroniqueur. Non seulement cet organisme PUBLIC boycotte-t-il certains médias, mais il refuse de dévoiler comment il dépense les deniers publics!»

    Il y a quelques semaines, le même Martineau apostrophe, rue Saint-Denis à Montréal, les manifestants d’un mouvement anti-israélien réclamant le boycottage d’une boutique. La scène captée il y a deux semaines se trouve sur YouTube. Le chroniqueur sermonne le groupe en tenant un enfant dans ses bras. Il évoque un argument contre Radio-Canada. Soudain, la femme de M. Martineau, l’animatrice Sophie Durocher, aperçoit le journaliste André Noël, de La Presse, près des manifestants. Elle souligne sa présence avec ironie et elle applaudit avec son mari qui lance: «André Noël, objectif!»

    M. Martineau a ensuite évoqué la rencontre incongrue dans sa chronique du Journal de Montréal (JdeM), en lockout. M. Noël a répliqué sur le site syndical Rue Frontenac qu’il faisait ses emplettes des Fêtes, qu’il était tombé sur cette manif par hasard.

    «Contrairement à ce que vous avez écrit, je ne vous ai pas engueulé, je n’ai pas témoigné mon appui à cette manifestation et je n’ai jamais dit que « c’est correct ce qu’ils font » en parlant des manifestants», écrit-il. Dans une nouvelle chronique du JdeM, Richard Martineau a réaffirmé qu’il avait bel et bien été harangué par M. Noël, éludant sournoisement le noeud de l’affaire sur la raison de sa propre présence près des manifestants.

    Une bataille de ruelle

    Ça joue dur, et si la tendance se maintient, comme dirait l’autre, ça va encore jouer dur en 2011 entre les mammouths qui occupent presque tout le corridor médiatique au Québec. Dans un coin (on ne dit pas droit…) Quebecor et ses innombrables filiales, dont deux navires amiraux, TVA et Le Journal de Montréal, lockouté depuis bientôt deux ans. Dans l’autre coin (on ne dit pas gauche…), Radio-Canada, média d’État, et puis Gesca (dont La Presse), bras médiatique de l’empire Power Corporation. Leur alliance peut-être formalisée, en tout cas bien observable concrètement, fait que les chroniqueurs québécoriens parlent de «Radio-Gesca».

    «J’ai l’impression que les choses se corsent au petit royaume des médias du Québec: il y a beaucoup d’acrimonie et d’agressivité entre les conglomérats et surtout entre les porte-parole plus ou moins officiels, notamment les chroniqueurs», observe Marc-François Bernier, professeur de journalisme à l’Université d’Ottawa. Il parle carrément de journalisme de propagande et de chronique libre-service.

    «C’est de la bataille de ruelle, poursuit-il. Dans cette lutte, on ne respecte pas les trois grands principes du journalisme: la vérité [dans bien des cas], l’équité et l’intégrité. On ne dit pas tout, on attaque à répétition et on le fait pour des motifs qui ne sont pas toujours liés au droit du public à l’information et qui ont plutôt à voir avec l’entreprise et la corporation.»

    Pierre Trudel, professeur à l’Université de Montréal, approfondit cette question. «Le public est-il vraiment intéressé par les critiques adressées d’un groupe de presse à l’autre de cette manière? demande le professeur du centre de recherche en droit public, spécialiste des communications. Rien ne nous indique que le peuple se passionne pour ces chicanes entre vedettes des médias.»

    La servitude volontaire

    L’intuition laisse croire au professeur Bernier que Quebecor serait plus agressive, ou à tout le moins plus active dans cette lutte, peut-être parce que ses médias occupent tellement de place. En tout cas, ses enquêtes par sondage lui révèlent que l’obligation d’autopromotion et la pratique de l’autocensure existent partout, avec une manière plus marquée chez les journalistes de Quebecor.

    «Toujours taper sur le même clou, ce n’est plus de l’information, c’est du martelage de la part d’une brigade de chroniqueurs, dit-il alors. À la décharge du Journal de Montréal, il faut reconnaître que les chroniqueurs plus de gauche sont partis au déclenchement du lockout. Il ne reste que ceux de droite, qui chantent la même partition, selon un canevas commun. Le patron du conglomérat [Pierre Karl Péladeau] est un libertarien. Il a un problème philosophique avec Radio-Canada, qui demeure un concurrent économiquement. Il y a donc un contexte, comment dire, visqueux. Il y a une guerre à finir entre des conglomérats qui se détestent.»

    Le professeur Trudel pointe alors vers l’appauvrissement généralisé du débat au Québec. «On a tendance à gratter les mêmes bobos ici, et du fait même à délaisser beaucoup de questions fondamentales, dit-il. Il n’y a pas beaucoup de perspectives pour renouveler la façon de penser, de voir, de manière très prévisible. On peut deviner à l’avance, à quelques mots près, ce que va écrire n’importe quel chroniqueur. En même temps, des enjeux importants sont ignorés et négligés, par exemple les questions environnementales ou la guerre en Afghanistan.»

    Un effet pervers de la concentration

    Les patrons eux-mêmes ne donnent pas l’exemple. Le magnat Pierre Karl Péladeau et le vice-président de Radio-Canada, Sylvain Lafrance, sont en procès parce que le second a reproché au premier de se comporter en «voyou». Certaines vendettas s’expliquent peut-être un peu par des motifs très particuliers, dont un mariage, un divorce et deux ou trois enterrements de carrière.

    N’empêche, cette personnalisation doublée d’une pipolisation cache des causes structurelles beaucoup plus profondes. «Il n’y a pas assez de médias au Québec, résume le professeur Bernier. Au Canada anglais, il y a plus de diversité et les médias ne sont pas tous dans le même kilomètre carré au centre de Montréal.»

    La décennie s’achève ainsi en réalisant les pires pronostics de ses débuts, quand Gesca et Quebecor se consolidaient. «On est rendu, après le Nouveau-Brunswick, l’État nord-américain où il y a le plus de concentration de la presse, dit le professeur Bernier. C’est assez inquiétant tout ça.»

    Cela dit, il faut bien que les médias appliquent à eux-mêmes la doctrine sévère qu’ils réservent à (presque) tous. «Chaque média a ses angles morts, ses parts d’ombre qu’il ne va pas exposer, note alors M. Bernier. C’est correct que les autres braquent les projecteurs sur ces zones. Par contre, ici, au lieu d’avoir six ou sept groupes, on se retrouve avec un monde médiatique très polarisé autour de deux grandes coalitions qui se surveillent et se piquent sans cesse.»

    Il donne alors l’exemple du livre Derrière l’État Desmarais: Power de Robin Philpot. Les journaux de Gesca, propriété de Power Corporation, n’en ont pas glissé un mot, ou alors très peu. De même, La Presse ne remet jamais en question la surprésence de ses commentateurs vedettes sur les ondes de la Première Chaîne de la radio d’État. Certains matins, on en compte deux ou trois à l’heure, ce qui fait beaucoup.

    «Les gens de Quebecor ont raison de s’attaquer à cette alliance du privé et du public, dit le professeur Bernier. Si Radio-Canada pouvait se tenir à l’écart des autres médias, ça réglerait déjà un peu le problème. C’est une part de la solution: Radio-Canada devrait redevenir indépendante, cesser de faire la promotion des intérêts privés de Gesca et diversifier son bassin de collaborateurs, y compris en puisant chez Quebecor…»

    L’analyste recommande finalement de prendre conscience des enjeux de cette bataille pour les réputations de tout un chacun, des médias comme des journalistes. «Au lieu de rester dans la bouette, il faudrait tenter de s’élever un peu. Ce n’est pas très glorieux ce qui se passe en ce moment.»

  9. 9. Carl BoileauNo Gravatar dit:

    Le Canada est classé bon dernier en matière de transparence

    Une nouvelle étude révèle que les conservateurs de Stephen Harper exercent des restrictions de plus en plus rigoureuses sur la divulgation des renseignements contrôlés par l’État en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, classant ainsi le Canada comme le pays faisant preuve de la moins grande ouverture parmi les démocraties parlementaires.

    Les deux chercheurs britanni­ques de l’University College London, Robert Hazell et Ben Worthy, se sont penchés sur les lois régissant l’accès à l’information en Nouvelle-Zélande, en Australie, en Irlande, au Royaume-Uni et au Canada. « Le Canada arrive bon dernier », concluent les auteurs de l’étude dont les résultats ont été récemment publiés dans la revue Government Information Quarterly.

    Si au Canada la Loi sur l’accès à l’information est censée à la base rendre les documents facilement accessibles par le public, certaines demandes d’accès à l’information sont soumises à une censure excessive et traitées dans des délais extrêmement longs, reconnaît le Commissariat à l’information du Canada. D’après les statistiques gouvernementales diffusées à la fin de l’année dernière, le pourcentage des cas où il y a eu pleine divulgation des renseignements demandés a chuté considérablement ces dix dernières années. En 1999-2000, près de la moitié des demandes traitées ont donné lieu à la communication de toute l’information demandée, comparativement à moins de 16 % en 2009-2010. Dans le rapport intitulé Hors délais publié par le commissariat en avril 2010, 13 des 24 institutions fédérales évaluées ont affiché un rendement « inférieur à la moyenne ou pire » par rapport à un certain nombre de mesures, notamment la rapidité avec laquelle elles ont répondu aux demandes d’accès à l’information et la fréquence des retards dans leur traitement.

    « Le régime actuel comporte beaucoup trop d’exemptions et d’échappatoires dont le nombre n’a cessé d’augmenter depuis l’arrivée au pouvoir des conservateurs », observe Ken Rubin, spécialiste de l’accès à l’information et chercheur en matière d’intérêt public qui s’est fait le champion de la réforme du système canadien d’accès à l’information. « Mais même si l’on fait abstraction de la question d’interférence politique, les ministères et organismes gou­vernementaux disposent de centaines de moyens pour ne pas divulguer des renseignements qui devraient être accessibles par le public. »

    M. Rubin ne se dit pas étonné que le Canada occupe la dernière position dans ce classement international. « Bien que les dispositions et l’application de la Loi sur l’accès à l’information de notre pays soient sans conteste sources d’embarras, à mon sens, celle-ci n’a aucunement été conçue dans l’intention de promouvoir l’ouverture du gouvernement. »

    « Ce qu’il nous faut, c’est une loi de deuxième génération qui supprimerait les nombreuses exceptions, rendrait obligatoire la divulgation systématique des renseignements dans des domaines tels que la santé et la sécurité ainsi que l’environ­nement, et améliorerait le processus en profondeur par l’imposition d’amendes en cas de retards ou d’entraves à l’accès. »

    Le problème ne se limite pas au seul niveau fédéral. Les rapports annuels de Service Alberta, par exemple, montrent que 27 % seulement des requêtes présentées au gouvernement albertain en 2009 ont été suivies d’une communication complète ou partielle des renseignements demandés, contre 60 % en 1995, l’année où la loi provinciale sur l’accès à l’information est entrée en vigueur.

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