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Posté par le 15 novembre 2006 dans Politique internationale, Politique nationale

Projet : une zone française dans le Plateau Mont-Royal à Montréal

quartier français

Voici donc le troisième volet de ma série d’articles sur le parallèle entre la France et le Québec. Effectivement, après avoir fait le tour des enjeux actuels de la francophonie dans le monde, après avoir synthétisé l’histoire de la relation France-Québec… place maintenant à l’aménagement du futur. Je vous présente donc un petit projet socio-politique qui pourrait concrétiser davantage nos relations symbiotiques. Or, d’entrée de jeu, cette carte du Plateau Mont-Royal définit très rapidement la pensée de ce projet.

Cliquez sur l’image pour agrandir la carte
et constater les deux zones proposés du projet

De l’analyse à l’action

C’est en 1998 que je me suis aperçu concrètement de la présence massive de Français dans mon quartier. Évidemment, c’était durant la coupe du monde: les français de Montréal ressentaient le besoin fondamental de se regrouper pour vivre l’ambiance des matchs ensemble. Or, le point de rendez-vous était dans le centre-sud du Plateau Mont-Royal, plus précisément au Barouf, un petit pub sur la rue St-Denis au coin de Rachel. Le Barouf étant un endroit très exigu, l’épicentre débordait de partisans plusieurs heures avant le début d’un match des Bleus. Ainsi, les bars et cafés limitrophes se remplissaient eux aussi très rapidement… la zone était donc bondée de supporteurs des Bleus ; cela, avant, pendant et après un match. Puis, lorsque la victoire se concrétisait, le réflexe instinctif était d’aller se rejoindre devant le Barouf… et (à ma grande joie) de bloquer la circulation automobile à l’intersection de Saint-Denis et Rachel. De la sorte, plus les Bleus avançaient dans le tournoi de la coupe du monde, plus nous étions nombreux à célébrer la France dans les rues du Plateau. Il est vrai toutefois, que la victoire aidant, comme un immense rallye super national… il y avait beaucoup de québécois parmi les fêtards. Peu importe l’effet social de la victoire des Bleus sur l’appartenance nationale des Québécois, je crois que 1998 fut le point de départ de la communauté française de Montréal.

De prime abord, par la langue commune, les Français n’éprouvaient pas le besoin de se concentrer au Québec, d’être une communauté. Cependant, nous pouvons dorénavant remarquer qu’il y a de plus en plus de Français qui viennent s’établir dans le Plateau Mont-Royal. Pour ma part, j’ai empiriquement constaté ce fait dans l’exercice de mon porte-à-porte comme candidat pour projet Montréal en 2005 (j’ai hâte de vérifier ma théorie avec les statistiques du dernier recensement). Effectivement, je fus étonné par le grand nombre de mes voisins français, qui, pour la plupart, n’était pas encore citoyens (ce qui en passant, ne m’empêchait pas de leur prêter attention, mon argument étant qu’à Projet Montréal, nous avons une perspective qui s’inscrit dans le développement durable… et que ceux-ci voteront dans 4 ans). Intrigué par cette constante, je me suis donc mis à poser des questions à mes interlocuteurs français. Or, ils sont pour la plupart propriétaires, viennent vivre au Québec parce que le coût de la vie est moindre qu’en Europe, et choisissent le Plateau parce que le mot se passe chez les français que c’est l’endroit à demeurer à Montréal. Ma théorie ici, est donc, que la coupe du monde de 1998 aura laissé dans le Plateau Mont-Royal un genre de « phéromone de rendez-vous » chez les Français ; sommes-nous en train d’assister ici à la naissance d’une communauté française à Montréal?

  • De 1995 à 1999, le premier groupe d’immigrants admis au Québec sont les Français, à 8,6 %. Mais c’est dorénavant les Algériens qui occupent maintenant la première position
  • Le Québec accueille chaque année environ 6000 immigrants français et plus de 5000 étudiants. Au bout de 10 ans, 85% des Français venus au Québec s’y sont installés définitivement.

Pour ma part, je crois qu’il est de la responsabilité des acteurs politiques d’orienter l’avenir vers ce que nous voulons devenir. C’est pourquoi, il faut des fois donner un coup de pouce aux tendances naturelles. Ainsi donc, je propose concrètement de délimiter une zone « française » dans un endroit de Montréal où la concentration de français le justifie. L’idée n’est pas de faire un ghetto, ou un émule française de la petite Italie, (les Italiens étant à Montréal à des années-lumière sur les Français en terme d’organisation communautaire) mais simplement de développer des bornes visibles saluant la vitalité française dans cette zone de Montréal.

Pétition proposé :
Par la présente, nous appuyons l’idée que la Ville de Montréal salue la vitalité actuelle de ses citoyens d’origine française dans le centre sud du quartier Plateau Mont-Royal. Pour ce faire, nous poussons l’idée que la Ville de Montréal, en partenariat avec la Société du 400e anniversaire de Québec, développe pour l’occasion des bornes aux couleurs de la France sur les abords de quelques artères du quartier mentionné (exemple : coin Saint-Denis/Rachel). Par ailleurs, ces bornes pourraient aussi agir en tant que plaque commémorant la contribution de la France comme premier peuple fondateur de Montréal.

Un deuxième volet

Parallèlement, histoire de rapprocher les intérêts des Européens dans le quartier, ce projet serait orchestré conjointement par une délimitation officielle du district portugais, l’autre grande communauté culturelle du Plateau. En effet, bien enraciné dans l’ouest du quartier depuis des décennies, le Plateau comporte aussi la plus grande concentration de portugais au Canada. Donc, en reconnaissant finalement cette communauté, nous permettrons aux Québécois d’origine portugaise de se sentir mieux inclus à la société québécoise, tout en sensibilisant ceux-ci à la défense de la culture franco-québécoise en Amérique du Nord. Donc, dans cette zone, je propose, entre autres, qu’il y ait des plaques commémoratives expliquant la contribution des Portugais à Montréal, et, rien de moins, une possibilité d’afficher en portugais. Après tout, par le Brésil, le portugais est l’une des quatre grandes langues des Amériques.

Pétition proposé :
Par la présente, nous appuyons l’idée que la Ville de Montréal reconnaisse officiellement une zone comme étant « quartier portugais » à l’ouest de la rue Saint-Denis dans le Plateau Mont-Royal. En effet, les Québécois d’origine portugaise sont bien enracinés dans cette zone depuis des décennies, si bien que l’ouest du Plateau Mont-Royal comporte la plus grande concentration de citoyens d’origine portugaise au Canada. Ainsi, considérant que les montréalais d’origine portugaise ont contribué au développement économique, social et culturel de la Ville de Montréal, considérant que le développement à Montréal de zones culturellement teintes est une richesse pour la diversité globale, considérant à l’heure de la mondialisation que le portugais est l’une des quatre grandes langues des Amériques, considérant le succès attractif de la Petite Italie à Montréal, nous demandons aux politiciens concernés d’activer la réalisation de ce projet.

Le mélange dans le Plateau de la France et du Portugal… un pont entre le Québec et l’Europe

Penser globalement, agir localement

Pour savoir où est-ce que l’on va, il faut savoir par où on est passé. Le rêve de Gérald Godin, notre ancien député, était de confirmer le Plateau comme premier quartier de Montréal combinant le multiculturalisme à la langue française. Je pense que nous y sommes arrivés. Toutefois, nous pouvons aussi formaliser davantage son rêve, en devenant définitivement une porte d’entrée des valeurs européennes en Amérique. Et croyez-moi, à l’heure où les canadiens ont élu à la tête du pays Stephen Harper et les conservateurs, nous nous orientons à cent milles à l’heure vers le modèle étasunien. Cette direction politique n’est pas le choix des résidants du Plateau et des Québécois ; or, par la mise en place du projet que je vous propose, nous pouvons contribuer à la résistance de notre assimilation. En effet, ce petit geste dans le Plateau serait, du moins chez nous, un pas dans la bonne direction pour contrebalancer l’américanisation de nos concitoyens québécois. À nous donc, d’instiguer des procédés pour protéger notre mode de vie.

D’autre part, (je parlerai ici pour ma paroisse écologique) quant à Projet Montréal nous parlons d’instaurer un réseau de tramways dans la ville et il est vrai que les Français comprennent relativement plus rapidement que les Québécois la faisabilité du Projet. Comme quoi, les ressortissants européens auront probablement contribué au succès électoral de Projet Montréal dans le Plateau. Ainsi, dans cette logique, plus nous mettrons en valeur des références européennes dans le Plateau, plus nous contribuerons à faire évoluer notre société vers nos objectifs politiques (du moins, ceux qui partagent les miens).

En définitive, ce petit projet est :

  • bon pour Projet Montréal,
  • bon pour les résidents du Plateau,
  • bon pour les Portugais de Montréal,
  • bon pour les Français,
  • bon pour les Européens,
  • bon pour la francophonie,
  • bon pour la souveraineté du Québec.
  • bon pour les Québécois,

Toutefois, puisque ce projet s’avère politique, j’ai nécessairement besoin d’appuis pour le réaliser. Pour ce faire, êtes-vous donc prêts à me donner la main ?

Voici que l’évolution, si elle a pu nous séparer, nous approche maintenant directement. Il s’agit cette fois, non point seulement des sentiments à partager, mais de choses à faire ensemble
Charles de Gaulle

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