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Posté par le 10 août 2010 dans Politique municipale, Sports

Pour une surface de soccer synthétique au parc Laurier

terrain de soccer

À quand ce point de vue au parc Laurier ?

Il y a quelques temps, j’avais écrit le premier texte d’une série d’articles portant sur le parc Laurier. Toutefois, ce dernier texte avait aussi pour objectif de préparer la table pour un projet qui m’apparait socialement mésestimé. C’est-à-dire, celui de la conversion de la surface du terrain de soccer naturel en surface synthétique.

Mise en contexte (d’un point de vue personnel)

Avant mon élection, je n’avais jamais entendu parler de cette idée. Puis, étant attitré aux dossiers de sport et loisirs dans le caucus des élus, j’ai eu l’occasion de rencontrer des promoteurs pour ce projet. À vrai dire, grâce à des sensibilités personnelles, j’ai été très facile à convaincre de sa pertinence. En effet, j’ai non seulement grandi devant le parc Laurier, mais durant toute mon enfance, je rêvais de jouer dans une équipe de soccer. À cette époque, puisque l’offre de soccer n’existait pas encore dans le Plateau, je me suis orienté vers d’autres sports où j’étais moins performant.

la coupe du monde et moi

Dans mon article « La coupe du monde et moi », j’explique les débuts de ma relation avec le soccer

Jeune adulte, j’intégrerai tout de même le soccer en jouant durant deux années dans le cadre d’une activité récréative offerte par le Centre Immaculée-Conception. Toutefois, malgré mes aptitudes défensives, ma vélocité et mon « cardio » d’enfer, je n’aurai jamais l’occasion de jouer une partie compétitive à 11 contre 11 sur un terrain officiel.

Or, voilà maintenant que je découvre l’existence du Club de Soccer Les Boucaniers. Mis sur pied au début de 2003, le Club est officiellement reconnu par mon arrondissement comme le partenaire officiel pour le développement du soccer dans le Plateau-Mont-Royal. Actuellement, comme la plupart des clubs de soccer du Québec, Les Boucaniers structurent autant leurs activités dans le secteur récréatif que le secteur compétitif. Ainsi, ce club de soccer permet actuellement aux jeunes du Plateau de pratiquer le sport dont je rêvais dans les années 80-90. Pour ainsi dire, je me sens donc naturellement porté à consacrer l’offre de soccer dans mon quartier… voire, de contribuer, moi aussi, à son développement.

Le problème

Aujourd’hui, les choses ont bien changé depuis mon temps où le soccer était un sport émergeant au Québec. Formellement en 2009, le club de soccer les Boucaniers implique 600 joueurs inscrits (50% provenant du Plateau) et 11 équipes compétitives pour tous les niveaux d’âges. Cependant, si le Club a réussi à augmenter son offre de services durant la dernière décennie, le manque de terrains disponibles oblige maintenant les Boucaniers à refuser plusieurs inscriptions. Et puisque la demande est toujours en hausse, ces refus sont parallèlement en constante augmentation (230 inscriptions référées à d’autres arrondissements en 2009).

Ensuite, le membership du Club murit, si bien qu’il y a maintenant plus d’équipes évoluant dans des ligues compétitives. Or, avoir des équipes compétitives implique aussi de consacrer plus de temps aux pratiques et offrir des terrains aux dimensions officielles à l’Association Régionale de Soccer Concordia (ARSC) pour fixer des matchs locaux. Ainsi, les Boucaniers doivent se rabattre sur le terrain du parc Laurier, une surface en gazon qui est en très mauvais état (il est d’ailleurs surnommé « le champ de patates »). Aussi, parce que ce terrain est dangereux pour les blessures à cause des cavités et restreint en temps d’utilisation, les matchs locaux sont très souvent relocalisés dans des arrondissements limitrophes. Or, les jeunes joueurs du Plateau n’ont pas souvent la chance de disputer les matchs locaux dans leur quartier et doivent se déplacer dans d’autres arrondissements pour pouvoir « jouer à la maison ». Disons que tout ceci ne fait pas honneur à notre quartier.

terrain de soccer au parc Laurier

Étant donné l’usure du terrain de soccer du parc Laurier, l’arrondissement limite ainsi son utilisation à quelques heures par semaine. En effet, le piétinement excessif et les intempéries transforment durant l’été le terrain en lac de boue.

Bref, si le Plateau compte désormais un bon bassin de joueurs de soccer, leur potentiel de développement est tout autant freiné que notre offre à servir davantage de sports aux jeunes et aux enfants. Il m’apparait donc nécessaire de remédier à cette situation le plus rapidement possible.

Des tensions administratives

Par ailleurs, parce que la demande en soccer presse nos services administratifs comme un citron pour obtenir les derniers plateaux sportifs disponibles dans l’arrondissement, il se développe un stress entre nos fonctionnaires, certains groupes requérants et le conseil d’arrondissement pris à partie. Car, voyez-vous, il y a d’autres activités que le soccer qui demandent à utiliser nos surfaces de jeu. Or, pour nous, c’est devenu une charge supplémentaire que de manœuvrer dans les circonstances où nous devons refuser la majorité des demandes des divers groupes (en compétition les uns les autres pour les parcelles de terrains disponibles). Évidemment, Il va de soit qu’un terrain optimisé, voire un nouveau terrain multisport, libérerait plusieurs ressources administratives… à la grande satisfaction des groupes sportifs du quartier.

Et le rugby aussi

À cet effet, rappelons-nous aussi l’épisode d’une cinquantaine de joueurs de rugby mécontents qui avait envahi la salle du conseil pour protester contre leur expulsion du Plateau l’année dernière. La mairesse de l’époque avait alors évoqué la destruction du terrain (toujours celui de soccer du parc Laurier) par les crampons des joueurs pour justifier la décision. Dans les faits toutefois, ce n’est pas plus le rugby que le soccer le problème, mais bien simplement la quantité d’utilisateurs sur le terrain. Or, si les clubs de rugby dans le Plateau ont eu un répit en montant ainsi aux barricades, je crains fortement le transfert de ce sport vers un autre arrondissement l’année prochaine. Ici, comment dire que ce sport émergeant et propulsé par la communauté française du quartier est un symbole d’émancipation du fait français au cœur du Plateau. Bref, dans le contexte actuel où nous tentons de protéger la surface gazonnée du terrain, tout nouveau sport sur celle-ci est malheureusement perçu comme une nuisance administrative plutôt comme une plus-value pour la population.

terrain de soccer au parc Laurier

D’ailleurs, il faut ici comprendre que l’ajout de lumière autour du terrain n’allongera pas son temps utilisation

La solution principale: Convertir la surface du terrain du parc Laurier en gazon synthétique

En considérant le fait que l’espace disponible dans le Plateau-Mont-Royal est très limité, il nous faudra faire preuve d’imagination si nous voulons réellement bonifier l’offre de sport dans le quartier. Mais à moins de convertir un stationnement du quartier ou de transformer l’un des cinq terrains de baseball en terrain de soccer, la solution la plus réaliste demeure le changement de la surface du terrain du parc Laurier en gazon synthétique.

D’entrée, cette action permettrait au terrain d’être utilisé en tout temps. Concrètement, cela équivaut donc à maximiser la polyvalence du terrain, à mieux partager son utilisation entre les divers groupes puis à bonifier l’offre de sport. Ensuite, sur ce seul terrain de soccer à 11 du ressort de l’arrondissement, nous assurerions le développement de ce sport dans le Plateau. En plus, on pourrait profiter de l’occasion pour y installer deux terrains transversaux de soccer à 7 (pour les pratiques et les ligues récréatives) et y déployer un lignage d’une couleur différente pour élaborer un terrain officiel de rugby

Le débat

Cependant, comme pour tous les investissements collectifs, il y a des réticences à ce projet. La première est d’ordre écologique, la deuxième est une question de priorité politique; donc du ressort économique.

D’emblée, il est vrai que les terrains en surface synthétique forment des îlots de chaleur (environ 4°C plus chauds que le gazon, et 8°C plus chauds que l’air ambiant).Puis, il pourra apparaitre incongru de mettre du « pétrole » dans un espace vert. Toutefois, quand on veut véritablement faire du développement durable, on se doit de tenir compte de tous les aspects, positifs et négatifs, du problème dans la balance. Ainsi, je distinguerai le projet en cinq aspects.

L’aspect écologique

Puisque les réticences semblent surtout du ressort écologique, il faudra concevoir l’ensemble des impacts de ce projet dans une vision globale. Ainsi, nous pourrions compenser des impacts environnementaux par différentes mesures d’atténuation. Or, en termes de lutte aux ilots de chaleur et de température, se pourrait-il que nos dernières mesures de désasphaltage et de verdissement dans le parc Laurier puissent balancer l’ajout d’une surface de sport artificielle? Ensuite, la suppression des opérations de  tonte engendre des économies d’énergies significatives et contribue à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

D’autre part, si les terrains naturels filtrent l’air ambiant et participent au cycle de l’eau (infiltration, ruissellement), les terrains synthétiques quant à eux forment des déserts biologiques. Mais d’un autre côté, les terrains synthétiques n’ont pas besoin d’être arrosés aussi fréquemment qu’un terrain naturel. Cependant, la consommation d’eau n’est pas nulle, car il peut être nécessaire de refroidir la surface de jeu lorsqu’il fait très chaud, ce qui arrive très peu de fois pendant l’été à Montréal (maximum deux semaines au  mois je juillet). On peut noter également qu’un terrain synthétique offre une surface de collecte des eaux pluviales importantes. Or, la récupération de ce volume d’eau peut être utilisée pour l’arrosage à proximité d’un terrain en gazon naturel. Fait à noter, la pratique d’un sport sur un terrain synthétique n’est pas très salissante pour les joueurs et les équipements utilisés. Ainsi, de nombreux litres d’eau peuvent être économisés pour le nettoyage des chaussures de soccer par exemple.

Dernier point, les surfaces synthétiques de 3e génération sont faites à partir de 15-20% de fibres recyclées et 100% recyclable.

Avantage : surface naturelle

L’aspect sur la santé

Les terrains synthétiques de 3e génération (1995 et +) ne présenteraient peu, voire aucun risque toxicologique pour les utilisateurs. Par ailleurs, considérant qu’un gazon synthétique n’entretient pas une microflore se nourrissant de microorganismes, les masses d’eau stagnante exposées à de grandes chaleurs sont toutefois propices au développement de bactéries et champignons. Quand cela arrive, des nettoyages et traitements sont nécessaires pour pallier à cette problématique. Toutefois, si le soubassement du terrain a été construit en suivant strictement les normes établies pour les surfaces synthétiques, il est extrêmement rare que de l’eau s’y accumule. Et même quand cela arrive suite à un précipitation violente d’eau dans un court délais de temps, l’accumulation d’eau est de courte durée, ce qui empêche dans la plupart des cas la stagnation.

Par ailleurs, la régularité offerte par les surfaces de jeux artificielles minimise les blessures aux pieds. Fait à noter, les premiers matériaux étaient relativement rigides et abrasifs et conséquemment généraient des brûlures. Aujourd’hui, les matériaux des fibres sont à base de polyéthylène, de polypropylène, de mélanges ou de combinaisons des deux. Le polypropylène a de meilleures propriétés de résilience que le polyéthylène, mais un plus haut coefficient de frottement. Les fibres peuvent être traitées par des agents assouplissants pour réduire leur caractère abrasif.

En termes de santé publique, il faudra aussi considérer l’offre de sport en équation avec la lutte contre l’obésité. Or, non seulement les gens en santé coutent moins cher collectivement en frais médicaux, mais la pratique du sport contribue généralement au bien-être psychologique de l’individu et à son émancipation sociale.

Avantage : surface synthétique

L’aspect sur l’utilisation

L’avantage essentiel d’un terrain synthétique consiste à offrir une surface de jeu impeccable par tous les temps possible, de mi-mars à fin novembre.  En comparaison, par sa forte utilisation et son entretien (la croissance d’une herbe naturelle), le terrain actuel limite son utilisation à 8 heures de jeu par semaine, et cela, du début juin à la fin octobre et dans la mesure qu’un entretien inténsif y soit effectué et que l’accès soit strictement contrôlé. Ainsi, parce qu’il ne se transforme pas en champ de poussière et/ou de boue, parce qu’il ne présente pas de surfaces irrégulières qui affectent la qualité du jeu, le terrain synthétique supporte un usage intensif (plusieurs milliers d’heures par an)… au point même de pouvoir être déneigé l’hiver, au besoin. Encore une fois, en augmentant ici le nombre d’heures d’utilisation, on favorise la pratique de sport auprès de notre population.

Avantage : surface synthétique

L’aspect sur l’entretien

Pour un terrain naturel, il faut assurer les opérations suivantes : tonte, arrosage, épandage d’engrais, décompactage, sablage, regarnissage, analyses, apports de produits phytosanitaires, traçage de peinture). En contrepartie, le terrain synthétique exigera l’achat d’une machinerie spécialisée pour le nettoyage et le brossage.  Cepandant, les heures de personnel d’entretien seront beaucoup moins nombreuses puisque ces opérations de nettoyage et brossage ont lieu, normalement, deux fois par année (une première fois au début de la saison et une autre fois à la mi-saison).

Avantage : surface synthétique

L’aspect économique

Il va de soit, l’installation d’un terrain synthétique représente un investissement financier considérable. Cependant, après le coût initial, le terrain synthétique s’entretien presque tout seul. A contrario, un terrain naturel est laborieux à entretenir (à travers les branches, on me parle de 300, 000$ par années en frais d’entretien pour l’actuel terrain de soccer du parc Laurier). À titre indicatif, si dans un tableau nous comparons, dans une première colonne, les coûts encourus des deux genres de surfaces sur 10 ans, puis dans l’autre, le nombre de joueurs qui pourront utiliser le terrain, il se dessine rapidement une rentabilité d’échelle en faveur du terrain synthétique. Ensuite, en considérant que le terrain synthétique maximise le nombre d’activités en triplant la clientèle, le coût horaire d’utilisation revient nettement inférieur à celui d’un terrain naturel. Alors, un million d’investissements pourra donc paraitre énorme, mais réparti sur 20 ans, l’économie est majeure.

Avantage : surface synthétique

En résumé, voici donc en quelques lignes les avantages du gazon artificiel sur le gazon naturel :

  • D’abord, il permet un usage intensif illimité, étant donné que l’usure est presque inexistante, contrairement à un terrain de gazon naturel qui ne peut  supporter qu’un maximum de 9 heures par semaine.
  • Pour la même raison précédente, le terrain peut rester ouvert au public, qui pourra l’utiliser en dehors des heures dûment réservées par les clubs et centres sportifs de l’arrondissement.
  • Il demande un entretien minimum, au début de la saison beaucoup moins onéreux que celui d’un terrain de gazon naturel. Le coût de la transformation est rapidement compensé par un coût d’entretien minime.
  • Le coût de vie d’un gazon artificiel de troisième génération est garanti pour 15 ans, mais il peut facilement arriver sans problème à 20 ans, ce qui, en fait un investissement très intéressant à moyen et long terme considérant le rapport coût d’entretien annuel/durée de vie utile du terrain.

La suite des choses

L’installation d’un terrain synthétique dans le parc Laurier n’étant pas dans la plate-forme électorale de Projet Montréal du Plateau, nous pouvons donc considérer ce projet en compétition avec les autres éléments du programme de ma formation politique. Subséquemment, le conseil d’arrondissement est toujours en réflexion quant à faire de ce projet une priorité (politique). En ce sens, si la pertinence de ce projet est acceptée par mes collègues, la prochaine étape en vue de sa réalisation sera de préparer des études techniques afin d’évaluer son cout. Ainsi, en guise de comparaison et premier repère, il faudrait s’inspirer du plan ayant conduit à la conversion de la surface de soccer au parc Père-Marquette. Dans ce cas, on parlerait d’un cout de 1,8 million dollars et d’un projet subventionné par la Ville centre et le gouvernement provincial.

Alors, maintenant, je suis donc rendu à l’étape de mettre la main sur le plan technique du terrain de soccer du parc Père-Marquette puis de rechercher les diverses subventions possibles afin d’évaluer le cout que devra débourser l’arrondissement pour ce projet. Car, je suis convaincu que mes collègues seront plus faciles à convaincre lorsque nous connaitrons ce chiffre.

En terminant, je vous invite à supporter ce projet en allant vous abonner à sa page Facebook. Car, si une majorité des utilisateurs de nos parcs est favorable à cette idée, ce projet pourra alors devenir une priorité de notre administration.

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Donner, recevoir, partager : ces vertus fondamentales du sportif sont de toutes les modes, de toutes les époques. Elles sont le sport.
– Aimé Jacquet

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