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Posté par le 18 octobre 2007 dans Politique nationale

«Plateau bashing» dans la Cyberpresse… À la défense de mon quartier

plateau-mont-royal

Un texte en réaction à l’article «banlieusard en tant qu’insecte» d’Yves Boisvert

Bien qu’ils se soient divorcés à ma naissance, mes parents m’ont donné un incommensurable cadeau en s’installant simultanément dans le Plateau Mont-Royal lors de mon 6e anniversaire (ma mère dans le Mile End et mon père dans le Petit Laurier). D’ailleurs, j’y habite toujours; et tant qu’à vivre en ville, je demeurerai fidèle à ce quartier… quartier que je considère littéralement comme une partie de moi-même.

Or, depuis quelques années, je me suis aperçu que certaines personnes du Québec ont développé une réelle animosité face au Plateau; du moins, à certaines perceptions évoquant mon quartier. Sincèrement, j’explique encore mal ce ressentiment, si ce n’est peut-être que certaines radiopoubelles fédéralistes tentent de nous diviser les uns contre autres. Il y a donc vraiment matière ici à plusieurs réflexions. D’ailleurs, si je peux arriver un jour à décrocher de mon blogue, je projette d’écrire un livre sur l’histoire socio-politique du Plateau Mont-Royal. Peu importe, En fin de semaine dernière, le Cyberpresse y est allé d’une série d’articles sur la rivalité de Montréal, Québec ville et les régions. Or, un article du journaliste Yves Boisvert, «banlieusard en tant qu’insecte», m’a profondément dégoutté.

Yves Boisvert, banlieusard en tant qu’insecte

Cliquez sur l’image pour agrandir l’article en question d’Yves Boisvert: Le banlieusard en tant qu’insecte

En effet, tentant le style ironique, ce dernier évoque allègrement ses préjugés à propos du Plateau-Mont-Royal. Or, cela crève les yeux, ce type est profondément envieux de notre qualité de vie, et fait une pathétique projection. Puis, le fondement structurant l’article ne colle pas à la réalité, soit, la supposée «obsession des plateaucentristes et autres piétons du Mile End pour les centres commerciaux» !?! Franchement M. Boisvert, non seulement nous avons tout ce que nous avons besoin à deux pas de nos demeures, mais en plus, nos divers commerces offrent des produits spécialisés. Alors, pourquoi irions-nous perdre du temps et de l’argent en essence pour magasiner des produits « cheaps » au-delà des ponts… d’autant plus que la grande majorité d’entre nous n’avons même pas de voitures.

Sincèrement, pour ma part, je n’ai jamais mis les pieds dans un criss de Wall-Marde de ma vie, (je ne sais même pas c’est où), puis, y’a rien au monde qui m’horripile plus que les centres commerciaux. (Vraiment, quoi de plus désolant que de voir déambuler des zombies consommistes au son d’une musique formatée). En plus, magasiner n’est même pas une activité pour moi. Concrètement, quand j’ai besoin d’un produit quelconque, c’est un prétexte pour aller prendre l’air et rencontrer des voisins sur le chemin.

Pis criss, ca fait plus de 25 ans que je suis dans le même environnement, j’ai été élu conseiller municipal… alors, je connais mon monde : puis je ne connais personne, mais vraiment personne du Plateau qui s’obsèderait pour magasiner dans vos centres d’achat!!! Votre histoire est une pure fabulation… je rajouterais même que c’est carrément malhonnête. Toutefois, au risque de vous paraître fendant, la vérité est que le contraire s’applique… en effet, il y a foule de banlieusards pour serpenter nos avenus commerciales, au grand plaisir de nos marchands d’ailleurs.

avenue mont-royal

Les commerces de l’avenue du Mont-Royal sont les premiers bénéficiaires de la popularité du Plateau. Puis, nous avons compris, ici, le principe «acheter c’est voter». En effet, nous priorisons la consommation d’achats locaux, quitte à enrichir les producteurs/commerçants de notre propre communauté. Si nous pouvions maintenant piétonniser l’Avenue Mont-Royal, ces commerçants auraient encore plus de succès (comme nous le démontrent abondamment les exemples européens).

Alors M. Boisvert, expliquez-moi s’il vous plaît les fondements de votre article. Est-ce ici une tentative ratée de faire dans l’humour gras ou de la pathétique projection? Puis franchement, quel est ce délire que nous aurions besoin de la banlieue pour « affirmer notre sentiment de supériorité culturelle et assouvir en cachette notre mauvais goût, notre consumérisme rampant, notre mauvaise conscience et nos vices qui font tourner l’économie ». Wow… avez-vous vraiment besoin de penser que toutes les communautés humaines sont corrompues pour arriver à vous regarder dans le miroir. Franchement, nous sommes simplement ce que nous sommes, nous faisons de notre mieux pour améliorer notre richesse collective, or nous n’avons pas besoin des autres communautés pour nous définir supposément supérieur… vous êtes formellement minable dans l’étalement brutal de votre complexe d’infériorité, M. Boisvert.

Le boulevard Taschereau

Non seulement Boisvert sous-entend que la population urbaine se masse secrètement aux abords du magnifique boulevard Taschereau pour aller magasiner, mais il ose sous-entendre que cet axe automobile vaut tout autant culturellement que l’avenue Mont-Royal. Est-ce ici de l’ironie ?!?

En terminant, puisque vous dénotez une ignorance volontairement crasse de mon quartier, puisque vous démontrez une grande rigueur dans vos propos journalistique, permettez-moi de parfaire vos connaissances entomologiques à propos de l’alimentation des fourmis et leur relation symbiotique avec les pucerons. En effet :

Les pucerons doivent ingérer une grande quantité de sève pour se procurer des acides aminés dont ils ont besoin. Ce liquide est pauvre en acides aminés et riche en sucre. Les insectes excrètent l’excédent de sucre par leur anus sous forme de miellat. En plus du sucre, ce produit contient plusieurs substances, dont des protéines. Le miellat sert de nourriture à plus de 246 espèces d’insectes, en particulier des fourmis, des diptères, des guêpes et des abeilles.
relation fourmis/puceron

La composition du miel de miellat est d’environ 16 % d’eau, 38 % de Fructose, 27 % de Glucose, 3 % de Sucrose, 9 % de Dextrose, 7 % d’acides aminés et de minéraux. Bref, les miellat, c’est le Red Bull des fourmis

Alors M. l’entomologiste de mes deux, premièrement, les pucerons ne sont pas nourris par les fourmis puisqu’ils s’alimentent de sève en toute autonomie. Ensuite, le miellat serait plus à considérer en tant que boisson énergique plutôt qu’en vulgaire matière fécale comme vous le sous-entendez (à lire entre les lignes, vous nous traitez littérallement de mangeux de marde). Et franchement, parlant d’excrément, vous qui êtes grassement payé pour écrire ce genre d’inepties, suivez-vous un plan de votre fédéraliste employeur ? (antagoniser le Québec envers la zone de son territoire résistant le mieux à votre système socio-économique).

Un plan de Gesca ?!?

En passant, vraiment, je vous conseil fortement de cliquer ici, sur l’hyperlien, pour découvrir à quelles intérêts servent le spin de Boisvert. C’est à dire celui que nous désirions nous déplacer (inutilement) pour aller consommer les produits de la mondialisation (tout aussi inutile). Ma mère a été plusieurs années la conjointe de l’ancien directeur de la publicité au journal La Presse. Or, ce dernier m’a souvant dit que la publicité du lobby automobile était la première source de financement de son employeur.

Image de prévisualisation YouTubeEn passant, M. Boisvert, vous devriez visionner le documentaire The End of suburbia plutôt que de cracher insousciemment sur les citadins. Formellement, il se pourrait bientôt que l’actuel «modèle banlieue» ne survive pas à la rarification de la ressource pétrolière. Vous devriez donc vous posez des questionnements sur votre avenir de banlieusard … d’autant plus que la crise risque fort bien d’arriver plus vite que vous ne le pensez.

Voyez-vous M. Boisvert, peut-être qu’à vos yeux de vendu, ne sommes-nous, gens du Plateau, que des vulgaires fourmis (socialistes); mais vous, dans le monde des insectes, vous seriez certainement un bousier… vous savez, cet insecte qui utilise la matière fécale pour y pondre ses oeufs.

journaliste-de-gesca

Un journaliste de Gesca en plein travail

Ce n’est pas la premère fois que ce journal manque de rigueur à propos des insectes

Ce n’est pas la première fois que ce journal manque de rigueur à propos des insectes

Ceux qui ont des idées mais ne savent pas les présenter sont, peu à peu, exclus des débats
Bernard Werber (Extrait de La révolution des fourmis)

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2 Commentaires

  1. Et bien c’est la premiere fois que je viens içi…Tres tres intéressant! Je reviendrai….En attendant Bonne fin de semaine à toi!…:)

  2. Je ne suis pas résident du Plateau, mais j’ai vécu plus de 10 ans de ma vie dans le Mile-End et j’y vais souvent. On ne peut pas nier un certain enrichissement du Plateau qui peut se faire parfois au dépend des pauvres de l’arrondissement.

    Il est plutôt spécial effectivement de dire que les citoyens du plateau sont friands des centres commerciaux. Peut-être de ceux de la ville souterraine du centre-ville. Je n’ai pas étudié à fond la question, mais au moins si c’était le cas ils s’y rendraient en métro. La majorité des achats sur Mont-Royal sont effectués par des gens utilisant la marche comme moyen de transports donc par des gens demeurant dans l’arrondissement. En bref, les citoyens du Plateau sont probablement de gros consommateurs mais utilisent des moyens écologiques pour se déplacer vers les commerces.

    Quant à la rivalité Montréal Québec, je pense qu’elle est gonflée par les médias. Ayant vécu à Québec, j’ai entendu parler contre Montréal essentiellement dans les médias.

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