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Posté par le 13 octobre 2006 dans [référence à un film], Écologie, Politique internationale, Stage Paris-2006

Une leçon d’environnement particulière… avec Al Gore comme professeur

Une leçon d'environnement particulière… avec Al Gore comme professeur

Mercredi soir dernier, j’ai réussi à me faufiler à la projection privée du film, Une vérité qui dérange, le fameux documentaire sur le combat de monsieur Gore contre le réchauffement planétaire. La présentation était particulière, car non seulement l’ancien adversaire de George Bush à l’élection présidentielle étasunienne était sur place pour introduire le film, mais il fallait avoir été préalablement invité par le président de l’Assemblée nationale française pour pouvoir assister à l’événement. Toutefois, si cette soirée était avant tout destinée aux parlementaires français, ce fut, semble-t-il, plutôt les collaborateurs immédiats de ceux-ci qui se déplacèrent à l’événement.

Dans mon cas d’ailleurs, c’est le carton d’invitation destiné au conseiller Vert du 18e arrondissement François Flores, qui me permit d’accéder à cette grande réunion. Après tout, cette fois-ci, je me sentais à ma place, car à Montréal, j’ai quand même été principalement élu pour mes valeurs écologistes ; d’autant plus que je suivais ce film à la trace depuis sa sortie aux États-Unis (voir ici l’article sur mon blogue précédemment consacré à ce film).

Al Gore et cie.

Al Gore et compagnie

Ainsi, le film est très solide, pédagogue à souhait, exactement comme je l’appréhendais. Évidemment, il devient un documentaire incontournable pour tous ceux qui veulent intégrer les éléments de la problématique du réchauffement climatique. Toutefois, il est vrai que le ton du film est destiné à son public cible américain : exemples quelquefois enfantins, emphase sur les émotions, trame axée sur la vie du personnage central. Mais bon, c’est justement cette formule qui peut rendre ce film efficace aux États-Unis. Alors, je lève mon chapeau à monsieur Gore pour avoir confronté des auditoires bien moins réceptifs sur les enjeux climatiques que ceux des parlementaires français. Quoique, à bien y penser, quand est-il du débat ici en France ?

En effet, n’est-il pas un signe négatif ici que le débat doit s’amorcer par un film… film devant être préalablement présenté par l’ex numéro 2 de la maison blanche pour trouver un écho? (D’ailleurs, je vois mal les parlementaires québécois réunis en séance privée pour assister à la projection de l’Erreur boréale II, le prochain film présomptif de Richard Desjardins). Est-ce donc été ici une séance de rattrapage chez les parlementaires français, à l’exception évidemment pour les rares élus Verts? Ainsi, pouvons-nous espérer que l’écologie sera l’un des thèmes majeurs de l’actuelle campagne électorale présidentielle? Et voilà donc le paradoxe pour les Verts, car si c’est cette formation politique justifie sa raison d’être en poussant les idées écologiques, l’objectif de l’écologie appelle aussi intrinsèquement à la responsabilité de tous… et transcende donc la partisanerie politique.

Voyez-vous, les Verts ne doivent plus être l’unique propriétaire du sujet, le concept d’écologie est trop fondamental pour être abandonné à l’apanage d’une seule formation politique. D’ailleurs, c’est le sens, semble-t-il, de la démarche du populaire animateur de télévision Nicolas Hulot, en annonçant son éventuelle candidature comme indépendant pour la prochaine élection présidentielle. Assurément, cette candidature a de quoi diviser le vote écologiste, puisque, selon les sondages ici, son seul capital médiatique lui permettrait d’acquérir, supposément, plus de votes que la candidate des Verts, Dominique Voynet. Tant de pouvoir dans les mains d’un seul homme est dangereux ; d’autant plus que des Verts ici le soupçonnent d’être téléguidé par la droite pour faire dévier le débat. Et parlant du plafonnement des appuis à Mme Voynet, il faudrait considérer positif l’intégration du militant altermondialiste José Bové dans les candidatures à la présidence ; car oui, celui-ci oxygène le débat en remettant en cause le système économique mondial dans son intégrité. Ainsi, l’objectif pour les écologistes français serait donc, dans un premier temps, d’animer le débat par l’intermédiaire de plusieurs intervenants distincts. Mais le succès électoral passera par la cohésion que prendront entre eux les intervenants écologistes ; or, le meilleur espoir pragmatique dans ce carcan démocratique sera la nomination d’élus Verts comme ministres dans une éventuelle majorité socialiste. Voilà donc les limites des écologistes aux prochaines élections présidentielles en France. Bref, je ne pense pas que ce film amènera politiquement en France quelque chose de nouveau sous le soleil.

Pour revenir à la soirée en question, à la fin de la présentation du film, j’ai comme été « pris en otage » une vingtaine de minutes au deuxième étage ; en effet, pour des raisons de sécurité, nous ne pouvions quitter avant le départ de Monsieur Gore… qui défila à quelques mètres de moi. La photo allait être parfaite pour mon blogue… et c’est à ce moment-là que la batterie de mon putain d’appareil photo décida qu’elle devait être rechargée. Ce fait vous paraîtra peut-être superficiel chers lecteurs, mais sincèrement, statistiques à l’appui, je constate sur mon blogue que l’achalandage d’une page est pour beaucoup subordonné à l’attraction de ses éléments visuels. Ainsi frustré, j’allai donc de facto compenser ma déception du moment en instiguant le fabuleux buffet dans la salle de réception.

L’atmosphère était magique : dans un décor aux allures du Paris aristocratique, je m’arrosais l’esprit de champagne en observant cette flopée de parlementaires français interagir à mes côtés… et ma foi, ces morceaux de poulet apprêtés de sésame à la sauce tamari étaient aussi tendres que succulents (de loin le meilleur poulet que j’ai goûté à ce jour). Le choix était donc vraiment difficile entre me goinfrer ou initier une conversation… jusqu’à ce que j’aperçois cette jolie demoiselle, vraisemblablement aussi ébahie que moi par l’ambiance. Anne, de son prénom, s’est donc avérée aussi intéressante qu’intelligente… mais comme il est normal de penser, ce genre de fille exceptionnelle se trouve aussi généralement bien accompagnée. Ainsi, j’ai parallèlement ainsi rencontré Florent; qui s’est évidemment révélé d’emblée sympathique. D’ailleurs, avec son sac en bandoulière marqué par le label Google, j’eut l’occasion de lui introduire le sujet de mon blogue en lui mentionnant que Google vidéo était à ce moment la matière de mon dernier article. Singulièrement, Florent entretien lui aussi un blogue, et d’ailleurs, avec son appareil photo numérique (décidément professionnel), il couvrait l’événement pour Anne qui s’occupe des relations de presse pour la campagne « réduisons vite nos déchets, ça déborde ». Génial ! L’appareil photo de Florent compensera donc la grève matérielle du mien (vous en déduirez donc que les photos affichées dans cet article viennent de Florent). Et parlant de blogue aussi, je fus étonné à quel point, le mot en question revenait souvent dans le brouhaha. En effet, je l’ai au moins compté dans cinq discussions indépendantes ; comme quoi, ce média semble être devenu familier des protagonistes politiques.

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Ma rencontre avec Anne… avec le fabuleux buffet en arrière-plan

 

Ah, si je pouvais arrêter le temps, j’aurais immobilisé cet espace-temps pour faire le tour du monde qui était réuni dans cette soirée exceptionnelle. Effectivement, cette réception n’aura duré en tout et partout qu’une seule petite heure… juste assez pour se goinfrer et connaître Anne et Florent. En espérant les revoir prochainement, je suivrai assurément l’évolution du parcours de Florent par le prisme de son blogue personnel (l’URL de son blogue sera dans mon menu réseau dès que je programmerai à mon retour cette section à Montréal).

On dit que les souvenirs peuvent s’intégrer à des objets matériels ; or, en guise de clef pour revivre un peu cette soirée, j’ai ramené avec moi l’une des affiches géantes en coroplaste du film. Ainsi, je rapatrierai dans mon salon montréalais une petite partie de mon pèlerinage écologique en territoire français. Ce film, représente pour moi une lueur d’espoir… j’espère que vous serez aussi touché que moi par son contenu.

« Il y a des tas de gens qui vont directement du déni au désespoir sans passer par l’étape qui consiste à agir pour résoudre le problème »
– Al Gore

Visionnez le film d’Al Gore:
Une Vérité qui dérange
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