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Posté par le 20 novembre 2011 dans Entomologie

Appel aux experts: 10 questions à propos des punaises de lit

morsures nocturnes

Ce billet fait directement suite à mon dernier article sur le mystère des morsures nocturnes et la piste des punaises de lit. Alors, avis aux néophytes s’intéressant à ce sujet/phénomène, je vous recommande de lire l’article en question avant de vous gratter la tête avec des questions dont je n’ai pas encore de réponses. En effet, mon article précédent se veut substantiel, or j’espère avoir beaucoup dévoilé quant à la nature des punaises de lit et les interactions avec leurs victimes.

Le retour en force des punaises de lit dans les métropoles du monde est un réel défi en terme de gestion pour les autorités municipales. Or, pour mieux combattre cet ennemi, il est essentiel d’avancer les recherches et partager notre savoir afin de toujours mieux comprendre la biologie des punaises de lit. Pour ma part, ayant donc fait état de mes connaissances actuelles au sujet du problème, je fais maintenant appels à la magie du Web pour m’aider à résoudre notre casse-tête. Voici donc une liste de questions ouvertes auxquelles je n’ai toujours pas de réponses. Je souhaite ainsi que ce billet finisse par interpeler des experts pour nous faire évoluer vers des solutions.

  1. Dans mon dernier article sur les punaises de lit, je parlais de kairomones guidant l’insecte jusqu’à sa proie. De quel kairomones est-il donc exactement question ici? Et comment pourrions-nous synthétiser ces molécules en laboratoire? Serait-il possible d’utiliser ces molécules pour faire des pièges attractifs efficaces?
  2. Du temps où j’étais exterminateur, en observant les endroits où se concentraient des excréments des punaises, particulièrement dans le cas ou il y avait un seul individu (cas de punaises furtives), il me parut plausible que ces insectes arrivaient à revenir dans la même cachette après un repas sanguin. Alors, j’en déduis que l’insecte pourrait chimiquement reconnaitre la piste vers «sa» cachette. Si cela s’avère fondé, nous pourrions aussi synthétiser la phéromone de cette piste afin de pouvoir agglomérer les punaises en des endroits précis. Or comment pourrions-nous prouver ce phénomène et découvrir les phéromones en cause?
  3. Étant donné que des scientifiques travailleraient à synthétiser une phéromone d’alerte, quel est donc l’objectif de vouloir faire fuir les punaises d’un lieu infecté… vers d’autres logements?!?
  4. Considérant que le sang d’humain est pratiquement comparable à n’importe quel sang de mammifère, est-il possible que les punaises de lit puissent se nourrir sur des animaux domestiques tels que les chiens et les chats? Et si cette possibilité s’avère confirmée, comment expliquer la préférence spécifique des punaises pour le sang des humains et des chauves souris?  Advenant que la punaise perde accès aux humains, peut-elle détecter un autre mammifère et se rabattre sur lui afin de survivre? Considérant que la punaise de lit était originalement un parasite de la chauve-souris (en effet, il y a quelques dizaines de millions d’années quand nous étions des hommes de cromagon, la punaise s’est développé un goût pour le sang humain. À ce moment, nous  partagions le même habitat que les chauve-souris pour dormir, c’est-à-dire les cavernes), est-il possible que les punaises puissent encore muter en s’attaquant à de nouveaux mammifères? (À cet effet, lire mon article Les préceptes de la lutte intégrée pour mieux saisir les capacités d’adaptation des êtres vivants)
  5. Dans la même logique d’adaptation/évolution et suivant l’exemple récent d’une espèce de papillon en Sibérie devenue hématophage, se pourrait-il qu’il entre aussi dans l’équation du mystère des morsures nocturnes l’action d’un arthropode encore inconnu? (Genre d’une espèce de collembole ou d’acarien quelconque)?
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  6. Considérant l’augmentation croissante et tout aussi mystérieuse des cas d’asthme et d’allergie dans les villes industrialisées, se pourrait-il que les rougeurs nocturnes soient en fait des réactions allergiques envers des agents (voir un ensemble de facteurs) toujours non identifiés.
  7. Considérant que certaines personnes ne développent aucune réaction lorsqu’elles sont piquées par des punaises, est-il possible de développer un sérum pour désensibiliser les personnes allergiques à ces piqûres?
  8. Considérant que le schéma de piqûres en série (le fameux «collier de perle» dont je parle dans mon dernier article) est une signature d’une piqûre de punaise, ce dessin est-il le fait d’un seul individu piquant à plusieurs reprises durant un repas  ou celui de plusieurs punaises piquant tous à l’endroit du repli entre la surface du matelas et la peau? Est-ce qu’une seul punaises peut faire plusieurs piqûres durant un seul repas sanguin?
  9. Comment expliquer scientifiquement que la punaises de lit, contrairement aux moustiques, ne puisse transmettre aucune maladie d’un individu à un autre?
  10. Considérant les nouvelles résistances recensées des punaises aux pyréthrinoïdes, quelle sera la prochaines grande famille de pesticides pour lutter contre les infestations de punaises?

Alors, je vous écoute: place aux experts!

Le mystère des piqûres nocturnes durant notre sommeil… sur la piste des punaises de lit

En complément nécessaire à ce billet, lisez mon article Le mystère des piqûres nocturnes durant notre sommeil… sur la piste des punaises de lit

Notre vie difficile et troublée a plus que jamais besoin d’images sereines. Plus que jamais nous aimons un certain romanesque scientifique, figuré sur les pages des belles entomologies, avec tous les attraits d’une féerique vérité
-Colette

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