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Posté par le 7 novembre 2008 dans Politique internationale

La fin d’un cauchemar! Le début d’une ère de progrès?

Barack Obama

Et voilà, il en est finalement terminé de l’ère Bush… une période qui sera assurément qualifiée de sombre dans l’histoire moderne de l’humanité. Ce qui aurait été impossible il y a quelques années est maintenant réalisé : un jeune mulâtre vient d’être élu président des États-Unis ! Littéralement, un mur psychologique vient ainsi de tomber… nous avons subitement l’impression que tout peut devenir possible. Aussi agréable à regarder qu’à écouter, le nouveau président américain semble dégager une énergie bienveillante… voire l’espoir qu’un monde meilleur est possible.

Mélange inconscient de J.F.Kennedy et de Martin Luther King, le très charismatique Barack Obama s’avère ainsi une incarnation positive du rêve américain. Vous savez, cette Amérique éprise de justice et de liberté plutôt que celle gangrénée par le racisme et la répression. Cette Amérique ouverte sur le monde et les différences culturelles plutôt que celle ignare tournée sur elle-même. Cette Amérique qui exerce mondialement un leadership éclairé plutôt que des guerres mercantiles. Bref, nous sommes en voie de redécouvrir l’Amérique que nous aimons.

Image de prévisualisation YouTubeYes we can!

Bien sûr, il ne faudra pas pour autant avoir trop d’attentes envers cette gauche «light» version Américaine : Barack Obama ne fera évidemment pas la révolution socialiste. Mais pragmatiquement, il faut admettre que le nouveau président est le plus à gauche que les États-Unis pouvaient se permettre d’élire. Puis, moi, de mon côté, j’ai personnellement le goût d’y croire, de laisser la chance à Barack Obama de m’épater… du moins, de me réconcilier avec ce pays que je maudissais depuis près d’une décennie. Or, si dans un premier temps je célèbre aujourd’hui l’expulsion des néo-conservateurs de la Maison-Blanche, je salue aussi l’entrée d’une nouvelle génération en politique… la génération des métissages multiculturels et du Web 2.0!

Facebook n’a pas de frontière électorale. Pour ma part, bien que Québécois, j’étais parmi les premiers supporteurs d’Obama sur son groupe Facebook.

Car, par son cheminement original, ses origines et sa jeunesse, Obama semble rompre avec la culture de ces prédécesseurs. N’étant pas en lien avec le lobby pétrolier et le complexe militaro-industriel, nous sommes en mesure de penser que les États-Unis quitteront l’Irak et ratifieront finalement le protocole de Kyoto. Ne venant pas de la haute bourgeoisie, sa campagne ayant été financée par une marée de citoyens lambda, je suis aussi persuadé que Barack Obama sera à l’écoute de sa population. Qui sait, peut-être verrons-nous même l’entrée du service universel d’accès à la santé aux États-Unis. Alors, est-ce dire ici qu’Obama insuffle avec son élection  une nouvelle ère de progrès dans le monde ? Moi je veux y croire. Or, à mes yeux, Barack Obama est bien plus qu’un simple président étasunien… il est l’icône d’un espoir qui se moque des frontières nationales.(En effet, comme l’exprime ici cet internaute, c’est les yeux du monde entier qui seront tournés vers les États-Unis au cours des prochaines années. Les attentes seront égales à l’ampleur de la situation actuelle que l’on peut imputer l’administration précédente).

Image de prévisualisation YouTube11/04 – Barack Obama Victory Speech November 4th 2008 (Part 1)

Bien sûr, lorsqu’il est question des États-Unis et de son influence mondiale, il faudra toujours rester vigilant. À cet effet, je vous suggère quand même de prendre connaissance avec l’autre versant de mes perceptions sur la dernière élection. Et si, comme Louis-Philippe Lafontaine dans ce texte, je juge aussi le Parti démocrate étasunien économiquement à droite, vous aurez constaté que Barack Obama souffle tout de même à mes yeux un vent de changement bénéfique pour les progressistes.

Et dans le pire des cas, si ce changement n’était que dans la simple question de l’image,  il modifie tout de même l’état d’esprit collectif… et pave ainsi la voie à de réels changements sociétaux.

Image de prévisualisation YouTubeMC Yogi: Obama ’08 – Vote for Hope

Alors, en attendant que l’Histoire valide mon optimisme quant à Barack Obama, je vous propose ici-bas la lecture de cet excellent texte de Julius Grey. Car effectivement, avant d’être un partisan de nouveau président, je demeure surtout un adversaire fondamental du Parti républicain. Or, les forces ténébreuses de la bêtise demeurant toujours fortes aux États-Unis, il faudra garder à l’œil leur réorganisation prochaine. De la sorte, il ne faudrait pas sous-estimer le spectre d’une Sarah Palin aux commandes du pays le plus puissant du monde en 2012.

Cliquez sur limage pour aggrandir la carte des résultats, comté par comté

Impressionnant, il est manifeste que le clivage est surtout basé sur une question d’éducation (grands centres urbains vs sociétés rurales) Cliquez sur l’image pour agrandir la carte des résultats de cette élection, comté par comté

Et vous, si vous n’aviez que deux seul choix entre le monde proposé par Barack Obama et celui de Sarah Palin, lequel des deux choisiriez-vous ?

S’il y a quelqu’un qui doute encore que l’Amérique soit l’endroit où tout est possible, qui se demande si le rêve de nos pères est encore vivant, qui s’interroge sur le pouvoir de notre démocratie, ce soir vous lui avez répondu.
– Barack Obama (Discours du 4 novembre 2008 à Chicago, pour la victoire aux élections présidentielles).

Les forces des ténèbres
Julius Grey
Le Journal de Montréal
lundi 3 novembre 2008

Une manche importante dans le combat entre l’Amérique des lumières et l’Amérique des ténèbres se terminera demain.

Même si les augures semblent bons et si la crise économique rend improbable une résurgence républicaine au dernier moment, l’issue n’est pas certaine et le monde est inquiet. De toute façon, les forces des ténèbres resteront fortes même si Obama gagne et elles continueront leur lutte pour un pays guerrier et religieux.

Ce n’est pas tellement McCain qui représente ces forces ; il est âgé, usé et très réactionnaire. C’est plutôt sa colistière, Sarah Palin, qui incarne cet étrange manque de culture et de compassion mélangé avec une religiosité et un patriotisme mal digérés.

Sarah Palin n’a rien lu, n’a pas voyagé et n’a pas sérieusement étudié. L’absence de connaissances économiques est compensée par une foi instinctive dans la bonté du marché.

L’ignorance totale des autres pays et cultures ne l’empêche pas de savoir avec une certitude inébranlable que l’Amérique est la meilleure en tout.

Elle n’accepte pas beaucoup de découvertes scientifiques parce qu’elle sait que la Bible a toujours raison. Bref, elle est un nouveau barbare. Son amour pour les fusils, son dédain pour le supposé élitisme des milieux intellectuels, sa dureté impitoyable pour ceux qu’elle perçoit comme ses ennemis et son incohérence verbale renforcent cette impression.

Si McCain avait pu annoncer la candidature de Mme Palin une semaine avant les élections, il aurait probablement gagné à cause de la sympathie qu’elle suscite en tant que femme et mère. Deux mois ont permis de la transformer plutôt en handicap. Il serait cependant naïf d’ignorer que ce style de barbarisme est d’un grand attrait pour beaucoup d’Américains.

Un autre aspect du phénomène Sarah Palin inquiète. Elle ne serait jamais devenue candidate si elle était un homme. Mc-Cain misait clairement sur une partie des femmes démocrates déçues par la défaite de Hillary Clinton.

Ceci illustre de façon magistrale le danger de tout réduire à une seule question et de choisir les chefs politiques sur la base des groupes qu’ils représentent et non sur leurs qualités personnelles.

L’UTILISATION DES FEMMES

Il est grand temps de comprendre que les forces des ténèbres peuvent aussi se servir des femmes ou des membres de minorités visibles pour atteindre leurs buts. C’est une erreur très répandue chez les progressistes de constamment pratiquer la discrimination positive. Il ne faut plus se préoccuper du sexe ou de l’ethnie mais uniquement s’assurer que personne n’est exclu d’avance.

Et Obama ? Justement, Obama n’a ni profité de sa couleur, ni joué la carte noire. Au contraire, il subit toujours un risque de défaite pour cette raison. Il devrait plutôt être considéré comme un Américain d’un nouveau type – ni blanc, ni noir, d’un père immigrant et d’une mère de famille américaine de longue date. C’est un intellectuel, un homme qui n’a pas peur du savoir et qui n’est pas tributaire d’une culture ethnique.

S’il est élu, les gens vont saluer l’importance de l’élection d’un homme noir à la présidence. Après des siècles d’esclavage et de ségrégation, cela se comprend. Soulignons cependant que le nouveau président appartiendra à toutes les races et qu’il symbolisera une autre notion jadis conspuée aux États-Unis mais très salutaire – le métissage racial.

Après la victoire probable, il faut que les forces progressistes comprennent la beauté de l’intégration et se débarrassent de l’obsession avec les origines des gens qui les laisse vulnérables à la séduction des Sarah Palin et des ténèbres.

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12 Commentaires

  1. Un bon texte ici de Josée legault sur le sujet; décidément, elle est toujours sur ma longueur d’onde.

    http://www.vigile.net/La-reconciliation

    Puis ici, un lien Web vient de se créer entre le Président Obama et ses citoyens
    en effet, l’équipe d’Obama vient de mettre en ligne un site Web pour inviter les Américains à suivre ses choix et ses actes. Le site http://change.gov, par le biais d’un blogue notamment, permettra à la nouvelle l’administration d’expliquer aux citoyens américains les décisions qu’ils prendront et d’inviter les Américains à partager leurs réflexions sur diverses questions.

  2. Sarah Palin a beaucoup joué dans mon appui à Barack Obama. Je me méfie beaucoup de la secte catholique et des valeurs rétrogrades véhiculées par l’Antéchrist Benoît XVIe siècle et ses bonzes é-pisse-copaux qui sévissent à Rome avec lui, sans parler de l’obscurantiste, opportuniste et frustré cardinal Marc Gros-Lette. Sarah Palin, une innocente qui ne savait même pas que l’Afrique est un continent et qui ne connaît même pas les pays membres de l’ALENA et le nom des PMs du Canada et du Québec, incarnait es valeurs rétrogrades de la secte catholique à elle toute seule. John McCain est moins pire qu’elle sur les questions sociales et morales, mais il a vraiment manqué de jugement en nommant une pareille incompétente comme colistière.

    Cette secte est d’un fascisme sans nom: extrême-droite sur les plans social et moral et extrême-gauche sur le plan économique.

    En passant, dans le cadre des élections québécoises, j’ai créé sur mon blogue un regroupement de blogueurs anti-charogne soi-disant libérale du Culbec.

    http://lequebecdedemain.dansmonblog.com/Premier-blog-b1/NON-a-la-charogne-soi-disant-liberale-du-Culbec-b1-p59422.htm

    Lis ça et répond-moi sur mon blogue si tu veux oui ou non en faire partie! Merci!

  3. Salut Jean-Luc. En effet, je ne vide que très rarement la liste des commentaires rejetés automatiquement par Askimet. D’ailleurs, si une personnes peut m’expliquer comment lui faire accepter les commentaires avec deux URL, j’apprécierais beaucoup.

  4. Juste une question: ça t’arrive de faire le ménage de ta liste d’attente une fois de temps en temps? Je t’ai envoyé un commentaire il y a deux jours et il n’apparaît pas, sûrement à cause de l’hyperlien que j’ai mis. Je déteste WordPress.

  5. Palin: Dieu «montrera la voie» d’une candidature à la Maison Blanche

    Agence France-Presse
    Washington

    La candidate malheureuse à la vice-présidence des Etats-Unis, Sarah Palin, a affirmé lundi espérer que Dieu lui «montrera la voie» si elle devait se lancer à l’avenir dans la course à la Maison Blanche, dans un entretien à la chaîne Fox News.

    La gouverneure républicaine de l’Alaska a refusé de dire si elle avait l’intention de se présenter à la prochaine présidentielle en 2012, expliquant que cette date était encore trop lointaine.

    «Je ne peux pas prédire ce qui va se passer demain, et encore moins ce qui arrivera dans quatre ans», a déclaré Mme Palin dans cet entretien dont des extraits ont été publiés par Fox News avant sa diffusion prévue à 22h00, heure de Washington (mardi 22h00 HAE).Mais cette mère de cinq enfants qui a affiché sa foi chrétienne tout au long de la campagne auprès du candidat John McCain, battu le 4 novembre par Barack Obama, a dit que si Dieu voulait qu’elle conquière la Maison Blanche, elle espérait qu’Il lui montrerait la voie.

    «Vous savez, j’ai… la foi est quelque chose de très important dans ma vie. Et ce que je fais toujours, c’est mettre ma vie entre les mains de mon créateur», a expliqué cette femme de 44 ans.

    «Je me dis, OK, mon Dieu, s’il y a une porte ouverte pour moi quelque part, c’est comme cela que je prie toujours, je me dis, ne me laisse pas rater cette porte ouverte. Montre-moi où cette porte ouverte se trouve», a-t-elle ajouté.

    «Et s’il y a une porte ouverte en 2012 ou quatre ans plus tard, et si c’est quelque chose qui se révèle bon pour ma famille, mon Etat, mon pays, une occasion pour moi, je m’engouffrerai dans cette porte», a encore dit Mme Palin.

  6. Attendez de voir la douleur que les Américains vont avoir en réalisant que leur rêve américain n’était que ça: du rêve. Au Québec, c’est pas pareil, nous savons que c’est un couteux cirque avec des clowns et bozos qui se disputent le droit de nous mener. C’est pathétique, mais au moins nous savons à qui nous avons à faire.

    Je vous recommande ce billet:

    Obama: le vrai changement? http://les7duquebec.wordpress.com/2008/11/11/obama-le-vrai-changement/

    François M.| lire ici le dernier article de son blogue: Pétition contre l’utilisation d’armes radioactives – Petition against the use of radioactive weapons

  7. Oui François, les attentes sont très élevées quant à Obama; en ce sens, nous ne pourrons être que déçus.

    @Jean-Luc. Bien que toujours indécis pour la prochaine élection provinciale, je suis intrinsèquement de gauche et indépendantiste. De facto, et je suis de facto antilibéral et anti ADQ. Alors, évidemment, je serai toujours dans la coalition « anti-charogne »; et tu peux donc me rajouter à ton regroupement.

  8. Comme le dit si bien Ralph Nader, Obama risque plus d’être un Uncle Tom au service de Big Business qu’un Uncle Sam au service des gens.

    J’invite les lecteurs-blogueurs à joindre ce regroupement de blogueurs anti-Charest:

    http://lequebecdedemain.dansmonblog.com/Premier-blog-b1/NON-a-la-charogne-soi-disant-liberale-du-Culbec-b1-p59422.htm

    DÉFAIRE JEAN CHAREST D’ABORD, OUI!

    Anarcho-pragmatiste| lire ici le dernier article de son blogue: Regroupement de blogueurs «Non à Jean Charest»

  9. Ce que sera l’année 2009
    Ignacio Ramonet
    http://www.legrandsoir.info
    lundi 5 janvier 2009

    « Des balles pour les jeunes, de l’argent pour les banques ». Ce cri qui exprime la colère des émeutiers de Grèce pourrait se propager au cours de l’année 2009 dans d’autres villes européennes. L’année qui commence va en effet être caractérisée par un fort mécontentement social du aux licenciements massifs provoqués par la crise. Et cela débouchera sur des grèves, des manifestations et des confrontations, que les élections européennes de juin prochain n’atténueront pas.

    De nombreux jeunes – étudiants ou non – sont conscients que leur destin débouche sur la mer de la précarité (« génération 700 euros ») ou du chômage. Ils veulent faire table rase. Certains se sentent à nouveau attirés par les mouvements libertaires. Dans l’atmosphère des luttes sociales qui se profile, les rangs des anarchistes pourraient grossir [1]. Comme pendant les années 1930…

    Bien qu’en matière de politique internationale les superstitions ne sont pas de règle, les années qui se terminent en 9 ont été pour le moins convulsives. Il suffit d’observer qu’au cours de cette année se commémoreront : les 10 ans de la révolution bolivarienne au Venezuela (février) ; les 20 ans de la chute du mur de Berlin et de l’implosion du bloc soviétique (novembre) ; les 30 ans de la « révolution islamique » en Iran (février) ; les 40 ans de la « révolution libyenne » du colonel Kadhafi (septembre) ; les 50 ans de la révolution cubaine (janvier) ; les 60 ans de la révolution chinoise (octobre) ; les 70 ans de la défaite de la République espagnole suite à la guerre civile (avril), et du début de la Seconde Guerre Mondiale (septembre) ; et les 80 ans de la crise de 1929 et de la Grande Dépression…

    Sans aucun doute, la récession économique sera aussi la principale caractéristique de l’année qui commence. Parce que les effets de la triple faillite de la construction, des banques et des Bourses frapperont de plein fouet l’économie réelle.

    Dans ce contexte de mécontentement social, le nouveau Président des Etats-Unis, Barack Obama, représente-t-il une lueur d’espoir ? Moins que nous le croyons. Son équipe économique, dans laquelle figurent plusieurs personnalités ultralibérales en partie responsables de la crise actuelle – comme Robert Rubin, Lawrence Summers ou Timothy Geithner – ne sera pas à la hauteur pour changer les cours des choses.

    En plus, il apparaît déjà évident que la nouvelle Administration Obama sera de centre-droit, c’est-à-dire plus à droite que le nouveau Congrès issu des élections du 4 novembre [2]. Ce qui augure des tensions plus fortes que prévues entre l’exécutif et le législatif. Les nouveaux congressistes démocrates ne cesseront pas de se faire l’écho des impatiences des électeurs durement touchés par la crise et profondément irrités par la gigantesque fraude de l’escroc Bernard Madoff ainsi que par les aides massives offertes aux banquiers par le Gouvernement. En résumé, l’enthousiasme d’aujourd’hui envers le nouveau Président pourrait dans le long terme se transformer en déception, frustration… et colère.

    Son équipe de politique extérieure – constituée d’Hillary Clinton, Robert Graves et du général Jim Jones – est aussi très conservatrice pour quelqu’un ayant promis d’arrêter d’imposer la démocratie par la force des baïonnettes.

    Le « foyer perturbateur » du monde continuera d’être le Moyen-Orient ainsi que le montrent les affrontements récents et tragiques de Gaza. En Irak, les forces britanniques et celles de tous les autres alliés de Etats-Unis, se retireront au printemps. De leur côté, les troupes étasuniennes de combat arrêteront de patrouiller dans les villages et les villes pour se replier dans leurs quartiers. Et leur retrait s’accélérera. La violence ressurgira. Le lancer de chaussures du 14 décembre dernier à Bagdad donne une idée de la rage d’une partie du peuple iraquien contre l’occupation étasunienne. La nouvelle et corrompue armée d’Irak arrivera-t-elle à empêcher la dislocation du pays ?

    Il y aura des élections décisives en Israël, pour le poste de Premier ministre, le 10 février ; et en Iran pour la Présidence, le 12 juin. La tension entre les deux pays atteindra des niveaux incandescents. Débouchera-t-elle sur un conflit ouvert ? Les conséquences géopolitiques en seraient imprévisibles et personne ne peut le désirer. Sans parler des conséquences économiques avec le prix du baril de pétrole déjà autour des 150 dollars. Ce qui aggraverait encore la crise actuelle…

    Pour ce qui est de l’Afghanistan, pays dont Barack Obama veut faire la priorité militaire de son mandat, si Washington intensifie son intervention, alors il faudra multiplier les attaques illégales contre le Pakistan, géant démographique mais aussi puissance nucléaire. Cela provoquera peut-être une déstabilisation d’Asif Zardari, Président de cet Etat en ruine, déjà menacé par son puissant voisin indien après les attentats de Bombay du 26 novembre dernier. Washington entrera alors dans un nouvel engrenage interventionniste qui pourra favoriser le retour des « faucons » au Pentagone, partisans d’un impérialisme dur et dominateur. A Kaboul, les étasuniens essayeront d’imposer un « dictateur présentable ». Ce qui représentera une régression vers un réalisme politique (ou un cynisme, devrait-on dire) et l’abandon du projet éthique défendu par Obama pendant sa campagne électorale.

    Un autre géant qui peut réserver des surprises est la Chine. Parce que la crise – qui va se traduire par une montée générale du protectionnisme à travers le monde et donc une réduction des exportations – la frappera avec sévérité. Des milliers d’usines fermeront, licenciant massivement des ouvriers en majorité dépourvus de sécurité sociale et de soins médicaux. Est-ce que les autorités de Pékin réussiront à maintenir la paix sociale ? Et à quel prix ?

    En Amérique Latine, l’inconnue principale sera de savoir si Barack Obama acceptera le rameau d’olivier que lui a tendu le Président Raúl Castro, et s’il négociera enfin l’arrêt du blocus commercial de l’île. Nous le saurons le 17 avril, à l’occasion du Sommet des Amériques à Port-d’Espagne (Trinité-et-Tobago) où le représentant étasunien va définir sa nouvelle politique pour l’hémisphère.

    Pendant ce temps, la crise climatique continuera de s’aggraver. Tout indique que l’année 2009 sera celle de tous les dangers. Parce qu’une époque agonise, celle du néolibéralisme, et que commence, à tâtons, un nouveau paradigme. Elle devrait être aussi celle de toutes les opportunités. Pour commencer à édifier, enfin, un monde meilleur.

    Ignacio Ramonet

    article original (en espagnol)

    Rebelion, 4 janvier 2009-01-04

  10. De Martin Luther-King à Obama

    Nombreux sont les sceptiques qui, encore récemment, doutaient des chances de Barack Obama d’accéder à la Maison-Blanche. Charles Cobb, un vétéran de la lutte pour les droits civiques dans les années 60, avoue être du nombre. À l’époque mythique des «sit-in» et des grandes marches, les militants comme lui avaient beau partager le «rêve» de changement de Martin Luther King, l’idée d’un président noir ne leur serait même pas venue à l’esprit.

    «En 1963, à Birmingham, en Alabama, je me tenais devant une église baptiste qui venait d’être démolie par une bombe, tuant quatre jeunes filles. Vous n’auriez pas pu me faire avaler à cette époque que, de mon vivant, un Noir serait président des États-Unis, a-t-il relaté dans un entretien téléphonique cette semaine. Vous n’auriez même pas pu me convaincre qu’un Colin Powell ou qu’une Condoleezza Rice deviendraient secrétaires d’État. Je vous aurais répondu que vous avez commencé vos libations un peu trop tôt dans la journée.»

    Il y a deux ans, il ne croyait toujours pas que le sénateur de l’Illinois réussirait l’exploit que l’on sait. «Je croyais que l’obstacle racial allait l’emporter sur son charme et son habileté indéniables. Et il y a un an, je disais encore: « C’est un bon jeune homme, mais non, je ne pense pas… »»

    L’époque des «sit-in» et des grandes marches

    Mardi prochain, Barack Obama continuera à faire l’Histoire en prêtant serment à Washington. La veille, jour férié, les Américains honorent la mémoire de Martin Luther King. C’est lundi soir que Charles Cobb prononcera à l’Université Concordia une conférence intitulée, justement, «De Martin Luther King à Barack Obama».

    Au début des années 60, à l’âge de 19 ans, ce natif de Washington DC, est descendu dans l’État du Mississipi pour participer aux «sit-in» d’étudiants qui exigeaient le droit de manger dans les restaurants. Comme bien d’autres jeunes, il a interrompu ses études pour devenir un des permanents du Student Nonviolent Coordinating Comittee (SNCC), aux côtés d’autres activistes comme Stokeley Carmichael. Il y a passé cinq ans, avant de travailler comme journaliste pour des médias aussi prestigieux que le réseau radiophonique NPR et le National Geographic Magazine.

    Dans le Sud profond, le SNCC organisait aussi, avec la Southern Christian Leadership Conference du Dr King, les fameuses marches visant à inscrire les Noirs sur les listes électorales, qui ont changé le cours de l’Histoire.

    Malgré le titre de sa conférence, Charles Cobb refuse de réduire le processus d’émancipation des Noirs — on dit plus volontiers Afro-Américains aujourd’hui — à deux hommes, Martin Luther King Jr et Barack Obama. «Si vous voulez comprendre le mouvement des droits civiques dans le Sud, explique-t-il, vous devez prendre en considération l’organisation communautaire et le travail de nombreux héros et de nombreuses héroïnes qui ont risqué leur vie pour amener dans les années 50 et 60 les changements qui ont conduit directement à Barack Obama.»

    Le mouvement des droits civiques dans le sud des États-Unis a profondément changé le Parti démocrate, rappelle-t-il. Les Blancs ségrégationnistes et conservateurs du Sud ont graduellement perdu l’immense pouvoir qu’ils exerçaient au sein de cette formation politique. Après avoir résisté au changement, ces «Dixiecrats» ont fini par passer en majorité dans le camp républicain.

    De nouvelles règles internes apportées au Parti démocrate à la fin des années 60 par le sénateur George McGovern (candidat malheureux à la présidentielle de 1972) ont explicitement favorisé la participation des Noirs et des autres minorités, ainsi que des femmes, à la chose politique.

    «Ces changements ont favorisé l’ascension politique non seulement de Barack Obama, mais aussi d’Hillary Clinton et de Bill Richardson», observe le militant des droits civiques, qui a écrit plusieurs ouvrages sur sa propre expérience et sur la politique américaine.

    Le facteur social

    Charles Cobb reconnaît que son pays a profondément changé en quelques décennies. «La discrimination n’est plus ce qu’elle était. Il y a encore beaucoup de racisme aux États-Unis, mais je crois que la classe sociale joue aussi un rôle. Certains Noirs réussissent à échapper à tous les préjugés, dit-il.

    «En fait, il y a toujours eu un racisme profondément enraciné dans le pays et, en même temps, un groupe de personnalités noires qui sont admirées, poursuit-il. Je crois que c’est un trait distinctif des États-Unis. De bien des façons, la popularité de Barack Obama, un homme noir qui transcende la race, ressemble beaucoup à la popularité qu’a connue Michael Jackson.»

    Charles Cobb, qui ne cache pas son admiration pour le nouveau président, explique son élection à la fois par ses qualités et par l’immense ressentiment ressenti par ses concitoyens à l’endroit de George W. Bush: «Dans la bouche de Barack Obama, le mot « changement » voulait vraiment dire quelque chose.»

    Les Noirs, qui ont presque tous voté pour Barack Obama, ont à son endroit des attentes très élevées. «Et il est clair qu’il ne les satisfera pas toutes, ne serait-ce qu’à cause du piteux état de l’économie», opine Charles Cobb.

    «Ils pensent sans doute qu’un des leurs accordera plus d’attention aux enjeux qui les préoccupent, comme l’instruction publique, la lutte contre la pauvreté et la brutalité policière, qui ont une connotation raciale», explique-t-il.

    «Quelles que soient les politiques d’Obama, sur le plan intérieur ou en politique étrangère, il faudra attendre pour connaître l’effet qu’elles auront sur les gens qui habitent dans les logements subventionnés à Chicago, ajoute-t-il. Mais j’ai l’impression qu’il veut être un président qui s’occupe en priorité des dossiers de politique intérieure. Sauf qu’il risque d’être vite rattrapé par les problèmes au Moyen-Orient, autour de la Russie ou en Afrique, comme l’a été Bill Clinton.»

    Pour Charles Cobb, ce sont effectivement les enjeux économiques et sociaux qui ont incité Barack Obama à faire le saut en politique. Son intérêt pour ces questions n’est donc pas dicté par la détérioration récente de l’économie américaine. M. Cobb en veut pour preuve le fait que le prochain président, à sa sortie de Harvard, avait préféré le travail communautaire à un poste dans un grand cabinet d’avocats.

    Charles Cobb voit dans l’instruction publique un thème sur lequel il revient souvent, «un enjeu de droits civiques». «À Washington, plus de la moitié des diplômés du secondaire ont des habiletés en lecture, en écriture et en arithmétique du niveau de la huitième année, ce qui ne leur permet pas de fonctionner pleinement comme citoyens», note-t-il.

    «Un autre grand défi, c’est ce que j’appelle la destruction interne de la société noire. Je parle de la drogue et de la violence. Les organisations de défense des droits civiques n’ont pas fait grand-chose pour s’attaquer à ce problème», admet l’ancien organisateur communautaire.

    «Mais une des leçons du mouvement des droits civiques aura été que les jeunes ont pris l’initiative. Et je pense que les jeunes d’aujourd’hui pourraient devoir prendre à leur tour l’initiative. Dans une école du Maryland, récemment, des étudiants ont essayé de procéder à « l’arrestation citoyenne » de leur directeur, qu’ils accusaient de ne pas leur procurer une éducation de qualité. J’aime ce genre d’attitude», se réjouit Charles Cobb.

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