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Posté par le 1 février 2010 dans Journal de bord, Souvenirs

Une décennie sur Berri

rue Hôtel-de-ville à Montréal

De la fenêtre de mon bureau, j’ai aperçu le camion de déménagement de la locataire que je remplacerai bientôt

Aujourd’hui, cela fait exactement une décennie que j’habite en colocation dans mon logement sur la rue Berri.  Aujourd’hui, j’ai surtout  signé le bail de mon nouvel appartement; un moderne 3 ½ à dix secondes de mon bureau. Si bien qu’un chapitre dans le livre de ma vie se termine… et surtout, une nouvelle vie commence.

Quand j’y pense, il y a 10 ans, avec le passage au nouveau millénaire, je quittais Mélodie, ma première vraie blonde. Il y a 10 ans exactement, le 1er février de l’an 2000, je quittais un petit logement de la rue Garnier pour aménager dans la grande chambre sans fenêtre de l’apart à Phil et Fred. Mais je le présentais, en me positionnant au centre géographique de mon quartier, j’instiguais une base à mes projets… j’ouvrais une fenêtre sur mon destin politique.

Toutefois, ce ne fut pas un déménagement sans sacrifice. En effet, je voulais tellement saisir cette occasion que je du sous-louer en catastrophe mon logement de la rue Garnier; et même donner mon chat. Comble de malheur, mon sous-locataire s’avéra être un héroïnomane… et il ne me paya que le premier mois de loyer. Le propriétaire de la rue Garnier me menaçant alors de m’amener à la régie du logement, j’étais vraiment pris entre l’arbre et l’écorce. Bref, cette mésaventure trouva sa conclusion lorsque je dévissai la porte d’entrée du logement en question (un marché avec le propriétaire pour avoir le privilège de casser le bail de la rue Garnier). Mais je n’étais pas sorti du bois pour autant.

Effectivement, mes nouveaux colocataires me louaient ma chambre au «prix du marché», et mon chèque d’aide sociale couvrant alors 90% de ce montant, il y eut une crise dans le logement. Mais heureusement, malgré mon statut social «inférieur», mes mesures socialistes finirent par triompher (transparence des factures, plan budgétaire et loyer équitable en fonction des chambres). Puis, nous transformâmes la salle de lavage en microchambre pour dépanner Olivier, mon ancien coloc de la rue De Lorimier. Toutefois, non seulement ce dernier demeura près de 2 ans dans ces conditions, mais il y eu même Gaston pour arriver à dormir quelques semaines dans la shed. Pour ainsi dire à ce moment, nous étions cinq à vivre dans le logement sur Berri.

Mes colocs en 2002

Seb, Gaston, Oli, Chuck et moi

Au fil du temps, faute d’augmentation substantielle, le prix du loyer total finit par se stabiliser… et notre logement devenu alors une poche économique dans une zone très embourgeoisé du Plateau. Parallèlement, le pourcentage alloué à ma part de loyer se réduisit. Subséquemment, j’arrivai à me dégager du temps libre pour développer ma progression sociale.  Ainsi, je terminai mes études en multimédia, commençai des cours à l’université, mis sur pied un blogue. Mais surtout, je m’impliquai dans plusieurs organismes sociopolitiques. Graduellement, je m’enfermais alors dans ma chambre afin d’écrire des milliers de courriels…  je coordonnais la mise en place d’un nouveau parti municipale dans mon quartier. Cependant, aux yeux de mes colocs, je devenais un être asocial et déconnecté de la réalité du salon…  c’est-à-dire dans «un parti politique imaginaire».

C’est ainsi qu’au fil de la décennie, il eut plusieurs colocs qui se relayèrent… et ce logement deveint en sorte un repère de la jeunesse dans le Plateau. Au bout du compte, combien avons-nous été à passer par la rue Berri? À cette réponse, seul Olivier arrive encore à nommer l’ensemble des anciens colocs de la rue Berri; de surcroit, dans leur bon ordre d’entrée. Finalement, nous serons arrivés à loger une vingtaine dans cette unique décennie.

Aujourd’hui, je ferme donc le livre de la rue Berri. Mais j’ai beau toujours vivre la tête dans l’avenir, cette époque demeurera au centre de mon identité; et littéralement, je pense avoir vécu une inracontable pièce de théâtre en grandeur nature. Bien sûr, mon âme d’artiste solitaire n’a jamais vraiment correspondu avec le mode de vie en colocation; d’autant plus que dans ce contexte, on n’est jamais vraiment chez soi. Mais dans ce qui fut donc pour moi un voyage collectivement économique, j’aurai compris l’importance du logement dans le rapport argent/qualité de vie. Puis, quoi de mieux que l’expérience en colocation pour approfondir le partage de l’espace et des responsabilités, pour accroitre les limites de la tolérance et appréhender les subtiles frontières de la liberté entre voisins. Bref, la colocation, c’est quelque part aussi apprendre à vivre en société.

Il y a longtemps, sur le fleuve de la vie, j’avais entamé une immense traversée à la nage. Pour ainsi dire, non seulement je me suis accroché à demeurer dans mon quartier, mais avec un minimum de revenus, j’aurai surnagé jusqu’à une nouvelle réalité sociale. Me voilà maintenant de l’autre côté de la rive, à l’Hôtel-de-Ville. Me voilà enfin presque chez moi… près à entreprendre des nouveaux défis pour la progression de ma société.

Le logement, ce n’est pas seulement un lieu de résidence, c’est l’ancrage d’une personne dans sa société, c’est là où se construit l’individu qu’il deviendra
– Moi-même, dans mon discours en tant que candidat de Projet Montréal à la dernière élection

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4 Commentaires

  1. Touchant :p

  2. Probablement le fait que je suis pas sorteux: j’habite Berri, en face… depuis toujours et je ne vous ai jamais rencontré! Vous aurez 2 adresse sur l’Hotel de Ville? C’est une réussite!

  3. Peut-être une autre nouveauté dans votre univers.

    À surveiller le 16 mars…

  4. On pourait en faire une belle piece de theatre

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