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Posté par le 13 février 2013 dans Politique municipale, Projet Montréal

Le déficit démocratique de Projet Montréal dans le Plateau-Mont-Royal

rupture démocratique

Une réflexion sur la capacité des citoyens de pouvoir s’exprimer politiquement

Quel que soit le résultat d’une élection et du pourcentage de votes obtenus, quels que soient les raisons et le programme ayant amené des citoyens à avoir été élus comme des représentants politiques, le sens commun en démocratie implique de gouverner pour tout le monde! Conséquemment, les décisions des élus doivent être orientées dans la recherche du plus grand objectif commun.

La démocratie ne consiste pas seulement à voter à chaque élection, c’est une valeur intrinsèque et un comportement en soi. Bien sûr, une élection aidera à déterminer la popularité des idées majoritaires à un moment précis. Puis, l’exercice électoral permettra de mettre à l’ordre du jour un programme politique donné. Mais gagner une élection ne devrait pas pour autant être interprété comme un chèque en blanc accordé aux élus.

Durant un mandat politique, le sens démocratique amènera la recherche et l’élaboration d’un consensus populaire avant d’entreprendre des changements importants. C’est d’autant plus vrai au niveau municipal quand il est question de modifier l’environnement immédiat des citoyens dans un secteur précis d’un quartier; particulièrement quand le projet n’a pas été précisément abordé lors des élections.

Refuser de communiquer les projets en amont de leur implantation brise la relation de confiance des citoyens avec leurs élus. Daigner consulter les citoyens impactés par des projets est un mépris de la démocratie. Il y a un monde entre la théorie et la pratique. Or, ce n’est pas parce qu’un projet est bon sur papier qu’il n’engendrera pas des conséquences négatives une fois ce projet réalisé. Si bien qu’avant de modifier un milieu de vie, une administration démocratiquement responsable devrait consulter les résidants interpellés par ces projets afin de considérer les impacts et résoudre les problèmes avant qu’ils se matérialisent.

Quatre ans dans la vie d’une ville c’est court. Si bien qu’il est faux de croire que minimaliser les communications et consultations avec les citoyens ralentirait la mise en cours du progrès. Au bout du compte, même si un projet prend davantage d’énergie à se générer parce qu’il implique davantage d’intervenants, le consensus nous permet d’avancer plus longtemps. Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin!

Parce que la société est toujours en évolution, les solutions en politiques ne sont pas fixes dans le temps. Ainsi, il faut pouvoir assurer aux citoyens une certaine participation aux débats politiques pour que les décisions des élus aillent dans le sens de l’intérêt de la majorité. Ce mode de communication est un processus fondamental dans l’intelligence collective d’une société démocratique; car, du choc des idées naissent les meilleures solutions.

En ce sens, un adversaire politique ne devrait pas être considéré comme un ennemi; mais bien un partenaire du débat démocratique. Ainsi, il faut savoir écouter les idées de nos «adversaires» politiques; même les opinions pouvant paraitre à l’opposé de ce que nous défendons de prime abord. Effectivement, cette dynamique diminue les tensions entre les divers groupes d’intérêts et favorise le maintien de la paix sociale. La qualité de vie dans un environnement donné, c’est aussi la manière comment les gens communiquent entre eux.

L’expérience de l’Administration Ferrandez dans le Plateau-Mont-Royal

Dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, la volonté du maire à vouloir réaliser seul et rapidement ses projets fait qu’il n’y a pas de réel exercice de construction du consensus. Pourtant, cet exercice aurait permis une meilleure compréhension des décisions de l’Administration, à des ajustements nécessaires en cours de projet, voire l’acceptation des changements par la population, de façon naturelle. Malheureusement, nous assistons plutôt à une polarisation entre les partisans du maire, toujours plus sectaire, et les opposants, hétéroclites, mais toujours plus nombreux. Le ressac de l’opinion publique à l’égard de Projet Montréal dans le Plateau inquiète le membre fondateur en moi; car je crains qu’à la prochaine élection le bébé soit jeté avec l’eau du bain. Or si cela devait arriver, je me demande combien d’années il faudra à la population du Plateau pour redonner sa confiance démocratique à des progressistes.

stationnement

À titre d’exemple, si l’administration Ferrandez s’appuyait vraiment sur des valeurs démocratiques, elle n’aurait pas imposé des vignettes de stationnement en éliminant le processus de sondage… du surcroît sans consulter les élus du district concerné. Subséquemment, nous n’aurions d’ailleurs pas reçu de blâme par l’Ombudsman à cet effet.

Autre exemple ici: la réunification du parc Baldwin. Comment dire, si je conviens que ce projet est de mon goût, j'aurais tout de même souhaité consulter les citoyens concernés avant les travaux. Comment dire qu'après avoir imposé des vignettes dans ce secteur, ce n’était pas winner d'imposer ce projet. Mais puisqu'il est question de mon district, pas besoin de prendre en compte mon avis

Autre exemple ici: la réunification du parc Baldwin. Comment dire, si je conviens que ce projet est à mon goût et s’inscrit dans ma propre vision de la ville, j’aurais tout de même souhaité pouvoir consulter les citoyens concernés avant l’arrivée des travaux. Comment dire qu’après avoir imposé des vignettes dans ce secteur, ce n’était pas politiquement «winner» d’imposer ce projet. Mais puisqu’il est question de mon district, pas besoin de prendre en compte mon avis de représentant élu.

En la capacité des élus de s’exprimer :

Ce n’est pas la Loi sur les fusions en 2001 qui a créé des quasi-villes dans les arrondissements, mais bien celle de 2005 qui, en voulant faire  taire des voix, a créé un tout autre problème. Car, en transformant les « présidents » d’arrondissement en maires d’arrondissement avec un pouvoir exécutif quasi illimité, cela aura généré un déficit démocratique au sein des élus… même entre ceux issus de la même formation de parti :

  • Difficile pour un élu de district de faire entendre sa voix auprès de l’Administration, car le pouvoir exécutif se trouve dans les mains du maire d’arrondissement.
  • Difficile pour un élu de district d’accéder à des données pouvant expliquer les décisions ou les orientations des fonctionnaires, d’où une demande d’accès à l’information ici.
  • Difficile pour un élu d’accéder à des ressources techniques et financières pour être en mesure de faire son travail et de bien servir ses citoyens (Les attachés politiques de l’arrondissement travaillent pour le maire)
  • Pires encore, quand des décisions sont prises par d’autres élus que ceux du district… de nouveaux porte-paroles peuvent court-circuiter les relations démocratiques entre la population et leurs représentants locaux. C’est d’ailleurs exactement ce que j’ai vécu à plusieurs reprises dans l’administration Ferrandez.

En la répartition des services sur le territoire de l’arrondissement:

Ma dernière expérience dans l’administration Ferrandez me suggère qu’il y deux classes de citoyens dans le Plateau-Mont-Royal: Les citoyens du Mile End, puis les autres dans l’Est. Tout au long de mon mandat actuel, les résidants comme les élus de mon district ont été considérés comme des citoyens de seconde classe par l’administration en place.

À cet effet, citons au passage ce plan d’apaisement de la circulation implanté dans le district Mile End sans la moindre considération de ses impacts dans le district de DeLorimier. Ensuite, le refus de prendre en compte la répartition équitable des PTI (Plan triennal d’investissement) entre les trois districts. Puis le nombre disproportionné de fonctionnaires qui travaillent à des projets d’urbanisme pour le Mile End alors qu’il nous est impossible d’en avoir un seul dédié à la  requalification de l’Est. Rajoutons la nomination du conseiller d’arrondissement du Mile End en tant que maire adjoint alors que ce poste, purement symbolique dans les autres arrondissements, pourrait être partagé en rotation parmi les autres élus. Et comment expliquer la sécurisation de la piste cyclable Rachel avec un large terreplein, bien que payé avec des millions de la Ville Centre… s’arrête brusquement à la rue Christophe-Colomb (la frontière avec mon district) ?

Examen de conscience

En résumé, ce déficit démocratique démontre à mes yeux que Projet Montréal est un Parti peu pragmatique et doctrinaire, qui au final manque de transparence et ne rend pas de comptes. Fort d’un énorme travail ayant abouti à un programme consistant pour l’avenir de Montréal, plusieurs intellectuels de Projet Montréal pensent détenir «la vérité». Ils veulent notre bien… et ils l’auront avec ou sans l’avis de la population. Bref, c’est une organisation qui avance sans consulter les résidents.

Parallèlement dans le Plateau-Mont-Royal, le maire Ferrandez gère son cabinet politique comme une équipe en gestion de projets… à l’instar de son expérience dans le privé. Or, le paradoxe ici c’est qu’au nom du progrès nécessaire et souhaité… les valeurs démocratiques passent finalement en second plan. Tellement, que je commence vraiment à me demander si Projet Montréal est réellement un parti de gauche. En ce sens, les membres de ce Parti devraient faire un examen de conscience quant aux notions démocratiques et à l’orientation que prend leur formation politique. Car en définitive, le caractère des partis politiques évolue toujours en fonction de la nature des membres quittant et/ou intégrant le groupe. Et comment dire, si une masse critique de membres portant des attributs communs se concentre trop, la formation en arrive à devenir sectaire et déconnectée de la conscience majoritaire. Une résultante jamais gagnante en démocratie.

Pour terminer, vous aurez ainsi compris que je ne me reconnais plus dans cette organisation politique. C’est d’autant plus dommage que personnellement, c’est un parti dans lequel je me suis intensément investi dès sa fondation.

Aussi bien intentionné soit-il, aucun projet à la pièce ne peut s’inscrire dans l’intérêt commun s’il ne s’arrime pas dans une vision d’ensemble.

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3 Commentaires

  1. À quoi ça sert d’offrir la possibilité de laisser un commentaire, si on ne peut pas laisser de commentaire (la capacité technique de l’écrire puis de cliquer « Poster » n’est PAS l’exercice de poster un commentaire : ce dernier se concrétise normalement en voyant le commentaire dans le blog ou le fil de discussion)? Et vous nous parlez de « déficit démocratique »? L’ironie est savoureuse… Un sarcasme de votre part? Bonne continuation…

  2. Ah bien là ça marche… Il faut croire que c’est le moteur de votre site qui fait de l’humour à votre insu! 🙂

    Bon « re » voici mon premier commentaire, pour ce que ça peut valoir…

    La politique d’apprenti-aristocrates à deux balles se donne bien du souci pour faire semblant d’être démocratique!… C’est une question d’individus et d’éducation, pas de parti politique et encore moins de quelque « Sélection Naturelle » (ou de Dieu pour ceux que cela interpelle, l’idée restant la même) se choisissant son totalitaire de service! Car si c’est l’idée qu’on s’en fait comme en un certain néoconservatisme néo-darwiniste, alors l’intellectuel, le vrai, devrait aisément constater que c’est le citoyen qui choisit, et qu’ainsi c’est lui qui devrait être ce fantasme de Dieu selon la logique des « pseudo » devenus désaxés! ;-)… Est-ce en un tel dogmatisme, que l’on caresse ces vanités sur lesquelles surfent une poignée de pseudo-intellectuels ignares de par leur suffisance, s’auto-proclamant ainsi « élite infaillible » et à l’antipode de nos réalités humaines? Depuis que le Québec ne pense plus qu’au Canada au lieu de penser au monde, il semble tant se recroqueviller sur lui-même en tant que « tare » constitutionnelle, qu’on peut se demander si ce ne serait-ce pas là aussi qu’on en constate la déviance.

    Bonne continuation!

  3. Je suis franchement déçu de cette entrée de blogue.

    Vous continuez de polariser le débat, comme Projet Montréal le fait, en rajoutant une couche d’insulte par dessus! Pour vous, il y a les opposants à Ferrandez, et il n’y a que des « sectaires » qui approuvent. Wow! Quelle écoute!

    Je suis de DeLorimier, je ne suis pas un fan de l’administration actuelle, mais je suis capable de débattre avec des gens qui aiment des idées de Projet Montréal sans les insulter comme vous le faites! Sectaires… voyons donc. Les milliers de personnes qui sont « de leur bord » ne sont pas des fanatiques comme vous les dépeignez. C’est honteux pour quelqu’un qui critique le manque de communication.

    Et ça commence à être gênant votre mépris des gens du Mile-End. Ce quartier a longtemps été la poubelle du Plateau. Il n’y avait même pas de trottoir sur Gaspé! C’était le bon moment, un intérêt du privé pour s’installer dans le quartier, qui justifie les investissements. On aurait dû passer à côté de l’opportunité de garder des fleurons comme Ubisoft et d’attirer des centaines de bons emplois dans le quartier pour… quoi? Je travaille maintenant dans ce quartier, mais vous me dites que mon entreprise auraient dû s’installer dans Pointe-Saint-Charles parce que le Mile-End serait encore une poubelle?

    Vous le dites vous mêmes: 4 ans, c’est court court court. On a pris ce court laps de temps pour faire un quartier qui fonctionne, juste au bon moment, et qui donne des emplois de qualité à tout le Plateau. Pas besoin d’habiter le Mile-End pour en profiter. Qu’on le termine comme il faut, et on passera à d’autres gros projets ailleurs, et je suis certain que personne du Mile-End ne se plaindra que les investissements sont maintenant ailleurs.

    Vraiment déçu de votre attitude, et vraiment déçu de Danièle Lorain qui approuve ce texte en faisant sa publicité. On sait maintenant qu’on a deux choix sur le Plateau: être pro-Ferrandez, ou être anti-Ferrandez, et les guerres de districts. Moi qui pensait avoir trouvé des rassembleurs…

    Belle situation.

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