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Posté par le 14 novembre 2006 dans Histoire

France et Québec : tirs croisés

Fusion des drapeaux du Québec et de la France

Étant donné que je tiens à rapprocher la France du Québec et vice-versa, je vous fais part ici d’une synthèse rapide comparant les deux « nations » ; l’exercice étant mon résumé de lecture de l’excellent livre dénommé France et Québec: portraits croisés.

Pile-Face France et Québec : Portraits croisés

L’idée pour moi est d’intégrer totalement cette matière pour mieux comprendre la relation de la France avec le Québec, pour après, appuyer historiquement le développement de mes analyses et opinions. Libre à vous d’en faire autant. Ah oui, cet article fait aussi la liaison entre le précédent sur la francophonie dans le contexte international et le succédent introduisant mon projet de délimiter une zone française dans mon quartier du Plateau Mont-Royal.

Comparatif entre le Québec et la France


Géographie

Situés de part et d’autre de l’Atlantique, à environ 3500 kilomètres de distance, la France et le Québec possèdent des caractéristiques géographiques et humaines très différentes. Il ne suffit pas de partager majoritairement la même langue ; comprendre la France pour un québécois et appréhender le Québec pour un français signifie qu’il faut prendre conscience des particularités propres à chacun. Avec une population québécoise de plus de 7,5 millions d’habitants et une population française dépassant les 62 millions, le contraste est fort entre le « désert » québécois, peuplé de 5 habitants au kilomètre carré, et la « fourmilière » française avec ses 108 habitants au kilomètre carré. Avec 3% des réserves mondiales d’eau douce, le dixième du Québec est recouvert par des lacs et rivières. Mais c’est surtout les 750 000 km² de forêts qui occupent le territoire québécois, soit 50% de son territoire entier. La France elle, se rattrape avec ses 5500 kilomètres de côtes maritimes. Aux contrastes de peuplement et de paysages s’ajoutent ceux du climat. Ceux-ci ne proviennent pas des écarts d’altitude ni des différences de latitude : Montréal est à la latitude de Lyon, Québec à celle de Nantes tandis que Paris est aussi nordique que Saguenay. La douceur relative du climat français tient à son environnement maritime réchauffé par le Gulf Stream, tandis que le Québec est soumis, l’hiver, à la rude influence de l’air subarctique s’infiltrant dans les masses continentales par la Baie d’Hudson. (petite incise de ma part ici, le réchauffement climatique étant plus rapide dans le nord du Québec (l’arctique) que partout au monde, le Gulf Stream pouvant s’arrêter à cause de la fonte actuelle de la calotte glacière, le scénario catastrophique de voir prochainement les climats de la France et du Québec s’inverser est possible).

Une histoire commune

C’est le navigateur Malouin, Jacques Cartier, qui en 1534, découvre la voie vers le nouveau continent. Mais il faudra attendre 1608 pour que les Français s’y installent vraiment, en fondant la ville de Québec, une forteresse naturelle contrôlant l’entrée en Amérique. Ainsi, se dessine, depuis Québec, le premier empire colonial français, tout aussi vaste que lointain. Au moment de sa plus grande extension, la Nouvelle-France s’étendait de la péninsule du Labrador jusqu’au Golfe du Mexique. Toutefois, le territoire conquis n’est réellement habité que dans la vallée du Saint-Laurent, zone concentrant les neuf dixièmes des colons français en amérique. Le commerce de la fourrure provoquera des rivalités avec les colons anglais, rivalités qui seront aiguisées par les guerres qui opposent en Europe la France à l’Angleterre. A plusieurs reprises, des coalitions anglo-américaines attaquent la Nouvelle-France, sans succès. Mais en 1759, la situation change, les anglais conquiert la ville de Québec, et par le traité de Paris en 1763, la France cède officiellement le Canada à l’Angleterre. Chassée par l’Angleterre, la France prendra sa revanche en soutenant activement l’indépendance de la république américaine. Toutefois, Bonaparte concrétisera définitivement la fin des prétentions françaises en Amérique, vendant la Louisiane en 1803 à cette toute nouvelle nation naissante… les Etats-Unis d’Amérique. En 1840 au Canada, les canadiens français étant devenus minoritaires par rapport au peuplement anglophone, l’acte d’union est proclamé, consacrant l’administration politique à la majorité démographique. L’article 41 de la loi de l’union proclame l’anglais comme langue officielle du Canada. Or, déjà exclu du commerce par les britanniques, les canadiens français s’enracineront dans une culture agricuturiste et religieuse (jusqu’à la révolution tranquille en 1960). Paradoxalement, c’est l’église catholique qui va contribuer à pérenniser le français au Québec, en isolant sur eux-même les Canadiens français.

Le territoire de la Nouvelle-France était constituée des régions suivantes : l’Acadie, le Canada, la Louisiane et Terre-Neuve. À son apogée, il comprenait ainsi le bassin versant du fleuve Saint-Laurent, des Grands Lacs et du Mississippi, le nord de la Prairie, la péninsule du Labrador, le pourtour de la baie d’Hudson, la région du lac Winnipeg et de la rivière Saskatchewan et la vallée de l’Ohio.

Premières retrouvailles : Le voyage de La Capricieuse

C’est en 1855 que la France reprend pour la première fois contact, officiellement, avec le Canada. En effet, une corvette française, La Capricieuse, remonte le Saint-Laurent. Sa mission, en principe purement « commerciale et sans caractère diplomatique », prendra vite une tournure différente tant l’enthousiasme qu’elle suscite dans la population est important. De nombreux Canadiens français y voient en effet le « retour symbolique de la France sur les bords du Saint-Laurent » et partout sur son passage, ne sont qu’acclamations, feux de joie et banquets. Toutefois, ces grandes retrouvailles n’ont pas beaucoup d’effets durables, si ce n’est la mise en place d’un consulat français à Québec.

France Québec

Le lointain phare français

Il faudra donc attendre encore un siècle pour vraiment reprendre contact. En effet, vivant une période de forts troubles politiques et sociaux (Commune de Paris en 1871) la France prendra un nouvel essor en concrétisant la IIIe république. En conséquence, le parlementarisme en France sera à son apogée, la liberté syndicale sera reconnue, l’école devient obligatoire et gratuite, l’on procède à la séparation de l’église et de l’état. D’ailleurs, ces mesures anticléricales de la IIIe république font fuir plusieurs prêtres français vers le Québec. Or, ces religieux français émigrés au Québec, qui se tailleront une place de choix dans l’éducation, alimenteront cette perception défavorable d’une France républicaine et athée. Ainsi, sous la férule de l’Eglise catholique, les canadiens français seront isolés des idées révolutionnaires venues de la France républicaine.

La révolution tranquille

Mais tout change radicalement en 1960, avec l’élection au Québec de Jean Lesage comme premier ministre. D’un nationalisme de repliement sur soi basé sur la langue et la foi, les québécois passent à un nationalisme progressiste, d’affirmation francophone, et à une modernisation accélérée basée sur le modèle de l’état-providence dans le domaine économique et social : c’est ce qu’on a appelé la révolution tranquille. Le français devient une arme de combat et le symbole de la libération. La province de Québec devient le Québec, les canadiens français deviennent les Québécois. Cette question de langue devint à la fois une question idéologique, démographique, scolaire, économique et politique. En quelques années, les plus grands retards sont comblés. La fonction publique est réorganisée, des mesures de sécurité sociale parmi les plus avancées sont édictées, le ministère de l’éducation est créé et le système scolaire est réformé. Au niveau économique, le secteur hydroélectrique est nationalisé et des sociétés d’économie mixtes permettent à l’état d’intervenir dans l’économie. Le Québec s’ouvre également au monde, en particulier à la francophonie et à la France. L’ouverture de la délégation générale du Québec à Paris en 1962 marque le départ de nouvelles relations entre la France et le Québec. La France se présente alors comme une alliée inconditionnelle du Québec, attribuant entre autre, un statut particulier au consulat général de France à Québec. En effet, ce dernier et la DGQP relèveront directement du ministère des affaires étrangères à Paris, et non plus de l’ambassade de France à Ottawa.

Vive le Québec Libre

Vive le Québec Libre

Mais c’est surtout en 1967 que la France catalysera le Québec, lors d’une visite d’État au Canada du président français Charles de Gaulle, lorsqu’à Montréal, devant une foule de plus de 100 000 Québécois, il ponctua son discours d’un retentissant : « Vive Montréal, vive le Québec… Vive le Québec libre! », salué par une ovation générale.

Image de prévisualisation YouTubeVive le Québec Libre !!!

Cela déclencha une crise avec le gouvernement canadien. À la suite du discours de De Gaulle, qui contenait un certain nombre de clins d’œil (« Mais après tout, on se sent chez soi, ici », « Je vais vous confier un petit secret que vous ne répéterez à personne : sur mon chemin, j’ai vu une atmosphère qui m’a rappelé celle de la Libération »), le Premier ministre canadien, Lester B. Pearson déclara ces propos « inacceptables ». De Gaulle fit répondre que le mot inacceptable était lui-même inacceptable et annula unilatéralement la visite prévue à Ottawa. Il déclara d’ailleurs dans la foulée de cette visite au Québec, « je leur ai fait gagner 30 ans ». Le gouvernement d’Ottawa dut dès cette époque traiter avec une attention particulière les revendications du Québec, qui, fort de cet encouragement qui laissait présager un soutien fort de la France si besoin, commença à parler de faire sécession. (D’ailleurs, pour en apprendre davantage sur le rôle secret qu’à joué la France pendant les deux référendums sur la souveraineté du Québec, je vous conseille de lire Enquêtes sur les services secrets de Normand Lester).

Le Québec otage des ses alliés
Deux livres des plus instructifs
Normand Lester - Enquêtes sur les services secrets

Aujourd’hui

Bien sûr, la coopération franco-québécoise est la pierre angulaire de la diplomatie du Québec. Cela tient évidemment au partage de la même langue, cœur de l’identité des deux peuples, mais aussi à des objectifs communs, sur les plans sociaux et économiques notamment. Effectivement, en consacrant une bonne part de leur budget respectif aux services sociaux : retraite, soins de santé, indemnisations de chômage et autres revenus de substitution, les gouvernements québécois et français sont ancrés dans le même modèle, un modèle qui centre l’Etat comme garante du mieux-être de nos collectivités (à cet effet d’ailleurs, le Québec est la société la plus taxée d’Amérique du nord). Ainsi, non seulement ce modèle socio-économique doit être protégé, mais il y a des actions que nous pourrions mener ensemble dans d’autre pays. Entre autres, des missions commerciales où on présenterait la France et le Québec comme les portes d’entrée de l’Europe et de l’Amérique. Bref, la France et le Québec sont unis pour la francophonie… unie pour la promotion d’un nouveau modèle de mondialisation solidaire en opposition avec le modèle individualiste anglo-saxon.

Quand j’aurai appris qu’une nation peut vivre sans pain, alors je croirai que les Français peuvent vivre sans gloire
Napoléon Bonaparte

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8 Commentaires

  1. Salut Carl,

    JP essaie de communiquer avec toi par courriel. SVP donne-moi ton adresse afin que je la lui transmette. Tu ne dois pas pouvoir récupérer tes messages dans ta boîte de videotron ?
    Rapidement, tes textes sont supers, je les communique aux rédacteurs que je connais. Je te ferai part de leurs commentaires.
    Encore bravo !

  2. HUG!!! CHER AMI OPPROME CARL,
    alors c’est quand ton appel à la résistance?
    au faite t’es toujours à parmi nous à Paris.
    amicalement,
    Hakim

  3. Salut Hakim,
    Merci pour le petit mot, cela fait toujours plaisir.
    La résistance… he bien, je ne fais que ça, je suis un moudjahidin dans l’ame ; et nous avons besoin de relève au Québec Hakim 🙂

    Je pars faire un petit tour de l’Europe le 17, et je reviens à Paris le 29… le temps de faire mes revoir à la ville lumière. D’ici là, je suis débordé, mais j’irai peut-être au party de Québécois ce soir. (www.quebecois.eu)

    Peut-etre à bientot alors.
    Carl

  4. Indépendance ; Bientôt pour le québec, on est en 2010 et aucun signe d’indépendance 😉 lol

  5. Nul part dans le monde Caro, la naissance d’un pays n’aura été le résultat d’une volonté instantanée.

    Ce genre de projet peut même se développer sur plusieurs époques.

  6. Salut Carl,

    pour reprendre ce que disait Caro, crois-tu vraiment en la souveraineté du Québec ? à mon avis si les Québecois avaient RÉELLEMENT voulu être souverains ça se serait fait soir en 1980 soit en 95 tu crois pas ?
    et puis la distance qui sépare Québec et la France 3500 km ? je sais que je suis pas fort en maths mais ça se rapprocherait pas des 6000km ? 🙂

  7. Désolé, mais depuis les fusions municipales, Québec est la plus grande ville du Québec et pour ce qui est de la superficie de la province elle est 1,667,441 kilomètre² mon ami. Retourne faire tes devoirs.

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