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Posté par le 2 septembre 2026
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La Boussole électorale à perdu le nord

Analyse critique des biais de la Boussole électorale et du rôle de Radio-Canada dans la représentation politique du Québec.

Quand Radio-Canada présente comme neutre une cartographie politique qui épouse les catégories du régime canadien

À première vue, la Boussole électorale ressemble à un simple outil permettant aux citoyens de comparer leurs opinions à celles des partis. Mais en remontant son histoire, j’ai découvert que la véritable question se situe en amont du calcul : qui dessine la carte sur laquelle nous sommes ensuite invités à nous situer? Depuis 2012, le Québec est représenté selon une architecture distincte de celle utilisée au Canada, où la question constitutionnelle, la langue et l’immigration sont regroupées sous un même axe « identitaire ». À travers l’édition 2026, j’examine comment cette construction, amplifiée par l’autorité de Radio-Canada, participe à définir ce qui doit paraître central, modéré ou radical dans notre vie politique.


À chaque campagne électorale revient maintenant le même rituel. On ouvre la Boussole électorale de Radio-Canada, on répond à quelques dizaines de questions, puis un point apparaît sur un graphique pour nous indiquer où nous nous situons par rapport aux principaux partis. L’exercice paraît presque innocent, d’autant plus qu’il possède tous les attributs rassurants de la neutralité scientifique : des politologues, une méthodologie publiée, des calculs statistiques et un outil présenté comme un moyen de mieux comprendre ses propres affinités politiques. Radio-Canada précise d’ailleurs que la Boussole appartient aujourd’hui à Vox Pop Labs et que la Société d’État ne reçoit ni ne conserve les réponses individuelles. Tout, dans la présentation de l’outil, invite donc l’utilisateur à croire qu’il se trouve devant une sorte de miroir politique qui se contenterait de traduire objectivement ses opinions en coordonnées.

Miroir, miroir, dis-moi qui je suis… ou plutôt, dis-moi où tu as décidé de me placer.

C’est précisément cette apparence de neutralité qu’il faut pourtant interroger. Une boussole politique ne se contente jamais de mesurer une réalité déjà constituée : avant de nous dire où nous nous trouvons, elle doit déterminer à quoi ressemble le territoire, choisir les enjeux qui serviront à nous départager, décider quelles questions appartiennent à une même famille idéologique et définir les axes à partir desquels les partis et les électeurs seront comparés. Autrement dit, avant de situer l’électeur sur la carte, il faut fabriquer la carte. C’est à ce niveau que l’édition 2026 devient particulièrement révélatrice, non seulement parce que le positionnement de certains partis paraît difficilement défendable, mais parce que cette géographie politique nous renseigne sur les catégories à travers lesquelles une partie importante du milieu médiatique et intellectuel dominant a appris à regarder le Québec.

Une géographie qui parle avant même qu’on l’explique

Le graphique actuel repose sur deux dimensions : un axe socioéconomique horizontal et un axe vertical qualifié d’« identitaire ». Québec solidaire y est projeté très loin vers la gauche économique, tandis que le Parti conservateur se situe à droite sans paraître aussi radicalement éloigné du centre. La CAQ et le Parti libéral occupent un vaste espace intermédiaire, alors que le Parti québécois se retrouve pratiquement seul vers le sommet de l’axe identitaire (!?!). Cette représentation possède une force politique propre, car le centre n’est jamais perçu par le public comme une simple coordonnée mathématique : il évoque spontanément la modération, le compromis et la normalité, tandis que l’éloignement suggère au contraire une forme de radicalité. Le graphique n’a donc pas besoin d’inscrire le mot « extrême » à côté du PQ pour produire cette impression, puisque sa géométrie s’en charge.

La représentation proposée par la Boussole électorale 2026 fait désormais du Parti québécois la référence extrême sur l’axe identitaire, tandis que le Parti libéral du Québec se retrouve pratiquement au centre, dans la zone implicitement associée à la modération et à la position raisonnable du juste équilibre.

Ce qui rend cette représentation particulièrement difficile à balayer comme une simple plainte péquiste est que les critiques viennent de milieux politiques différents. Alexandre Dumas et Jonathan Durand Folco ont plutôt dénoncé un déplacement de la fenêtre d’Overton économique, estimant que Québec solidaire se retrouve artificiellement repoussé vers l’extrême gauche alors que des propositions beaucoup plus radicales de réduction de l’État demeurent relativement proches du centre (Le symptôme est d’ailleurs assez grave pour m’avoir conduit à un geste que je croyais jusqu’ici improbable : liker, pour la première fois, une publication d’Alexandre Dumas). Guillaume Marois et Nic Payne ont pour leur part testé l’autre dimension en répondant, selon leurs témoignages, de la façon la plus « identitaire » permise par le questionnaire, sans parvenir à atteindre la position attribuée au Parti québécois.

Ces essais individuels ne constituent évidemment pas une démonstration scientifique, mais ils soulèvent une question méthodologique sérieuse : si l’utilisateur choisissant systématiquement les réponses les plus affirmées offertes par l’outil demeure malgré tout moins « identitaire » que le parti auquel on le compare, le problème ne réside peut-être plus uniquement dans le positionnement du PQ, mais dans la construction de l’échelle elle-même. C’est cette anomalie qui m’a conduit à remonter l’histoire de la Boussole. Je m’attendais d’abord à découvrir que ses axes avaient changé d’une campagne à l’autre en fonction des débats médiatiques du moment. La réalité est différente et, à certains égards, plus troublante : le problème ne réside pas dans une succession de changements opportunistes, mais dans une architecture conceptuelle particulière conçue spécialement pour le Québec dès l’origine et maintenue depuis plus d’une décennie.

Le Québec n’a jamais eu droit à la même carte que le Canada

Lors de l’élection fédérale de 2011, la première Boussole canadienne représentait l’espace politique selon deux dimensions relativement classiques, l’une économique et l’autre sociale. Lorsque les chercheurs ont entrepris de concevoir la première édition québécoise en 2012, ils ont cependant estimé que la question nationale nécessitait une révision complète du modèle. Leur solution consistait à fusionner les dimensions économique et sociale dans un seul axe socioéconomique afin, selon leur propre formulation, de « laisser le champ libre à l’axe identitaire ». Cette nouvelle dimension regroupait explicitement le statut politique et constitutionnel du Québec, mais également la culture, l’immigration et les enjeux linguistiques.

Ce choix mérite beaucoup plus d’attention qu’on ne lui en accorde généralement. Dans le modèle canadien, l’économie constitue une dimension suffisamment importante pour disposer de son propre axe, tout comme les valeurs sociales. Dans le modèle québécois, ces deux ensembles doivent partager la même dimension afin que la moitié de la carte puisse être consacrée au degré de nationalisme québécois. Cette architecture n’a d’ailleurs pas disparu après 2012 : on la retrouve dans les éditions subséquentes et, quatorze ans plus tard, la Boussole québécoise continue essentiellement de représenter la politique selon les axes socioéconomique et identitaire, alors que les éditions fédérales peuvent toujours être décrites à partir de dimensions économiques et sociales.

La différence est conceptuellement importante. Le Canada peut être représenté comme une société politique traversée par des conflits économiques et sociaux, tandis que le Québec est cartographié comme une société dont l’une des deux grandes dimensions sert à mesurer l’intensité de son identité nationale. Ce n’est donc pas seulement le placement actuel du Parti québécois qui mérite d’être interrogé, mais la manière même dont la Boussole a décidé, dès son origine québécoise, de transformer la question nationale en une question d’identité.

À relire : « Recentrer le débat : ma gauche n’est plus la leur » Il y a un an, j’utilisais la Boussole pour observer le déplacement de mes propres repères politiques. La recherche derrière ce nouveau texte m’amène aujourd’hui à poser une question plus fondamentale : et si le problème venait aussi de la carte elle-même?

Le glissement décisif vers l’« identitaire »

Reconnaître que la politique québécoise possède un clivage national particulier est parfaitement légitime. Ce clivage structure notre vie politique depuis des décennies et il serait absurde de l’ignorer. Ce qui est beaucoup plus discutable est la décision de le qualifier d’« identitaire » et d’y amalgamer le statut constitutionnel du Québec avec la langue, l’immigration et la culture. Les concepteurs auraient pu parler d’un axe constitutionnel, national, Québec-Canada, indépendance-fédéralisme ou encore centre-périphérie. Chacun de ces termes aurait présenté la question comme un conflit portant sur l’organisation du pouvoir politique. Le choix du mot « identitaire » produit une autre lecture.

L’indépendance du Québec ne concerne pourtant pas d’abord l’intensité avec laquelle un individu ressent son appartenance québécoise. Elle concerne l’autorité politique : qui adopte nos lois, contrôle notre fiscalité, conclut nos traités, définit notre citoyenneté et possède le dernier mot constitutionnel lorsque les intérêts du Québec et ceux d’Ottawa divergent. Ce sont des questions de souveraineté démocratique. Lorsqu’on les regroupe avec la langue, la culture, l’immigration et la laïcité, l’indépendantisme cesse progressivement d’apparaître comme l’un des deux grands projets constitutionnels en concurrence au Québec pour devenir une manifestation particulièrement forte de l’identité québécoise.

Le fédéralisme accomplit alors une remarquable disparition conceptuelle. Il n’est plus représenté comme une autre conception nationale, constitutionnelle et politique, avec sa propre idée de la citoyenneté, du multiculturalisme, du bilinguisme institutionnel et de la répartition des pouvoirs. Il devient plutôt le point à partir duquel on mesure l’intensité du nationalisme québécois. Le nationalisme doit être nommé, l’indépendantisme doit être situé sur un axe, tandis que le fédéralisme peut se confondre avec le décor. C’est précisément ainsi qu’un régime politique finit par devenir invisible : non pas parce qu’il cesse d’avoir une idéologie, mais parce que ses propres prémisses ne sont plus perçues comme idéologiques.

La carte médiatique nourrit la carte statistique

Cette architecture historique devient encore plus intéressante lorsqu’on regarde comment les questions concrètes sont choisies à chaque campagne. Vox Pop Labs explique elle-même que la conception du questionnaire repose notamment sur l’analyse des programmes et des déclarations publiques des partis, mais aussi sur les enjeux présents dans le discours général des médias. Les propositions finales sont ensuite sélectionnées, entre autres, selon leur capacité à distinguer les partis et les électeurs. La Boussole ne se situe donc pas à l’extérieur du système médiatique qu’elle prétend cartographier : elle utilise en partie comme matière première ce que le débat politique et médiatique a déjà rendu saillant.

Cela crée une boucle qu’il faut prendre au sérieux. Les médias contribuent à déterminer quels enjeux domineront la campagne; ces enjeux participent ensuite à la sélection des questions de la Boussole; les réponses sont transformées par un appareil statistique en représentation de l’espace politique; puis cette représentation revient vers le public avec l’autorité d’un outil scientifique présenté par Radio-Canada. Cela ne signifie évidemment pas qu’un journaliste de la Société d’État choisit personnellement chaque proposition ou décide où sera placé le PQ, mais cela suffit à écarter l’image naïve d’un instrument qui observerait le débat politique depuis une position extérieure et parfaitement neutre. La carte est elle-même produite à partir du contexte politique et médiatique qu’elle prétend ensuite mesurer.

La méthode statistique de Vox Pop Labs est sérieuse et dépasse largement un simple calcul de points : elle identifie des dimensions idéologiques et pondère les propositions pour situer électeurs et partis. Mais cette sophistication ne règle pas le problème de fond : on peut produire une carte statistiquement rigoureuse à partir de catégories politiquement discutables, notamment lorsqu’on regroupe souveraineté, langue et immigration sous l’étiquette « identité ».

Radio-Canada n’est pas un simple relais

La méthodologie appartient à Vox Pop Labs, mais Radio-Canada joue depuis l’origine un rôle bien plus important qu’un simple diffuseur. En 2012, plus d’un demi-million de Québécois ont rempli la Boussole et environ 330 000 ont aussi fourni des informations sociodémographiques et politiques, un bassin rendu possible en grande partie par la puissance de diffusion de la Société d’État. Radio-Canada comprenait d’ailleurs très bien la valeur de cette information : dès cette époque, un de ses représentants expliquait au CRTC que la Boussole constituait un apport exceptionnel pour mieux comprendre les intérêts et les préoccupations du public, tandis que l’ombudsman des Services français soulignait quelques années plus tard l’ambiguïté entre sa vocation pédagogique et son utilisation comme outil d’analyse de l’opinion.

La question dépasse donc la confidentialité individuelle. Même sans identifier personnellement les répondants, un tel bassin permet de comprendre quels enjeux divisent l’électorat, quelles opinions tendent à se regrouper et comment elles varient selon différents profils sociaux ou régionaux. C’est précisément le type d’intelligence politique pour lequel les partis paient normalement des sondeurs, des analystes et des spécialistes du ciblage.

Le capital informationnel du système politique

Cette dimension prend un relief particulier depuis que les règles électorales québécoises reconnaissent explicitement, dans certaines circonstances, la valeur des dépenses consacrées aux sondages, à la catégorisation et au ciblage des électeurs. Notre propre droit électoral reconnaît donc que connaître et segmenter l’électorat constitue une ressource politique ayant une valeur économique réelle. Pourtant, autour des partis existe simultanément tout un écosystème de médias, d’universités, de chercheurs, de maisons de sondage et d’entreprises technologiques qui produit continuellement de la connaissance politique sans que celle-ci apparaisse nécessairement dans les dépenses d’une formation.

Il ne s’agit pas d’insinuer qu’une fraude se déroule sous nos yeux, mais de constater qu’un système politique dispose d’un capital informationnel produit par l’ensemble de ses institutions et que ce savoir influence inévitablement la manière dont les acteurs comprennent l’électorat et racontent les campagnes. La Boussole constitue à cet égard une infrastructure particulièrement intéressante : l’électeur croit essentiellement recevoir de l’information sur lui-même, mais sa participation contribue simultanément à produire de l’information sur l’électorat.

C’est aussi à ce niveau qu’il faut comprendre ce que j’appelle le régime. Un régime moderne ne repose pas seulement sur ses institutions formelles, mais également sur un ensemble de réflexes intellectuels, de réseaux professionnels, de normes et de catégories partagées qui finissent par produire une définition commune de ce qui paraît raisonnable, modéré ou, au contraire, extrême. Les acteurs n’ont pas besoin de se concerter explicitement lorsque leurs trajectoires, leurs milieux et leurs références les ont déjà conduits à interpréter la réalité à partir du même cadre.

The whole basis of successful propaganda is to have an objective […] through an exact knowledge of the public
Edward Bernays, Propaganda, 1928.

La Boussole dans la campagne de 2026

C’est précisément pourquoi la Boussole ne peut être entièrement isolée du reste de la campagne actuelle. Depuis plusieurs mois, Donald Trump est devenu l’un des principaux cadres à travers lesquels les Québécois sont invités à réfléchir à leur avenir politique. La menace américaine est réelle, mais son amplification peut aussi transformer une inquiétude économique en argument constitutionnel : face à l’instabilité de Washington, le Canada devient spontanément le refuge. Le même mécanisme apparaît lorsqu’une variation de quelques points dans un sondage devient une « remontée », un « effondrement » ou un changement de momentum, ou encore lorsque la répétition de certains cadrages visuels contribue à fixer l’image d’un chef. Aucun de ces procédés n’exige que l’information soit fausse; leur efficacité repose plutôt sur la sélection, la hiérarchisation et la répétition.

C’est dans ce sens précis que j’utilise le mot propagande. La propagande moderne n’a pas nécessairement besoin d’inventer des faits. Elle peut fonctionner par cadrage, en déterminant quels enjeux seront centraux, quelles catégories permettront de les interpréter et où se situera implicitement la normalité. La Boussole électorale constitue à mes yeux une illustration particulièrement sophistiquée de cette logique, car elle ne dit jamais explicitement à l’électeur de voter contre le Parti québécois. Elle contribue plutôt à définir le monde politique à l’intérieur duquel son choix prendra ensuite un sens.

Quand l’idéologie devient infrastructure

Une fois que l’indépendance est ramenée à « l’identité » tandis que le fédéralisme disparaît comme idéologie nationale concurrente, le centre de la carte cesse d’être une simple coordonnée pour devenir une définition implicite de la normalité politique. Lorsque certaines politiques économiques très à droite demeurent relativement proches de ce centre pendant que Québec solidaire est projeté vers l’extrémité gauche, ou lorsque le Parti québécois se retrouve pratiquement seul au sommet de l’axe identitaire, le graphique participe déjà à la production d’un jugement avant même qu’un commentateur ait besoin de le formuler. La Boussole rejoint ainsi les autres mécanismes de cadrage de cette campagne : le Canada comme refuge devant Trump, le sondage transformé en récit de momentum ou l’image répétée jusqu’à devenir perception.

Aucun de ces mécanismes n’exige une coordination centrale. C’est précisément pourquoi ils sont puissants. L’idéologie n’a plus besoin d’apparaître comme un discours explicite lorsqu’elle s’est transformée en infrastructure intellectuelle, médiatique et statistique permettant de déterminer ce qui constitue le centre et ce qui sera perçu comme une déviation.

C’est une vision du monde qui s’est objectivée.
Guy Debord, La Société du spectacle, 1967.

Une boussole qui révèle surtout où se trouve le centre

Je ne demande donc pas à Radio-Canada de cesser de présenter des outils électoraux, mais je crois qu’il faut cesser de considérer la Boussole comme si elle descendait du ciel politique parfaitement calibrée et débarrassée de tout présupposé. Son histoire montre exactement le contraire. Dès 2012, ses concepteurs ont décidé que le Québec devait être représenté différemment du Canada en fusionnant les dimensions économique et sociale pour « laisser le champ libre » à un axe identitaire où furent réunis le statut politique et constitutionnel du Québec, la langue, la culture et l’immigration. Cette architecture s’est durablement installée dans la représentation de notre politique et elle prend aujourd’hui une forme particulièrement éloquente lorsque le principal parti indépendantiste se retrouve projeté presque jusqu’à l’extrémité de cet axe.

Le problème de la Boussole n’est peut-être donc pas qu’elle fonctionne mal. Il se pourrait au contraire qu’elle fonctionne remarquablement bien en reproduisant une conception du Canada qui ne se perçoit plus elle-même comme une idéologie nationale en concurrence avec une autre, mais comme le cadre neutre à partir duquel le Québec doit continuellement expliquer ses particularismes. Le Canada peut alors être représenté comme une société politique traversée par des conflits économiques et sociaux, tandis que le Québec demeure cette société étrange dont l’une des principales dimensions servirait à mesurer son degré d’identité.

La propagande la plus efficace n’est pas celle qui nous ordonne quoi penser, mais celle qui définit les catégories à l’intérieur desquelles nous pourrons ensuite réfléchir librement. À ce compte-là, la Boussole n’a peut-être jamais perdu le nord : elle nous révèle surtout, plus clairement que jamais, qui a décidé où devait se trouver le centre de la carte.

To traverse the world men must have maps of the world
– Walter Lippmann, Public Opinion, 1922.

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