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Posté par le 25 mars 2013 dans Politique municipale

Lettre sans réponse de Carl Boileau à Luc Ferrandez, le 2 mai 2011

Luc Ferrandez

Bonjour Luc,

J’espère que tu as su profiter de cette magnifique fin de semaine pour faire le plein d’énergie. Pour ma part, en ce matin historique, je prendrai quelques heures pour te transmettre mon raisonnement quant à la délicate situation de la rue Chambord. Car, face à notre incapacité (Josée et moi) d’avoir amené le caucus à réfléchir sur la suite des choses dans notre district, je sens la nécessité de t’expliquer ma logique par écrit. D’autre part, j’en suis convaincu, si nous n’arrivons pas à faire preuve d’intelligence collective ici, c’est non seulement la cohésion de l’équipe qui sera compromise… mais surtout, la suite de notre programme d’apaisement pour le quartier.

D’entrée de jeu, en tant que militant fondateur de projet Montréal et ardent promoteur de l’apaisement de la circulation, saches que je suis toujours près de faire face à la période de turbulence qui suivra la mise en place de notre plan. Mais je t’admettrai cependant ne pas considérer avoir les bons outils à ma disposition pour défendre adéquatement la phase 1. Pire, avec l’omission d’inclure une solution pour la rue Chambord simultanément avec le changement de Christophe-Colomb, force est de constater que l’administration nous handicape dans l’objectif de bien vendre le projet. La cerise sur le gâteau, ironiquement, sans avoir pris la peine d’avertir les conseillers du district concerné quant à la mise de côté d’un plan correctif pour Chambord, le maire-substitut porte l’affront de nous exiger la solidarité avec l’administration nous ayant mis dans cette position… et au passage, de «respecter son autorité». Bref, ce sera à Josée, à moi et à toi de prendre le coup politique avec enthousiasme. Pire, malgré ce bris de confiance envers l’administration, il faudrait maintenant s’engager (encore) à exprimer envers nos citoyens notre foi en des mesures prochaines pour Chambord, même si nous n’avons aucune garantie en ce sens. De toute manière, il faudra que M. Ryan comprenne qu’avant de représenter l’administration, je représente mes citoyens, d’autant plus quand je partage leur inquiétude.

Sincèrement, je trouve politiquement suicidaire d’avoir laissé Chambord, un corridor scolaire, comme premier axe de transit disponible après Christophe-Colomb… je pense aussi que c’est un piège politique pour discréditer le professionnalisme de notre formation. La grogne des résidents de la rue Chambord risque de se rependre et se transmuter en état d’opposition permanente contre Projet Montréal, voire en embryon d’organisation pour Vision Montréal. Ironiquement, ces gens ont majoritairement voté pour notre parti et partage notre programme politique (ce qui est d’autant plus dangereux), simplement, ils ne comprennent pas pourquoi ils n’ont pas été pris en considération dans l’optique que leur rue résidentielle va recevoir une partie (indéterminée) du débit de St-Hubert combiné à celui de Christophe-Colomb, d’autant plus que nous nous étions publiquement engagés à les protéger de cette situation. Puis, nous aurons beau intervenir rapidement après le 14 mai, mais le mal sera fait : Certains média se jetteront alors sur les critiques, ils insuffleront la méfiance face à l’administration Projet Montréal, «spineront» que nous sommes des dogmatiques irresponsables, voire que nous jouons à «l’apprenti-sorcier» avec la sécurité des enfants.

Pourtant, bien qu’il soit minuit moins une, nous pouvons transmuter cette épreuve de parcours en élan rassembleur vers la phase 2 de notre plan d’apaisement de la circulation. C’est ce que Josée et moi voulons proposer avec une motion mardi; motion qui porterait sur l’engagement d’entamer au plus vite le développement et la consultation publique de la phase II de notre plan d’apaisement de la circulation dans le petit Laurier. Toutefois, le changement phare de la phase II prenant appui sur le changement de circulation de la rue Cristophe-Colomb, sa modification de sens serait ainsi reportée de la phase 1 à la phase 2. Voilà ce que je me suis résigné à négocier avec des citoyens mécontents de la rue Chambord afin d’éviter une guerre… et convertir ce groupe de personnes en dynamiques supporteurs.

Puis avec du recul, l’idée n’est pas mauvaise. Primo, elle n’affecte en rien la mise en place du projet Laurier. De deux, elle décale de moitié (en deux étapes)  l’impact du débit de transit vers l’Est de Papineau (nous pourrons ainsi mieux étudier le comportement des voitures déviées,  donner et réduire de moitié les nuisances sur Laurier). De trois,  elle confirme auprès de l’opposition notre décision de  modifier la circulation de Christophe-Colomb tout en faisant tranquillement l’annonce aux transiteurs de penser à un autre itinéraire. De quatre, la redondance à entendre parler de ce changement atténuera sa pertinence en tant que nouvelle médiatique dans l’esprit collectif… ce qui diluera la portée des critiques dans le temps. De cinq, la motion amène l’attention de notre administration en direction de la phase 2 et confirme notre projet de faire le pont géographique entre la phase 1 et le secteur du quartier vert.

En terminant, fort de l’expérience acquise cette dernière année avec la phase 1 et le plan de Quartier vert, nous pourrons mettre en œuvre un plan qui prendra en considération l’ensemble des problématiques lié à l’artère St-Grégoire, le camionnage (Métro Chevrefils) et à l’aménagement bonifié de la rue Laurier (saillie, dos d’âne, etc.). Les citoyens seront consultés, les institutions préparées à accueillir les changements, puis le milieu portera de lui-même les changements… et nous pourrons passer à la phase 3. Ah oui, au passage, Josée pourra s’épanouir avec le projet plutôt qu’être prise entre l’écorce des citoyens mécontents qu’elle doit représenter et l’arbre administratif.

Parfois en politique, face à l’avant-garde de l’opposition, il faut savoir reculer d’un pas pour mieux enjamber les obstacles, voire coopter l’opposition pour avancer plus loin. Or, ici, avancer plus loin c’est d’aller gagner un prochain mandat et gagner 4 années de plus pour développer des mesures d’apaisement de la circulation dans les secteurs pour lesquels nous n’avons pas eu le temps de nous arrêter davantage. Pourquoi ne pas attendre 3 mois avant de changer le sens de la rue Christophe-Colomb et s’éviter de faire face à une opposition qui fera campagne en promettant de revenir au statuquo (ce qui serait une catastrophe pour Projet Montréal, et le rapprochement idéologique nécessaire pour coaliser les deux partis d’opposition).

Projet Montréal est né dans DeLorimier, les acteurs les plus actifs (et le plus impatients)  quant à l’apaisement de la circulation sont dans ce district, un secteur quadrillé par des artères. Pour l’instant, ils sont toujours des sympathisants de notre administration… mais ils attendent toujours les mesures d’apaisement concrètes dans le district. La phase 1, notre mesure phare de mi-mandat, sera  de les convaincre de notre volonté d’avancer, mais je commence à douter que nous arrivions à temps dans DeLorimier avant la fin de notre mandat. En ce sens, voilà pourquoi il est nécessaire d’être le plus préparé possible dans les étapes transitionnelles entre deux phases. De la sorte, ma ligne pour expliquer diplomatiquement le cafouillage administratif est de dire que nous sommes dans une période d’ajustement entre deux phases. Or, Christophe-Colomb étant la limite entre deux districts, l’erreur fut de considérer la phase 1 comme un Projet du Mile End… alors que tous les impacts sont déviés vers DeLorimier.

En définitive, Luc, tu es la clef pouvant débloquer la situation. L’énergie que je déploie présentement est égale à mon sentiment d’urgence quant à cette étape. S’il te plait, donne-nous l’option de promouvoir adéquatement notre politique (et de la protéger) et  nous en sortirons tous gagnants.

Carl

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