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Posté par le 11 mars 2008 dans Entomologie

Un insecte vivant… dans le sommet enneigé du Mont Mégantic ?!?

Chionea

La photo ci-dessus a été trouvé sur l’Internet et n’est pas l’insecte exact mentionné dans l’article

En fin de semaine dernière, Anne-Marie et moi avons été faire de la raquette au Mont Mégantic. A priori, si le fait de s’être évadé à l’extrême-sud du Québec nous a permis d’éviter la tempête de neige historique qui s’est abattue à Montréal, dites-vous que la pluie verglaçante est une température bien plus pénible à vivre encore. Toutefois, dans notre cas, si les précipitations de la tempête étaient bel et bien liquides en Estrie, au fur et à mesure de notre ascension sur le Mont Mégantic, elles se transformèrent graduellement en neige. C’est dans ces circonstances, à 1000 mètres en haut du niveau de la mer, que j’ai découvert un insecte vivant… se promenant dans la neige ?!?

Image de prévisualisation YouTubeVoir ici une vidéo de l’insecte

Sincèrement, non seulement je n’avais jamais vu cette espèce d’insecte, mais je n’aurais jamais cru que des arthropodes pouvaient ainsi se mouvoir à des températures sous le zéro Celsius. Mais que diantre faisait cet insecte dans la neige… et surtout, comment cette espèce peut-elle bien vivre dans ces conditions ?

Comme je l’explique dans l’introduction de mon article « L’étude entomologique peut-elle cohabiter avec la métrosexualité ?« , j’utilise la congélation pour expédier mes spécimens d’insectes. Comprenez alors ma stupéfaction de constater un insecte pouvoir s’animer sur la neige?

Évidemment, j’ai sur le coup cherché à identifier l’insecte. Par la forme de sa tête, ce dernier ressemble à un gros moustique et est assurément dans l’ordre des diptères (un suceur de sang ?!?). Toutefois, le spécimen en question n’ayant pas d’ailes, ou du moins pas encore, je souscris à l’idée qu’il venait à peine d’émerger de sa pupe par l’effet d’un traître rayon de soleil (lui laissant croire à l’arrivée du printemps). Cette rencontre fortuite serait donc le fruit d’un mauvais synchronisme de l’insecte. Mais bon, peu importe cette théorie, puisque ma curiosité a été piquée, je rechercherai prochainement l’identité exacte de cet insecte.

D’ici là, en attendant de vous donner la réponse, je vous annonce au passage l’ouverture de ma galerie « Au Jour le Jour ». En effet, il y a longtemps que je souhaitais dynamiser le téléversement de mes photos quotidiennes sur mon blogue. Or, je pense que cette section, doublée à une vignette aléatoire du dernier albums déposé (dans ma colonne de droite) sera une bonne formule.

Albulm Photo : au jour le jour
= VOIR ICI LES PHOTOS DE L’EXCURSION =

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9 Commentaires

  1. je suis témoin, il était bien vivant et j’ai franchement très hâte de savoir ce qu’était cette « bébitte ».

    Par ailleurs j’invite tout le monde à aller visiter le parc du Mont-Mégantic et l’astro-lab c’est une activité très intéressante et enrichissante. Imaginez avec de la NEIGE et une randonnée de raquette aux flambaux !

  2. Bon, j’ai finalement réussi à trouver l’identité de l’insecte… j’étais vraiment hors-piste avec ma théorie.

    Une chance que je ne suis pas le seul à me questionner à ce sujet :

    http://taos-telecommunity.org/EPOW/EPOW-Archive/archive_2005/EPOW-051010.htm
    http://somethingscrawlinginmyhair.com/2008/01/19/snow-fly/
    http://www.microscopy-uk.org.uk/mag/indexmag.html?http://www.microscopy-uk.org.uk/mag/artjan99/basnow.html
    http://aeaq.ca/_disc1/000008f0.htm
    http://205.236.43.168/tm.aspx?m=12067

    Alors, voici « la mouche des neiges », c’est-à-dire en latin, le genre des Chionea. Dans un premier temps, si effectivement les Chionea sont dans l’ordre des diptères, elles n’ont carrément pas d’ailes puisqu’elles vivent vraiment en hiver. He oui, pour pouvoir survivre à des températures sous le zéro Celsius, cet insecte singulier aurait substitué l’eau de son corps pour du glycérol (un antigel).

    Voir ici une vidéo Youtube de l’insecte : http://www.youtube.com/watch?v=WOHsWLT8sq8
    Lire ici une étude complète sur le sujet
    Puis ici sur les stratégies employées par les insectes pour survivre à l’hiver

    Voilà qui sera certainement intéressant pour l’avancée de la cryogénie.

  3. Nouvelles référence ici

    Insects in the Snow

    We do not think of insects being active in the wintertime, especially with snow on the ground. Winter is the time where the only signs of insects are the eggs they have lain, waiting for the spring to hatch. Mole crickets are dormant just below the frost line in the soil. Bees remain dormant in hives and ants are in underground chambers. Both are in a slowed metabolic state. Some butterflies, such as the Monarchs have migrated to warmer, Southern sites. Other butterflies and moths are either in cocoons or exist as dormant caterpillars. There are a few that survive as adults in the winter, such as the Mourning Cloak butterfly. You may find them hibernating in a woodpile or flying about on a sunny winter afternoon.

    However, some insects are the most active in the winter snow! Why? Because being active and adult in this season gives them a huge advantage. Their predators such as spiders, frogs and birds are either dormant or have migrated.

    Illustration of 3 snow insects, courtesy of Bill Amos & Micscape Magazine.

    The best time to find these snow insects is in late winter to early spring on a sunny afternoon. Decomposing logs generate heat, as does leaf litter especially near the base of a tree trunk and it is at these sites that you may find the following three species:

    Snow fleas are in the insect order commonly called springtails. They are wingless insects that have springing organs, which are short appendages that allow the creatures to “spring” in the air. There are some species of snow flea however that does not have this organ. These insects have long slender bodies no more than 1/8 “ in size. They are often found as grayish dots jumping about the base of a tree on top of the snow. Snow fleas can also be found around maple sugaring buckets. Decaying plant material and algae are their food sources.

    Scorpion Fly species found in winter are wingless. The larvae have been laid at the base of a tree, especially in moist woods. The adults about 2/3” in length, emerge in the winter with a beak – like head, and the tip of the abdomen bending up giving the appearance of a scorpion. This harmless insect eats dead or living insects. They can often be found on the top of snow.

    Snow Flies are not the common flies that you find the in summer, but are often mistaken for small spiders. They are not spiders, count their legs and you will see they have the six of insect species. The wingless adults walk around on the snow looking for mates. Once the female has mated, she goes into the snow or soil to lay eggs. The snow fly larva are found in the summer in mouse burrows, underground wasp nests or rich organic soil Much of the life history of the snow fly has yet to be studied.

    Some hints for hunting snow insects: Warm afternoons are the best time. February is the peak month to find the most activity. Look on the south side of trees and logs to find insects instead of the colder north side. Trees in moist areas, or close to open, running water produce the most finds.

  4. Je viens de découvrir, sur le site Web de l’insectarium, un texte très explicite au sujet des chionea.

    http://www2.ville.montreal.qc.ca/insectarium/toile/nouveau/menu.php?s=info&p=preview.php%3Fsection%3Darticles%26page%3D26

    Des « mouches » qui n’ont pas froid aux yeux

    Il existe au Québec quelques espèces d’insectes actives en plein hiver. Les tipules du genre Chionea constituent un exemple tout à fait déconcertant. Elles préfèrent accomplir leur cycle de reproduction l’hiver plutôt que l’été. Pendant la saison chaude, elles se cachent dans les litières de feuilles.

    Très diversifiées, les tipules sont des diptères communs; on dirait des maringouins géants, mais elles sont inoffensives. Même pour l’entomologiste, nos deux espèces de « mouches des neiges » sont pour le moins bizarres. Dépourvues d’ailes, avec un corps plutôt trapu et des pattes fortes, elles ressemblent à de petites araignées qui ne dépasseraient pas les huit millimètres. Elles vivent sur des pentes rocheuses prononcées, là où les rayons du soleil ont parfois la chance d’atteindre le sol. Selon un naturaliste qui en a récolté à plusieurs reprises au Saguenay-Lac-Saint-Jean, les adultes sont particulièrement actifs à la veille d’une chute de neige, lorsque le mercure approche de 0 °C. Il est alors possible de voir en fin de journée des mâles et des femelles marcher sur la neige et s’accoupler.

    Mais comment font les insectes pour résister à l’hiver?

    Les insectes qui résistent à notre long hiver ont développé des adaptations physiologiques essentielles. Par exemple, lorsque la température moyenne baisse à l’automne, ils se débarrassent de l’eau qui n’est pas essentielle à leur métabolisme. En outre, ils accumulent de petites molécules de glycérol qui leur serviront en quelque sorte d’antigel…

    Chez les espèces terrestres qui ne sont pas protégées des grands froids par un épais tapis de neige, un ensemble de protéines particulières permettra le contrôle de la cristallisation des molécules d’eau. Car ce sont les bris cellulaires occasionnés par cette cristallisation qui amènent la mort de l’organisme. En isolant les molécules d’eau et en favorisant leur cristallisation à l’extérieur des cellules, les chances de survie de l’insecte sont de loin supérieures. Des mécanismes similaires entrent en jeu chez d’autres invertébrés, de même que chez quelques espèces d’amphibiens et de reptiles qui gèlent presque entièrement au cours de l’hiver.

    L’intégration de ces adaptations physiologiques au code génétique d’une espèce permettra à cette dernière de perdurer dans une région froide. Les espèces du sud n’ont pas la capacité de résister au froid; si elles devaient se retrouver chez nous par accident, elles ne passeraient certainement pas l’hiver…

    Robert Loiselle est l’auteur, en collaboration avec Daniel J. Leprince, du livre L’entomologiste amateur, publié aux Publications du Québec en 1987.

  5. Salut Carl,
    Tu n’est pas fou. Car, moi aussi j’ai pu observer cet étrange insecte à trois reprises ce matin-même (22 janvier 2009) au sommet du mont st-Grégoire à
    -5’C avec une légère neige folle qui tombait. Si jamais tu fais d’autre découverte du genre, n’hésite pas à partager l’information sur ton site

    Daniel
    St-Jean-sur-Richelieu

  6. Salut Daniel,

    Ton commentaire met en évidence que la mouche des neiges fait des cimes hivernales son biotope de prédilection.

    Décidément, c’est un insecte incroyable.

  7. Bonjour Carl, très intéressant comme histoire ! Pour enrichir ton article, je voulais signaler l’existence d’un autre ordre d’insecte actif l’hiver au Québec, soit le celui des Collemboles, ou « puces de neige ». Cet insecte aurait évolué dans des climats frais, d’où sa capacité à vivre dans des températures très basses. Vous pouvez chercher Hypogastrura nivicola pour plus d’informations.

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