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Explorer contre Firefox, la seconde bataille des navigateurs

Explorer contre Firefox, la seconde bataille des navigateurs
LEMONDE.FR | 26.10.06 | 13h18 • Mis à jour le 26.10.06 | 18h59

Mercredi 18 octobre, Microsoft lançait, après un long sommeil, sa dernière mouture en matière de navigateur : Internet Explorer 7 (IE7). La version 6 date d’octobre 2001. Cinq années ont donc passé, cinq années de répit après la première bataille des navigateurs qui avait opposé la firme de Redmond à son challenger d’un autre siècle, Nestcape.

Rappelons-nous. Au début des années 90, la Toile est encore un univers abscons pour les non-initiés. Il est nécessaire de réaliser des saisies complexes de codes informatiques pour pouvoir évoluer sur le Réseau. Internet s’ouvre finalement au grand public lorsque l’entreprise Netscape Communication lance un logiciel baptisé Navigator. Un système qui permet aux utilisateurs de s’orienter facilement sur le Réseau en utilisant simplement une souris et des icônes. A la performance technique s’ajoute le coup de génie marketing, Netscape diffuse son logiciel gratuitement. En 1995, le produit a conquis 70 % des utilisateurs connectés sur le réseau planétaire.

Du côté de chez Microsoft, on rue dans les brancards, et on prépare la riposte qui sera fatale à son adversaire. Non seulement la compagnie de Bill Gates diffuse également gratuitement son navigateur Microsoft Explorer, mais elle décide d’intégrer le logiciel dans son système d’exploitation Windows 95. Le rival est proprement éjecté des ordinateurs de la majorité des utilisateurs. Netscape, qui était un des pionniers d’Internet avec son Navigator, se retrouve marginalisé et finit par être racheté par AOL. Selon le dernier rapport d’Onestat.com daté d’octobre 2006, le logiciel de Netscape est maintenant utilisé par 0,12 % d’internautes dans le monde.

FIREFOX, UN LOGICIEL LIBRE, GRATUIT, OUVERT

Microsoft semble définitivement débarrassé de Netscape. Oui, mais pas des ingénieurs qui ont créé Navigator. En 2003 naît la Fondation Mozilla, une structure à but non lucratif créée par d’anciens programmeurs de Netscape qui poursuivent leur travail de développement. Un peu plus d’un an plus tard, en octobre 2004, Mozilla lance un navigateur baptisé Firefox, un logiciel libre, gratuit, ouvert et élaboré de manière collaborative.

Firefox est une réussite. Il a intégré les évolutions des usages des internautes comme les aides à la navigation que sont les onglets, les moteurs de recherche intégrés dans la barre de navigation. Les internautes, infidèles par nature, adoptent rapidement ce logiciel à l’ergonomie plus aboutie. Selon une étude Xiti Monitor datée de l’été 2006, le taux d’utilisation de Firefox dépasse 21 % sur l’ensemble des pays européens étudiés. En Finlande et en Slovénie, le taux dépasse 35 % ; en Allemagne, il tourne autour de 30 %. La France est dans la moyenne européenne, avec près de 20 % d’utilisateurs. C’est aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et au Danemark que la pénétration du logiciel est la plus faible, avec environ 12 %.

Sur le marché mondial, Onestat.com relève que 11,49 % des internautes utilisent Firefox, 85,85 % d’entre eux demeurent sur Internet Explorer, contre 1,61 % sur Apple Safari et 0,69 % sur Opéra. Une brèche se développe dans la domination d’Explorer, la seconde bataille du navigateur est ouverte.

MICROSOFT RIPOSTE AVEC IE7

Il a fallu deux ans à la firme de Redmond pour élaborer une nouvelle version de son navigateur, susceptible de freiner l’hémorragie des utilisateurs. La version 7 s’inspire beaucoup des innovations développées par Mozilla. Explorer s’est donc doté d’un système de navigation par onglets, d’un lecteur de flux RSS, d’un nouveau système de gestion des favoris et de l’historique. « C’est bien de voir qu’Internet Explorer adopte des fonctionnalités que nous avons contribué à populariser », a déclaré Christopher Beard, vice-président des produits Mozilla à la sortie d’IE7.

« Il serait malhonnête de ne pas reconnaître que nous avions un certain retard », concède Nicolas Mirail, chef de produit chez Microsoft France. Les innovations de Firefox sont maintenant présentes sur IE7. « Mais nous avons vraiment mis l’accent sur la sécurité, poursuit-il, les internautes sont sensibles à ces questions. Contrôle des pop-up, système anti-phishing… nous avons considérablement réduit la surface d’attaque de notre navigateur. » Microsoft a également innové avec un système d’alertes sous forme de codes de couleur qui indiquent à l’internaute la fiabilité d’un site.

Pour Tristan Nitot, directeur de Mozilla Europe, le discours pro-sécurité de Microsoft n’est que de la poudre aux yeux. Selon lui, Explorer demeure le navigateur le plus attaqué car il est le plus faillible. Dans sa version 2, officiellement lancée le 24 octobre, Firefox a amélioré sa gestion des onglets avec un bouton de fermeture et la possibilité de les faire glisser. Le navigateur s’est également doté d’un correcteur orthographique, d’une protection anti-phishing. L’intégration des moteurs dans la barre de recherche est désormais plus simple. Concernant la réforme de la gestion des marque-pages, il faudra attendre la version 3.

Firefox 2.0 est téléchargeable gratuitement et sans condition en près de 40 langues, la version finale d’IE7 est également gratuite en anglais, mais seuls les titulaires d’une version officielle de Windows XP ou prochainement de Windows Vista pourront l’utiliser. Microsoft n’est pas une association à but non lucratif. Les internautes qui ont acheté un système d’exploitation plus ancien devront migrer pour profiter des progrès du nouvel Explorer.

Eric Nunès pour le journal Le Monde

Avec sa nouvelle version, Firefox veut briser le monopole d’Internet Explorer de Microsoft

Le navigateur Firefox, issu de la fondation Mozilla – une communauté de développeurs de logiciels libres, ouverts et gratuits -, entend bien continuer à bousculer le monopole exercé par Internet Explorer (IE) de Microsoft et à gagner des parts de marché.

Une mise à jour vient d’être publiée : Firefox 2. Elle comprend notamment un correcteur orthographique et un système permettant d’avertir l’utilisateur qu’il s’apprête à entrer sur un site Internet jugé douteux.

Créé en 2004 par une communauté internationale de contributeurs, Firefox a été lancé à l’automne 2004. Il a séduit d’emblée les internautes grâce à de nombreuses innovations.

« Face à la suprématie d’Internet Explorer, Firefox a représenté une alternative technique importante », explique Mathieu Llorens, du cabinet d’analyses Xiti.

Parmi les innovations apportées par Firefox 1 : la navigation par onglet qui permet d’ouvrir plusieurs sites sans relancer à chaque fois le navigateur ; une barre de recherche permettant un accès direct par exemple à Google sans avoir à taper l’adresse de ce site ; la possibilité pour l’internaute, abonné à un site, de récupérer sur son ordinateur des titres d’articles de manière automatique et en temps réel sans avoir besoin d’aller sur le site en question.

RÉPLIQUE DU LEADER MONDIAL

« Passé l’effet médiatique du début, on a constaté au fil des mois que la progression de Firefox ne se tassait pas », reconnaît M. Llorens. Selon Tristan Nitot, président et fondateur de Mozilla Europe, Firefox détient 15 % du marché mondial.

En Europe, la part de marché avoisine 22 %, contre 77 % pour Microsoft. Dans certains pays, comme la Slovaquie ou la Pologne, la barre des 30 % a été dépassée. En France, elle atteint quasiment 20 % selon les chiffres de Xiti arrêtés à septembre.

Cette percée a conduit Microsoft à réagir. « Firefox a été un bon aiguillon », reconnaît Eric Boustouller, PDG de Microsoft France. Il y a une semaine, le leader mondial des logiciels a sorti Internet Explorer 7. « Nous avons apporté beaucoup d’innovation et nous ne nous arrêterons pas là », prévient M. Boustouller.

Le navigateur de Microsoft intègre désormais, lui aussi, la navigation par onglet, plus de sécurité, ainsi que la possibilité d’ouvrir sur une seule page l’ensemble des sites ouverts. Reste à savoir si Microsoft récupérera les parts de marché perdues ou si Firefox continuera sur sa lancée.