Pages Menu
Menu catégories

Posté par le 31 janvier 2026 dans Musique, Récit Personnel, Sports

Genèse de « Twelve in the Noise ». Une chanson pour le 12e joueur

Genèse de Twelve in the Noise, une chanson écrite pour les Seattle Seahawks, célébrant le collectif et le bruit partagé à l’approche du Super Bowl.

Football, mémoire et naissance d’une chanson collective

C’est la première chanson que j’offre publiquement au Web. Pas comme un produit fini pensé pour performer à tout prix, mais comme un geste. Une contribution modeste, sincère, profondément ancrée dans ce que le football représente pour moi depuis l’enfance.

Je suis un amateur de football depuis que j’ai six ans. Littéralement. À une ou deux exceptions près, je n’ai manqué presque aucun Super Bowl depuis cet âge. Avec le recul, je réalise que je compte presque les années en Super Bowls. Le football américain est devenu, avec le temps, un rituel. Un cadre. Un langage commun qui traverse les années, les villes, les cultures.

Mon équipe de cœur, ce sont les Saints de La Nouvelle-Orléans. Je les suis « religieusement » pendant toute la saison régulière, semaine après semaine, comme on suit un rendez-vous qui ne se manque pas. Et j’ai eu la chance de pousser cette fidélité jusqu’au bout en allant les voir jouer sur place, au Superdome, lors d’une finale de division, dans une ville où le football est une religion vivante. Cette expérience a dépassé tout ce que j’aurais pu imaginer. J’ai même été invité par un relationniste de l’équipe à porter le drapeau des Saints sur le terrain avant le match. Des dizaines de milliers de personnes autour de moi. Jamais je n’avais été entouré d’autant d’humains à la fois.

Jamais je n’avais été aussi proche de mon idole Drew Brees, qui est venu lancer quelques passes à mes côtés avec Taysom Hill pendant l’échauffement. Un moment suspendu, gravé à jamais.

Idéalement, je suis chaque match des Saints pendant toute la saison régulière. Mais les séries obéissent à une autre logique. Depuis la retraite de Drew Brees en 2020, les Saints n’ont tout simplement plus réussi à se qualifier pour les séries. Le cycle s’est refermé. Je refuse pourtant de décrocher du football quand janvier arrive. À partir des wild cards, je me mets alors à suivre une ou deux équipes, celles dont le parcours, l’attitude ou la tension narrative méritent d’être accompagnées jusqu’au Super Bowl. Une forme d’adoption temporaire, une équipe B, non par opportunisme, mais par fidélité au jeu lui-même.

Force est de constater qu’à travers les cycles, les reconstructions et les dynasties successives de la ligue, une équipe s’est imposée naturellement dans ce rôle. Année après année, presque à mon insu, les Seahawks sont devenus ce point d’ancrage des séries. Et c’est seulement à partir de là, quand janvier avance et que l’enjeu se resserre, que l’histoire de Seattle cesse d’être abstraite pour devenir intime. Pourquoi Seattle. Parce que leur parcours, je le connais. Et surtout, parce que je l’ai traversé moi aussi, à plusieurs moments clés

Le premier remonte à 2006, à l’époque de Shaun Alexander et de Matt Hasselbeck. Cette année-là, je travaillais au bar Le Québec Libre, dont le propriétaire n’était nul autre que le flamboyant et iconoclaste Michel Brulé. Il m’avait mandaté pour organiser la soirée du Super Bowl. Ambiance promise, salle pleine, fébrilité réelle. Et puis le match a commencé. Rapidement, quelque chose s’est brisé. Les décisions arbitrales se sont accumulées, toutes dans le même sens, au point où le malaise a dépassé le simple chauvinisme sportif. Ce soir-là, pour la première fois de ma vie, j’ai eu l’impression troublante que le match pouvait être orienté. Pas seulement mal arbitré, mais déséquilibré dans son souffle même. Une défaite qui m’a laissé un goût amer durable.

En 2014, tout a changé. Les Seahawks arrivaient au Super Bowl avec la meilleure défense de la ligue, face à l’attaque la plus explosive, celle de Denver. Sur papier, on annonçait un duel serré. Sur le terrain, ce fut une démolition. Une domination froide, clinique, presque irréelle. La Legion of Boom a étouffé le match dès les premières minutes.

Puis il y a eu 2015. Le Super Bowl qui hante encore. Celui de la fameuse interception à la ligne d’un yard. Un match d’une intensité incroyable, tendu jusqu’à la dernière seconde. Cette fois, la défaite n’avait rien d’un vol arbitral. Elle relevait plutôt de la tragédie sportive. Une décision. Un instant. Une fraction de seconde. Quand on sait qu’il aurait suffi de courir le ballon avec Marshawn Lynch en mode Beast Mode, l’image devient presque insupportable avec le recul. Cette défaite-là est restée ouverte, comme une dette jamais réglée.

Ces trois moments forment une trilogie émotionnelle. L’injustice ressentie. La revanche éclatante. Puis la blessure qui ne se referme pas. Twelve in the Noise est née de là.

Mais la genèse de cette chanson ne s’arrête pas au football. Elle est aussi liée au contexte politique actuel aux États-Unis. Après avoir écrit un texte sur la polarisation toxique qui traverse la société américaine, j’ai ressenti le besoin de proposer autre chose. Une pause. Un moment de respiration collective. Le Super Bowl, qu’on le veuille ou non, reste l’un des rares espaces où des millions de personnes se retrouvent simultanément, au-delà des divisions. De là où je me tiens, comme Québécois, j’avais envie d’offrir un geste de solidarité. Une chanson comme un cri commun, mais aussi comme un refuge temporaire.

Ma relation avec Seattle ne vient pas seulement du football. En 2011, lors d’un voyage dans le Pacifique Nord-Ouest, j’étais en transit depuis Vancouver, où j’avais passé un mois dans une école privée de langue afin d’améliorer mon anglais, avant de descendre vers Portland, une ville que je voulais observer de près pour des raisons surtout urbanistiques. Seattle était une étape de cinq jours sur ce parcours. Très vite, la parenté avec Vancouver s’est imposée. Même climat, même rapport à l’eau et à la forêt, même densité urbaine tempérée. À bien des égards, Seattle m’est apparue comme une sorte de ville jumelle de Vancouver, mais de l’autre côté d’une frontière, dans un autre pays, avec tout ce que cela implique de contrastes et de nuances.

À l’époque, Luke n’était pas encore un ami, mais un hôte rencontré via Couchsurfing. Lui et ses colocs se sont révélés des hôtes formidables. Pas seulement accueillants, mais profondément investis dans l’idée de faire découvrir leur ville. Ils m’ont présenté Seattle avec passion, curiosité et une générosité très caractéristique de la culture west coast. Marcher dans les quartiers, discuter de musique, d’urbanisme, de football, de pluie et de paysages, sentir une ville ouverte, engagée, étonnamment progressiste par rapport à l’image simplifiée que l’on se fait souvent des États-Unis. Une ville traversée par ses contradictions, certes, mais pleinement consciente de son identité.

Cette halte s’est révélée bien plus significative que prévu. Seattle ne m’a pas seulement accueilli. Elle m’a parlé.

Musicalement, j’ai voulu refléter cette ambiance. Les riffs de grunge ne sont pas un choix esthétique gratuit. Ils renvoient à l’histoire même de la ville, à une culture musicale née de la pluie, de la rugosité et de la tension. Le rap West Coast, lui, s’est imposé naturellement. C’est la vibe qui colle le plus à la NFL. Une ligue pratiquée majoritairement par des joueurs afro-américains, où l’énergie, la confiance et la présence collective passent souvent par cette culture-là.

Mais c’est en découvrant le rôle du Blue Thunder que quelque chose s’est cristallisé. Cette drumline n’est pas un simple élément d’animation. Elle donne le tempo émotionnel de la ville les jours de match. Ses percussions battent comme un cœur collectif, avant le coup d’envoi, pendant les pauses, entre les jeux. Elles organisent l’attente, canalisent la fébrilité, transforment l’impatience en cadence. On ne les écoute pas passivement. On avance avec elles.

C’est là que j’ai vraiment compris ce que signifiait le 12e joueur. Pas un slogan marketing. Pas une métaphore vide. Mais une réalité vécue. Une foule qui accepte consciemment de devenir une force, de prêter sa respiration, son bruit et son rythme à l’équipe sur le terrain. Ce concept m’a profondément marqué. Il m’a séduit par sa simplicité et sa puissance. Il fait encore partie de ce que je garde de plus précieux de ce passage dans ma vie. Twelve in the Noise est née exactement de là. De cette idée qu’un collectif peut, par le son, devenir acteur du jeu.

La chanson est construite par étapes, à l’image de ce qu’est un match, mais aussi de ce qu’est une mémoire collective. Les couplets installent le poids de l’histoire, les blessures, les attentes accumulées. Les refrains, eux, changent de fonction. Ils ne commentent plus. Ils agissent. Le public cesse d’être spectateur pour devenir moteur. Et plus la chanson avance, plus le bruit se densifie, s’organise, se transforme en force. Jusqu’à ce que le douzième joueur prenne réellement corps. Pas comme une figure abstraite. Pas comme un individu. Mais comme une foule consciente d’elle-même.

C’est là que le titre prend tout son sens. Twelve in the Noise n’évoque peut-être rien, à première vue, pour un Québécois moyen. Mais il condense exactement ce que j’ai voulu raconter. Le douzième joueur, à Seattle, ce n’est pas un slogan folklorique. C’est une idée profondément ancrée. Celle que le bruit, lorsqu’il est partagé, coordonné, assumé, peut infléchir le cours du jeu. Être in the noise, c’est accepter d’entrer dedans. De ne pas rester à distance. De faire partie du mouvement.

Twelve in the Noise, c’est donc une chanson de football, oui. Mais c’est surtout une chanson sur le collectif. Sur la manière dont un groupe peut, par le son, par la présence, par l’énergie commune, se retrouver et tenir ensemble. Même brièvement. Même le temps d’un match. Je l’offre aujourd’hui au Web comme on lance une bouteille à la mer. À Seattle. Aux partisans des Seahawks. Et à tous ceux qui, dans un contexte tendu, fragmenté, ont besoin d’un moment de rassemblement simple, brut, partagé.

Ces trois moments forment une trilogie émotionnelle. L’injustice ressentie. La revanche éclatante. Puis la blessure qui ne se referme pas. Twelve in the Noise est née de là.

The strength of the team is each individual member. The strength of each member is the team
— Phil Jackson

Lyrics

Twelve in the Noise

Rain on Elliott Bay, ferries cut the gray,
Neon in the puddles, Seattle stays.
Ten years in the echo, ten years in the voice,
We didn’t disappear. (We learned the noise).

From Pike Place shadows to the cranes by the Sound,
We learned how to stand where the rain hits the ground.
Yesler still wet, I-5 moving slow,
We don’t shine in the sun, we vibrate below.

Space Needle blinking like a pulse in the fog,
Coffee after midnight, boots deep in the slog.
This city don’t whisper, don’t beg, don’t explain,
We speak through pressure, through volume and rain.

This ain’t a crowd that just fills up a seat,
This is breath synchronized, concrete and heat.
Every step to the stadium sharpens the poise,
You don’t stand beside us. (You become the noise).

We rise in decibels, the Twelve come alive,
Lumen Field shaking, feel the numbers collide.
Concrete trembles when we multiply our voice,
This is where we exist. (Twelve in the noise).

We rise in decibels, no fear, no doubt,
Loudest place on earth when the Twelve let it out.
From the Sound to the field, hear the city rejoice,
We don’t watch from afar. We move it with noise.

One yard line frozen in the back of our sight,
A stolen second carved into the night.
We lost that game, yeah, maybe fate had a role,
But one choice in plain sight still haunts the soul.

They called it genius, they called it control,
Patriots in white, playing destiny’s role.
Felt like the Devil tipped the final roll,
That pick was witchcraft, etched in the soul.

Unfinished business, pressure on hold,
A debt still breathing, never getting old.
Ten years later, same scar, new choice,
Every silent season fed the noise.

They come from the East with their rings and their tone,
Patriots talking like history’s owned.
But memory here doesn’t fade or get lost,
It waits in the crowd, counting the cost.

We rise in decibels, the Twelve come alive,
Snap counts shatter when the pressure arrives.
Opposing cadence dissolves in the Seattle noise,
You don’t hear the call when the Twelve deploys.

This season was carried through doubt and rain,
Brick by brick belief, absorbed the strain.
Sam Darnold stood tall when they laughed his name,
Redemption in motion, rewriting the frame.

JSN carving space like rain through wire,
Routes so clean set the future on fire.
Shaheed back deep, whole field held tight,
A gift from the Saints, speed sent by the light.

Kenneth Walker downhill, K9 grind,
Three TDs heavy, left the Niners behind.
Our defense stood first, no star to applaud,
Just jaws locked shut, number one squad.

Cooper Kupp steady, veteran calm,
Haunted the Rams, closed that palm.
One more run, one last ring in sight,
If this is the ending, let it end right.

This is where the ghosts return in the sound,
Same old Patriots names when the echoes come round.
Butler
Brady
Belichick
Names we drown in Seattle sound.

Curse the pick.
Curse the silence.
Curse the night we lost control.
Not a curse, a debt.
Written in sound.
And tonight the noise responds,
The crowd takes the ground.

Russell Wilson echoes when the rain hits loud,
Beast Mode footsteps still shake the ground.
Legion of Boom taught us how fear deploys,
In the breath before impact, before the noise.

Different era now, different crew,
But the sound is the same and the hunger too.
We’re not chasing ghosts, we’re making the choice,
To set the record straight. Twelve in the noise.

We rise in decibels, the Twelve come alive,
(Let it rise)
Lumen Field shaking, watch the numbers collide.
(Decibels)
Concrete trembles when we multiply,
(Twelve strong)
Every yard gets pushed by the sound we provide.

We rise in decibels, no fear, no doubt,
(Let it out)
Loudest place on earth when the Twelve let it out.
(Rain City)
From the Sound to the field, hear the city rejoice,
(Seattle)
We don’t just watch history.
(We move it)
We force the choice.

Why we fight
(For the history)
Why we fight
(For the revenge)
Why we fight
(To beat the Patriots)
Why we fight
(For West Coast pride)
Why we fight
(Bring the sun back)
Seattle

Step by step
Side by side
We are the crowd
We are the sound
We are the Twelve
On the field
Right now
Right now

Let’s do this!

College Navy, ready for war,
No room for a captain patch anymore.
The C won’t fit, so hear the truth,
The Twelve wears it, loud in the booth.

(Who are we)
Seahawks
(Who are we)
The Twelve
(Who are we)
Seattle
(It’s time)
Super Bowl

Go Hawks Go
Go Hawks Go
Patriots Hear the noise
Go Hawks Go
Go Hawks Go
This is our time
Right now

Go Seahawks
Go Seahawks
To the Super Bowl

Go Seahawks
Go Seahawks
Let’s win it all

Go Seahawks
Let’s win the Super Bowl
1 visionnements

Laisser un commentaire