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Posté par le 16 mai 2006 dans Anecdote, Société

Un Chemin de croix vers Ville St-Laurent

Un Chemin de croix vers Ville St-Laurent

De l’année 2006, je n’ai jamais autant sacré que jeudi dernier pendant mon petit voyage pour aller passer le test idiot de Statistiques Canada dans le but de devenir recenseur. En effet, mine de rien, ma journée fut totalement scrappée par ma petite excursion à Ville St-Laurent. Mais quel est l’idée aussi d’amener les postulants au milieu de nulle part, littéralement au no man’s land de Montréal ? Montréal n’est pas Laval à ce que je sache, nous avons un centre-ville!

Théoriquement, tout commence simplement par un premier rendez-vous à 13h30. Évidemment, il fallait que mon imprimante fasse sa femme par une panne d’humeur. Avec seulement 45 minutes de lousse avant le rendez-vous, je me résigne donc à oublier l’impression de mon CV. La loi de Murphy étant sur mon cas… le ?&?$?&$ de métro tombe en panne durant 15 minutes… uniquement à deux stations de celle à laquelle je dois débarquer, de surcroit sur la ligne orange ou je suis, spécifiquement en direction de l’endroit ou je vais (Bingo!). Fak je me retrouve à la station Crémazie exactement à l’heure où commence le test. Surprise, l’autobus 100 qui longe l’autoroute métropolitaine vers l’ouest ne passe qu’à toutes les 45 minutes. Sachant que la deuxième batch pour passer le test est à 19h, je décide donc de retourner chez moi, me résignant bien sûr à rater ma première expérience de Ultimate Frisbee prévue en soirée. Mais tout cela était le prélude à la deuxième promenade que j’allais me taper.

En effet, apprenant théoriquement de nos erreurs, je pars cette fois-ci de mon domicile avec une heure d’avance, soit 18 heures. Évidement, il fallait qu’à la station Crémazie, l’autobus 100 me passe devant les yeux… comme dans un mauvais film de comédie. Le pire, c’est que je n’hésite jamais à tenter de rattraper par la course les autobus, mais celle-ci fut protégée par un connard de feu rouge, qui vraisemblablement en mode « je-donne-priorité-aux-automobiles », perdura une longue minute… le temps de voir disparaître le transport qui devait m’amener à destination. Ainsi, bien qu’avec 30 minutes d’avance, je fus formellement en retard. Voilà qui introduit ma fabuleuse aventure… longeant le métropolitain.

Hé oui, je me suis tapé la pire promenade que vous prouvez vous imaginer pour un piéton à Montréal. Voulant financer mon éventuel voyage en France, pris dans l’entonnoir de l’espace-temps, je me suis littéralement résigné à foncer dans cet univers inhumain, telle une marmotte voulant franchir une autoroute dans la saison des amours.

Premièrement, la cacophonie ambiante… un flux de chars en furie, c’est VRAIMENT bruyant. Deuxièmement, ben c’est drôlement dangereux pour le petit piéton qui s’aventure dans les entrailles du monstre… et ne croyez pas que vous êtes protégé parce que vous êtes sur un supposé trottoir longeant un axe dénommé Crémazie. Crémazie, c’est bel et bien la voie de service de l’autoroute transcanadienne (alias métropolitain ou 40), au point que des fois elle s’absorbe dans les méandres de l’autoroute pour mieux ressortir plus loin dans le tortillon des voies transversales. Le plus dangereux, c’est qu’elle est périodiquement longée par des stations d’essence qui ravitaillent ce monstrueux délire en combustible… or quand vient le temps à un gros truck assoiffé de se pourvoir en pétrole, croyez-vous alors que le trottoir délimitant l’autoroute de la station essence est réservée à l’usage du petit piéton perdu dans cet univers bétonisé. Ce qui devait arriver arriva, il y a bel et bien un camion-citerne qui a manqué faire une crêpe de votre modeste blogueur. Il est vrai qu’un piéton n’a pas d’affaire sur le bord de l’autoroute traversant coast to coast le beau grand pays … mais c’est quoi aussi l’aberration de faire traverser la voie principale du Canada bord en bord du milieu de notre ile métropolisée ?!? Si ce n’était juste de ma volonté, je vous ferais contourner cette voie en périphérie et je transformerais l’horreur bétonisé en long parc, avec, vous l’aurez deviné… un beau tramway évidemment.

No man's land
Un « No man’s land » à Montréal

Pour en revenir à l’histoire qui m’a amené à cet endroit. Hé bien, j’ai bloqué au milieu de la jonction des autoroutes 40 et 15. La bouche remplie de poussière, les poumons imbibés de NOx, j’ai finalement capitulé en attendant mon transfert pour l’autobus… une longue demi-heure d’agonie à être prisonnier de l’enfer quoi! En effet, j’étais comme le dernier homme vivant, entouré par de l’asphalte en guise de flamme, et les démons avaient ici des formes de voitures. Quant à ce qui aurait pu paraître en enfer pour des montagnes, hé bien dans mon cas c’étaient plutôt un gros cinéma-centre d’achat. À bien y penser, l’enfer ressemble finalement beaucoup au rêve américain, et d’ailleurs, rien qui ne se dégageait du diaporama m’entourant m’indiquait que j’étais en sol québécois. Oh mon Dieu!!! Était-ce là une évocation de l’avenir ?!?

Qu’est-ce ce qu’on ne subirait pas pour gagner un salaire… salaire qui sera mon salut pour quitter mon sol natal pour un stage à Paris. En tout cas, je suis revenu chez moi à 22h… parce qu’imaginez-vous dont que j’ai du faire le voyage inverse au retour. D’ailleurs, Je vous laisse deviner le temps que j’ai pris pour finalement réussir à traverser l’autoroute 40 et aller me positionner pour prendre l’autobus dans la direction opposée.

En conclusion, si vous voulez faire comprendre à une personne la problématique de l’automobile en milieu urbain … je vous ai révélé un parcours extrême à Montréal pour lui démontrer. Aussi laid que dangereux, le portrait manifeste de notre société malade du cancer néolibéral. Merci statistique Canada pour cette agréable escapade !

Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer
Guillaume d’Orange.

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2 Commentaires

  1. Dans ce genre de situation, il ne faut pas oublier que, malgré tout, il y a parfois des humains dans une carrosserie d’automobile et que parfois, oui oui! Cet humain est doté parfois d’un sentiment de solidarité étonnant. Ainsi, lorsque, mal pris, sur le bord de la 40, tu avais besoin d’un transport, tu aurais pu élever ton pouce et peut-être, parmi la grande majorité des imbéciles de la route, y aurait-il eu une personne agréable qui aurait pu t’embarquer gratuitement, de faisant gagner du temps. Moi-même, je n’ai pas d’automobile, et rage contre les méfaits de ce transport dans notre société, mais dans certaines occasions, le secours d’un automobiliste peut nous être d’une grande utilité lorsqu’on se rend en plein milieu de nulle part. Si je n’ai pas été dans le quartier fantôme de St-Laurent, j’ai tout de même fait plusieurs fois le trajet Montréal-Québec, Montréal-Sherbrook, Montréal-Val d’Or le pouce en l’air.

    En tous cas, je te l’accorde, St-Laurent, c’est loin, et l’automobile, c’est mal. Mais parfois, la colère peut nous aveugler et nous faire oublier certaines alternatives agréables.

    Prend ce que tu veux, salut à toi,

    Geoffroy,

  2. Tiens, 6 ans en retard je constate que tu as drôlement bien utilisé une de mes photos 😉

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