La mission du second rôle
La nuit dernière, j’ai fait un court rêve qui, ma foi, s’avère intéressant à interpréter.
Je suis habillé en habit d’homme-grenouille et je nage à côté d’un bateau, seul au milieu d’une mer calme. Du moins pour l’instant, car le ciel est uniformément gris et le vent commence à se lever, ce qui me laisse présager l’arrivée d’une tempête.

Je m’inquiète alors pour Luc Ferrandez, qui explore seul le fond océanique comme scaphandrier depuis plusieurs journées. Je présume qu’il va bien, puisque les collègues à bord du bateau de recherche sont en communication radio avec lui et ne m’ont rien signalé d’anormal. Malgré tout, je décide de mon propre chef de remonter Luc avant que la tempête n’éclate.
À ce moment, je comprends que mon rôle consiste à assurer la surveillance du lien d’oxygène qui le relie au bateau. Je me sens toutefois frustré de ne pas avoir reçu d’appareil me permettant d’être en contact radio avec l’équipage. Je sacre intérieurement contre l’irresponsabilité des opérateurs de cette mission, car je ne peux ni savoir ce qui se passe à bord, ni appeler de l’aide en cas d’urgence, ni même demander l’autorisation pour effectuer une manœuvre.
J’active alors une sorte de grue afin de remonter Luc sur le bateau, puis je plonge dans l’eau pour m’assurer que le tube d’air ne se coince pas. C’est à ce moment-là que, sous l’eau, j’observe le visage de Luc à travers son scaphandre. Ses yeux sont fermés. Son visage est impassible, peut-être inconscient. Je n’arrive pas à décoder son état de santé.

À bord du bateau, mes « collègues » sont fébriles au retour de Luc. Ils courent de long en large sur le pont en gesticulant et en criant « The mayor are back! ». Je réalise alors que je ne reconnais plus aucun membre de l’équipage. Je me demande depuis combien de temps je suis moi-même dans l’eau. Aurais-je été inconscient au point d’avoir laissé le maire sans oxygène pendant plusieurs jours? Toujours dans l’eau, j’attends qu’on s’occupe enfin de moi pour me faire embarquer, mais le bateau finit par partir sans moi.

En regardant le navire s’éloigner à l’horizon, je me demande comment j’ai pu accorder autant de confiance à une entreprise, au point de me retrouver seul, sans aucune garantie de retour. Était-ce parce que je croyais être respecté pour tous les risques que j’avais pris individuellement pour cette mission? Mais, au fond, mon rôle était-il réellement essentiel à la mission?

Quiconque lutte contre des monstres devrait prendre garde, dans le combat, à ne pas devenir monstre lui-même. Et quant à celui qui scrute le fond de l’abysse, l’abysse le scrute à son tour
– Friedrich Nietzsche



























Plongeur
Que l’on voit: on sera appelé à prendre une décision grave
Que l’on est: de grands avantages que procureras uene décision courageuse.
Bateau
Dans lequel on se trouve: il faut réexaminer l’intention de procéder bientôt a un changement ou a une modification
MORT
Terme évident d’un chapitre de la vie