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Posté par le 1 avril 2009 dans Politique municipale

Le TAZ est de retour… mais les jeunes skaters demeurent encore négligés

le Taz... partie en fumée

J’ai eu la chance d’enseigner le roller au Tazmahal durant l’année avant sa fermeture (2000). Détruit afin d’accueillir l’actuelle Bibliothèque nationale, le Taz était alors un des skateparks les mieux renommés en Amérique du Nord… littéralement un temple mondial de la planche à roulettes à Montréal. À dire vrai, bien que je suis toujours passionné par le roller (en tant que moyen de transport urbain), je n’étais pas nécessairement à l’aise avec la modiste culture américaine des amateurs d’acrobaties. Mais bon, j’admettrai toutefois que les skateparks sont des aires positives pour la jeunesse.

En effet, à l’heure où les jeunes soufrent de plus en plus d’embonpoint (seul) devant leur télé, les skateparks leur offrent plutôt des lieux de rencontre sociale. Si bien que par la pratique d’activités sportives dans des lieux auxquels les jeunes se retrouvent entre eux, les skateparks contribuent à leur santé physique et psychologique… voire à l’intégration sociale des jeunes mésadaptés.

Or, huit ans après sa fermeture, après huit ans de  tergiversations politiques et de tracasseries bureaucratiques, le Taz a finalement rouvert cette année dans un tout nouvel endroit… un emplacement situé dans l’extrême nord de la Ville! De la sorte, si à l’époque, le Taz se targuait sur son site Web d’être en plein cœur de Montréal, il faudrait plutôt maintenant écrire: « Le Taz vous attend aux confins de la ville, en un lieu inhospitalier et inaccessible en roller, un endroit où vous ne dérangerez personne! ».

Alors, je vous avouerai être déçu de l’emplacement du nouveau Taz… d’autant plus qu’il aurait pu être à l’ancien incinérateur des Carrières (situé à la limite Nord du Plateau Mont-Royal). Effectivement, du moment où je travaillais au Taz, cet endroit avait été le lieu annoncé pour relocaliser le Taz (et nous aider à accepter notre fermeture). Bref, c’est donc dire qu’à la place du mur en béton séparant le Plateau de Rosemont/Petite-Patrie, il aurait pu y avoir une zone de liaison sociale consacrée à la jeunesse. Or, en plus de recycler avantageusement un monument historique délaissé à l’abandon, l’implantation du Tazmahal à cet endroit névralgique (un terrain vague à deux pas du métro Rosemont) aurait apporté de la vigueur à ce quartier par la venue de plusieurs milliers de jeunes par année dans une aire consacrée à l’activité physique.

D'ailleurs, moi-même, et quelques-uns des employés rêvions même de consacrer les deux immenses cheminées de l'ancien incinérateur à la pratique de l'escalade

D’ailleurs, moi-même, et quelques-uns des employés rêvions même de consacrer les deux immenses cheminées de l’ancien incinérateur à la pratique de l’escalade

Toutefois, des études pour connaître le taux de contamination de la bâtisse auront sans cesse retardé le projet… jusqu’à ce que le maire Tremblay annonce, lors d’une conférence de presse sur le programme Solidarité 5000 logements, la possibilité de construire des logements sur le site de l’ancien incinérateur des Carrières. « C’est un site qui est envisageable pour y construire du logement social », avait alors lancé le maire de Montréal ». En arrière du maire, le responsable des sports et des loisirs à la Ville de Montréal, Michel Prescott, nous assurait cependant « qu’il y aurait bel et bien un skatepark intérieur à Montréal ».

Il va sans dire… l’idée de construire du logement sur un site considéré trop contaminé pour l’établissement d’un skatepark en aura fait douter plus d’un… d’autant plus lorsque lesdits logements sociaux se sont vite avéré des condo$ cheap empilés au bord de la voie ferrée. Et d’ailleurs, comme l’a très bien écrit le chef de Projet Montréal en 2006, le nouveau Taz sur la rue Papineau est certainement un échec annoncé.

La rue Papineau est un très mauvais endroit où implanter le nouveau Taz. La documentation de la Ville parle du Pôle sportif du Complexe environnemental Saint-Michel – une bien étrange expression ! Pour cause, le tronçon concerné de la rue Papineau, du boulevard métropolitain à la voie ferrée du CN, est une véritable autoroute urbaine : quatre voies par direction, milliers de véhicules roulant à 70 km/h et plus, absence de trottoirs, talus antibruit haut de plusieurs mètres côté ouest, terrains vagues, là même où l’on veut construire le Taz, côté est. Il s’agit incontestablement de l’un des lieux les plus inhospitaliers de tout Montréal.

De surcroît, il n’est accessible ni à pied, ni à vélo. Pour s’y rendre, les jeunes auraient le choix entre l’auto et l’autobus 45-Papineau de la STM, lequel, en soirée, passe aux 20 minutes. L’option transport collectif est en fait beaucoup plus compliqué puisque la plupart des jeunes prendraient d’abord le métro, puis un premier autobus les amenant de la station Crémazie à la rue Papineau, enfin l’autobus desservant cette rue. Qui connaît l’environnement dantesque de l’intersection Crémazie-Papineau ne peut que prier pour qu’aucun jeune n’y rate sa correspondance. Bref, localiser le Taz à cet endroit constituerait un encouragement à la motorisation des jeunes.
– Richard Bergeron

Alors, voilà, l’histoire du Taz s’avère finalement un exemple modèle pour décrire les réelles priorités de l’administration du maire Tremblay. Évidemment, il n’est plus question d’amener le Taz aux abords du Plateau; mais tout de même, rien ne nous empêche d’aménager des zones pour les skateurs dans les parcs urbains. Et vous savez quoi, Projet Montréal le fera!

NB. En conclusion, je vous laisse ci-dessous, les propositions de ma collègue Florence en ce sens :

  • Il faut repenser la façon dont on aménage les lieux de skate.
  • Le pire exemple à ne pas répéter est le skate plaza sur Ste-Catherine sous le pont. Tout est fait pour que les skateurs désertent l’endroit.
  • Le pire dans tout cela c’est que l’arrondissement Ville-Marie prétend avoir consulté des skaters professionnels tout au long du processus. Si vous interrogiez ces gens, vous auriez un tout autre son de cloche.
  • C’est d’ailleurs Mr. Labonté qui était maire d’arrondissement à l’époque…
  • Il serait donc intéressant de réintégrer le skate dans les endroits publics, avec de l’art public ‘skatable’. En concertation (véritable!) avec les skaters.
  • Et ne plus donner de tickets de 620$ à des jeunes de 15 ans.
  • Dans le plateau, il n’existe pas de ‘skate plaza’. On pourrait en aménager dans tous les parcs…

Voici plusieurs images qui valent mille mots.

Ailleurs dans le monde :

On les appelle les ‘Do it yourself’. Les skaters, tellement tannés de la piètre qualité des aménagements fournis par la ville, ont littéralement construit cela de leurs mains, à leur goût. Évidemment, ce n’est qu’à la fin que la Ville a aidé.

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Portland

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Philadelphie

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Londres

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Skateable architecture, à Oslo

http://www.wired.com/culture/design/magazine/16-12/pl_design

Ce qu’on pourrait faire :

Exemples d’aménagements urbains skatables :

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Un plaza est un peu plus créatif et artistique que ‘skatepark’, comme vous pouvez le constater. Au départ il n’est pas installé pour satisfaire les skaters, mais pour aménager le territoire urbain. Cependant, les skaters en sont friands :

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Pendant ce temps, à Montréal :

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Exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Semble-t-il que ce n’est pas assez haut pour faire des ‘tricks’ intéressants.

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Au parc Olympique, cette entrée des joueurs (de soccer) est maintenant squattée par les skaters.

Une heure de skate-board est un bon remède contre les dégoûts de la lecture
-Anonyme

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