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Posté par le 8 septembre 2011 dans Médias, Politique municipale

La crise budgétaire du Plateau-Mont-Royal et son traitement médiatique

fuites fiscales à Montréal

Soyez vigilant… ne vous laissez pas distraire par les forces occultes finançant la machine politique au pouvoir. Car, il n’est pas juste question de l’endroit où va votre argent… mais bien carrément de l’avenir de Montréal.

Nous sommes (l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal) dans une situation intenable; une situation qui empierrera inexorablement à chaque budget si l’iniquité fiscale de notre dotation persiste. Effectivement, comment expliquer le fait que notre dotation (c’est-à-dire l’enveloppe versée annuellement par la Ville-centre aux arrondissements pour faire leur budget) diminue tandis que les taxes que nous versons augmentent? (Résidents et commerçants du Plateau à la Ville en 3 ans: + 100 millions $ en taxes supplémentaires. Retour à l’arrondissement: + 0 $ en dotation supplémentaire). Bref, malgré le gel de nos projets d’investissement, les compressions drastiques que nous effectuerons dans notre fonction publique, les coupures de services et l’arrivée de nouveaux revenus issus de la hausse du prix des stationnements, nous sommes vraisemblablement contraints à voter une taxe spéciale pour éponger le déficit appréhendé. Il va sans dire, voter une taxe spéciale pour payer «l’épicerie» d’une seule année c’est politiquement désastreux. Mais soyons lucides, c’est exactement l’objectif visé de l’administration Tremblay pour démontrer «la mauvaise gestion» du seul arrondissement dirigé par Projet Montréal.

Alors, dans l’espoir de corriger cette injustice structurelle avant le vote sur la dotation au conseil municipal de décembre, nous avons refusé de transmettre  notre budget d’arrondissement afin d’attirer l’attention publique sur le problème. D’ailleurs, voici le petit graphique que nous avons exposé à cet effet durant une conférence de presse mardi dernier.
INJUSTICE STRUCTURELLE AVEC LA DOTATION DU PLATEAU-MONT-ROYAL Quand nous voyons ce graphique, nous constatons clairement que nous payons toujours plus de taxes pour moins de services. Or la question d’intérêt publique qui devrait logiquement se poser est: mais où va donc tout notre argent si l’arrondissement en reçoit toujours moins?

Mais non, l’illustration a beau être d’une simplicité déconcertante, les médias censurent le sujet de la dotation en vous divertissant sur les revenus des parcomètres qui n’ont pas été à la hauteur des prévisions (un estimé de Stationnement de Montréal en passant). Pourtant, le gros du manque à gagner du Plateau (et d’autres arrondissements des anciens quartiers, par ailleurs) ne vient pas du manque de revenus de stationnement, mais bien de la compression de la dotation.

Insouciance envers les contribuables ou mauvaise foi, le caricaturiste Chapleau fait passer Ferrandez comme avide de vos taxes et Tremblay pour la victime sans le sou

Le maire Tremblay doit revoir le financement des arrondissements

Conjuguée à la hausse constante, incompressible et cumulative des coûts de fonctionnement, la stagnation de la dotation amènera tôt ou tard les arrondissements à un point de rupture au-delà duquel ils devront faire face à des choix difficiles afin de maintenir la qualité des services aux citoyens. Encore cette année, l’enveloppe budgétaire transmise par la Ville-centre ne comporte aucun rajustement pour couvrir nos obligations contractuelles et légales telles que l’indexation de la rémunération, des biens et des services, ni la hausse de 1% de la taxe de vente du Québec (TVQ) prévue à compter du 1er janvier 2012. Bref, il sera difficile de continuer d’offrir le même niveau de services aux citoyens. Les citoyens du Plateau paient déjà plus que leur part de taxes, ils ne devraient pas être victimes de règles qui les désavantagent systématiquement.

Nous seulement notre doation diminue, mais nos coûts de système récurrent augment

Nous seulement notre doation diminue, mais nos coûts de système récurrent augment

Hausse des coûts de système de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal

Ici, j’aimerais aussi attirer votre attention sur le choix des titres dans les médias écrits, particulièrement celui-ci de la SRC: Luc Ferrandez s’estime floué par la Ville de Montréal. Non seulement, comme la majorité des autres, cet article évite toute mention sur le sujet de la dotation, mais en plus, le titre original s’est vu modifié par un autre totalement orienté: «Parcomètres: Luc Ferrandez menace d’imposer une taxe spéciale». Vraiment, c’est à se demander par quel réseau humain cette commande (politique) s’est rendu jusqu’au webmestre de la SRC.

Heureusement, plusieurs autres maires d’arrondissement, dont certains de la propre formation politique de l’administration au pouvoir (Claude Dauphin et Luis Miranda), nous ont emboîté le pas pour dénoncer l’injustice structurelle dans laquelle s’enfonce la ville de Montréal (Des arrondissements dénoncent leur sous-financement). Bizarrement, dans ce cas-ci, vous ne verrez pas des titres à l’effet que ces maires veulent imposer des taxes spéciales. Franchement, ne trouvez-vous pas bizarre que les médias focalisent sur le fait que le Plateau projette l’option de voter une taxe spéciale sans mentionner que d’autres arrondissements le font déjà? Bref, c’est toujours deux poids deux mesures quand vient le temps de parler à propos du Plateau-Mont-Royal ou de la seule formation politique municipale financée par des citoyens.

Listes des arrondissements à Montréal qui ont des taxes spéciales en 2011 :

  • Anjou
  • Lachine
  • LaSalle
  • Sud-Ouest
  • Montréal-Nord
  • Pierrefonds-Roxboro
  • Saint-Léonard
  • Verdun

En conclusion, dans la perspective que Projet Montréal soit particulièrement jugé quant à ses réalisations sur le Plateau Mont-Royal, réalisez que cet épisode à propos de la dotation est critique quant à notre potentiel d’action et la suite des choses à Montréal. Or, ça, les stratèges d’Union Montréal le savent et ils s’organisent pour nous pousser vers l’étranglement fiscal en nous faisant porter le fardeau des coûts politiques inhérents à cette résultante. En définitive, cette crise n’est pas financière, mais belle et bien politique.

Soyez vigilant… ne vous laissez pas distraire par les forces occultes finançant la machine politique au pouvoir. Car, il n’est pas juste question de l’endroit où va votre argent… mais bien carrément de l’avenir de Montréal.

Le diable est dans les détails

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