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Posté par le 4 mars 2018 dans Bloc Québécois, Non classé

Le Bloc québécois à la croisée des chemins (encore)

Bloc québécois

J’ai beau avoir pris ma retraite de la politique active, je suis toujours attaché affectivement au Bloc québécois; au point d’y avoir toujours renouvelé ma carte de membre depuis ses origines. En effet, malgré la dégelée que le Bloc a reçue durant la vague orange en 2011, j’ai toujours pensé, et pense encore, que ce Parti a encore un rôle à jouer pour l’option indépendantiste au Québec.

Bien que nous admettrons d’emblée que la situation est actuellement difficile pour les formations souverainistes, il s’est actuellement dégagé une éclaircie politique sur la scène fédérale. Effectivement, la superficielle image de Justin Trudeau à bien pâlit depuis son élection, or ni le nouveau chef religieusement ostentatoire du NPD ni le fade inconnu à la tête PCC ne semblent en position pour électoralement tirer profit de la situation au Québec. Quant au Bloc québécois, encore faudrait-il que ses officiers demeurent unis pour se remettre à gagner des points face à l’opinion publique. Mais ça, c’était trop en demander à nos politiciens, semble-t-il. À cet effet, je ne vous cacherai pas ma consternation lorsque j’ai appris la démission de sept députés du caucus bloquiste la semaine dernière.

Grosso modo, on peut commencer par dire ici que cette fronde envers la cheffe du Parti aurait été parrainée par Gilles Duceppe et son réseau d’influence en réaction à l’incapacité de Martine Ouellet et son entourage à pouvoir travailler avec les députés démissionnaires. Mais qu’importe ici les raisons de tout un chacun, la triste conséquence c’est que le Bloc québécois risque de bientôt expirer. Face à la décision de Martine Ouellet de demeurer en poste (prévisible), deux avenues (perdantes) semblent se dessiner devant nous. En effet, que les démissionnaires démarrent un nouveau parti nationaliste au nom des intérêts du Québec sur la scène fédérale ou que l’actuel Bloc québécois fasse cavalier seul en se radicalisant davantage dans une démarche militante, le résultat probable sera la disparition des souverainistes à la Chambre des communes. Dans les faits, le Bloc québécois est actuellement trop faible pour se permettre une telle division, qui de surcroît, apporte déjà son lot de répercussions dans l’ensemble du mouvement souverainiste (par exemple, la lutte fratricide entre Jean-Martin Aussant et Maxime Laporte à l’investiture péquiste de Pointe-aux-Trembles).

Avant de trouver une solution, il faudra maintenant regarder la vérité en face : il y a deux « tendances » qui se sont accentuées dans le Bloc québécois, et cette dynamique s’est malheureusement accélérée depuis l’élection de Mario Beaulieu à la direction du Bloc en 2014. D’un côté, il y a ceux voulant poursuivre la mission historique du Parti en basant leur mission sur la défense des intérêts du Québec à Ottawa (l’ancien establishment), de l’autre, ceux (davantage militants) voulant configurer le Bloc en véhicule de promotion indépendantiste. À priori, si je suis de ceux qui disait que c’était un faux-débat (on peut très bien faire « la promotion de l’indépendance » et tout autant « défendre les intérêts du Québec »), avec du recul je suis forcé d’admettre que deux clans s’articulent désormais autour de ces deux pôles. Or ça, c’est très mauvais pour la cohésion globale de notre organisation; voire encore pire si cette dynamique dégénère dans une logique de lutte à finir. En ce sens, il m’apparaît impératif de reconnaître les deux différentes « communautés de pensée » en leur assurant des représentants dans toutes les instances, puis de gommer ce clivage menaçant en se redonnant confiance mutuellement à travers un plan de match commun. D’ailleurs, l’intervention ici d’un médiateur professionnel en résolution de conflit pourrait être judicieuse.

Et maintenant, c’est quoi la suite ?

Si Martine Ouellet nous a évité le pire en refusant d’expulser les députés démissionnaires du Bloc québécois, le statu quo n’est pas pour autant la solution. Est-ce que cela implique nécessairement que Martine Oulette doit quitter sa fonction de chef ? J’ai beau lui trouver plusieurs qualités, elle n’est malheureusement plus la personne de la situation si elle n’est pas en mesure de rapatrier notre aile parlementaire au bercail. Qui sait ici, peut-être faudra-t-il qu’elle s’assoie avec Gilles Duceppe pour trouver la formule qui maintiendra le parti ensemble. À l’aube de deux élections déterminantes pour l’avenir du mouvement souverainiste, le Québec a besoin d’un Bloc québécois uni, pas d’une énième division.

Le Bureau national du Bloc Québécois poursuivra sa rencontre extraordinaire samedi prochain pour terminer la prise de décision visant à articuler la suite des choses.

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