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Posté par le 17 mars 2009 dans Société

La manifestation contre la brutalité policière et les idiots-utiles de l’anarchie

manifestation contre la brutalité policière

Fort de la première belle journée printanière de l’année, Anne-Marie et moi avons été prendre du soleil hier après-midi. De prime abord, tout s’annonçait normal; nous étions alors sur la rue St-Denis en train de déguster un café sur une terrasse. Or, voilà que les employés nous chassent  de l’endroit alléguant l’arrivée d’une manifestation éminente; vous savez, celle contre la brutalité policière. Car telle une plante vivace, cet événement est un classique printanier. À vrai dire, ça fait 13 ans que le Collectif opposé à la brutalité policière (COBP) organise cette manifestation… et 13 ans que cela tourne systématiquement au vinaigre. Et cette année en plus, il y a cette histoire entourant la mort du jeune Villanueva abattu par un policier dans un parc à Montréal-Nord.

Pour ma part, je n’y avais jamais prêté le moindre intérêt à cette manifestation: je ne suis pas sympathique aux anarchistes et la thématique m’est toujours apparue comme un prétexte pour provoquer gratuitement les forces policières. Mais tant qu’à y être, puisque cette fois la manifestation démarrait dans mon quartier, pourquoi ne pas aller y jeter un coup d’œil ?

Donc, en m’approchant du point de rendez-vous au métro Mont-Royal, je suis en premier lieu impressionné par l’imposant dispositif policier entourant l’épicentre. Des fourgonnettes banalisées, des paniers à salade, une cavalerie de policiers à cheval, des hélicoptères dans le ciel : décidément, les forces policières prennent l’événement au sérieux. Il va sans dire, pour le citoyen que je suis, je me sens agressé par autant d’animation dans mon quartier… mon inconscient me ramenant même à l’esprit la Loi des mesures de guerre. Non, mais pourquoi cette manifestation se déroulerait dans le Plateau… cela n’aurait pu être au centre-ville comme d’habitude?

Nous arrivons donc à la place du Métro Mont-Royal; l’endroit y est d’entrée bien remplie de manifestants en tout genre. Heureusement pour le message officiel des organisateurs, nous tombons sur une représentante du COBP qui nous fournira un journal dénommé «État policier». De la sorte, je pourrai éventuellement me faire une idée sur les revendications de la manifestation. Par après, je remarque évidemment quelques activistes associés à l’extrême-gauche. Mais si je me sens plus proche de ces gens (avec qui je peux discuter de politique), je comprends toujours mal le lien entre ces derniers et les «anarchistes», ces mésadaptés sociaux qui en veulent après «les représentants du système». D’ailleurs, si cette manifestation a pour objectif de sensibiliser la population aux abus policiers, il faudrait mieux m’expliquer le lien entre cette dynamique et les intérêts révolutionnaires.

Parlant du loup, c’est alors que je croise plusieurs groupuscules aux comportements équivoques. Bariolés pour l’occasion, marchant d’un pas nerveux, trimbalant des objets louches, il m’apparait ainsi évident que ces derniers chercheront bientôt l’affrontement avec les forces policières (ce qui somme toute, est logique afin de provoquer «la brutalité policière»). Ayant préalablement constaté que nous sommes d’entrée encerclés par les forces policières, réalisant que cette manifestation n’a pas de destination officielle, mon instinct me suggère alors de quitter promptement les lieux.  Après tout, j’ai beau être fondamentalement révolté contre le système ultralibéral, cette manifestation-là n’est pas pour autant ma cause.

L’affrontement

Sentant la casse arriver, j’arrive à me trouver un bon «spot» en périphérie de l’action. Étant alors juché dans les marches de la bibliothèque face au métro, je suis à la première loge pour filmer la scène à l’abri. D’ailleurs, ayant préalablement repéré la position géographique de plusieurs équipes policières, je suis curieux quant à leur éventuel plan d’action… d’autant plus que cette manifestation se démarquera vraisemblablement par son parcours chaotique. En effet, la police ne connaissant pas à l’avance le tracé dudit «parcours», je me demande bien comment tout cela évoluera. Intéressant !

Manifestement, nous sommes dans une nouvelle ère de l’information: il y avait plus de curieux que de manifestants et la majorité avait une caméra (Et on ne comptait pas les gens des médias et les observateurs de la police).

De mon point de vue, les affrontements commenceront à se profiler quand une bande de jeunes s’agglutineront en face d’une ligne de policiers coin Berri et Mont-Royal. Les insultent et l’agressivité montant alors d’un cran, d’autres policiers seront ainsi appelés à consolider leur cordon… les curieux s’écarteront, un front se dessinera. Puis, scène éloquente, telle la matérialisation parfaite de l’expression «se regarder en chiens de faïence», un pit-bull tenu en laisse par son maitre-punk défiera vertement le berger allemand d’un maitre-chien policier. Le signal est lancé, les hostilités peuvent commencer. Pétards, fusées éclairantes, lancers de légumes, jets de roches, les provocateurs passent à l’offensive. Les policiers serrent les rangs… non sans quelquefois procéder au compte-goutte à des arrestations ciblées.

Finalement, le gros de la foule se met naturellement en branle vers la rue St-Denis; concrètement, le seul «corridor» ouvert par les policiers (les autres intersections étaient fermées avec des polices montées à chevaux). Le front sur Berri persistera quelque peu, mais se dissipera lorsque tous réaliseront que les policiers occupent majoritairement la place du métro Mont-Royal. L’endroit est désolément sale… mais heureusement, la colère a relativement été contenue et il n’y a pas eu de vandalisme. Les punks et l’escouade antiémeute quitteront finalement mon quartier… bon débarras! De mon côté, j’imagine que la police a pris le contrôle de la situation et que le carnaval est terminé, je peux donc m’en retourner chez moi.

Les policiers, aussi, s’étaient habillés pour le carnaval

Toutefois, à travers les journaux le lendemain, j’apprendrai que la manifestation aura quelque peu dégénéré avec des actes de violence et de vandalisme gratuit. En effet, il y aura donc eu plus de 200 arrestations au terme d’un jeu du chat et de la souris dont le terrain a été le cœur de la métropole québécoise. Mais franchement, faudrait-il s’étonner du résultat puisque l’objectif avoué de cette manifestation était de dénoncer la brutalité des forces… devant  justement encadrer les manifestants (!!!). Ce qui m’amène à penser que la prochaine fois, en plus de connaitre le tracé à l’avance, les policiers devraient être accompagnés d’une force de sécurité en partenariat avec les organisateurs de la manifestation.

On n’aurait pas eu les courses effrénées, de part et d’autre, à travers la ville de Montréal. On aurait pu concentrer dans un endroit donné la manifestation. Les jeunes et les moins jeunes auraient pu s’exprimer dans un contexte démocratique que l’on privilégie à Montréal
– Gérald Tremblay

manifestation contre la brutalité policière

Une manifestation contre-productive

C’est élémentaire, lorsqu’il y a grève ou manifestation, il y a toujours un objectif de relation publique afin de faire avancer sa cause. Or, dans le cas de cette dernière manifestation, force est de croire que les événements nuiront à la cause initiale. Non seulement les organisateurs du COBP s’exposent à des poursuites judiciaires, mais la Fraternité des policiers souhaite maintenant un règlement municipal interdisant aux manifestants de porter un masque. Alors, bien que des questions demeurent en suspens et mériteraient d’être débattues sur la place publique (impunité des policiers, utilisation du pistolet Taser, profilage ethnique), il sera dorénavant davantage question de sécurité… et de répression. Maintenant, mettez-vous à la place des intervenants communautaires du centre-ville, et considérez tout leur travail de sensibilisation qui aura été dilapidé en une seule journée.

Bravo gang! Beau travail!

Pire, le ressac de la sympathie générale à l’égard des manifestations en tout genre se fera sentir. Subséquemment, cette dynamique prête flanc à l’interdiction de cette manifestation l’année prochaine. Or, cette boîte de pandore serait un précédent dangereux quant aux droits fondamentaux de pouvoir manifester.

Finalement, de par l’association faite par des médias de mauvaise foi, il y a aussi l’image des militants altermondialistes qui est atteinte. La preuve, le duo Richard Martineau/Patrick Lagacé qui n’a pas perdu l’occasion pour faire l’amalgame grossier entre les émeutiers anarchistes et la gauche politique (?!?). À lire Martineau, ont pourrait presque penser qu’Amir Khadir serait l’instigateur des événements et que tout ce délire partait du Plateau Mont-Royal.

Dimanche, en regardant les militants de la go-gauche altermondialiste foutre, encore, le bordel. Or, tout ce qu’elle aura réussi à faire (la manif), c’est de discréditer les militants de gauche et de rendre la police populaire !
Richard Martineau (dans ce texte)

Vous vous prenez pour le Che, mais vous êtes des tatas sans envergure. Et, chaque fin d’hiver, vous en faites la preuve avec une constance et un acharnement absolument exemplaires
Patrick Lagacé (dans ce texte)

L’anarchie et moi

Là, c’est ici que le sang me monte à la tête ; non seulement les sales punks viennent polluer mon quartier… mais en plus, Riri Martineau ose nous associer à ce ramassis de dégénérés. Tabarnaque !:mad:

Ici, je profiterai de l’occasion pour vous révéler une facette qui est mal accepté par mes camarades de gauche. Car, voyez-vous, j’ai beau avoir une feuille de route notable quant à la participation de manifestations en tout genre, je vous avouerai abhorrer les punks et autre soi-disant anarchistes. Pour ma part, je me considère comme un altermondialiste: je suis insatisfait par l’actuel système et je souhaite sa modification. En ce sens, mon idéal tourne autour du concept d’État providence; c’est-à-dire un État fort qui redistribue équitablement les ressources au service du bien commun. Alors, vous saisirez que je suis fondamentalement lié au rôle de l’État dans la société. Or, quand j’entends des puérils slogans anarchistes à l’idée d’abolir l’État, vous comprendrez évidemment que les oreilles me cillent.

À dire vrai, la vue d’un punk génère chez moi une montée naturelle d’adrénaline : ils sont laids, modistes, négatifs, agressifs, incultes, stupides et parlent très mal. Rassasiant les éternels slogans : «Fuck the system» et  «Fuck the police» en guise de cris de ralliement, réalisons que les punks sont bien plus des mésadaptés sociaux que de réels tenants de la philosophie anarchiste.

Des fois, je pense que les punks ont besoin de l’attention de la police pour se définir et manifester leur existence

Parlant d’anarchie, franchement, avez-vous déjà pensé à ce que serait une société sans police? Pas les punks semble-t’il, puisque ce sont des slogans comme «Fuck the World» et «No future» qui guident leur (petit) esprit nihiliste. Ensuite, pensez-vous vraiment qu’un monde sans organisation sociale (l’État) serait pour autant synonyme de liberté individuelle; d’ailleurs, que seraient les notions de justice dans un monde sans lois?  Bien sûr, il ne faudrait pas trop demander de projection dans l’avenir aux tenants du désespoir; puis entre-nous, l’anarchie là, qu’elle soit philosophique ou par défaut, ne stimule en rien l’intelligence communautaire. Mais bon, les punks s’avèrent bien plus des laissés-pour-compte (du système) que de réels anarchistes.

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Paradoxalement, ce sont les étatistes comme moi qui préconisent l’accroissement des ressources gouvernementales (salaires en intervention, infrastructures communautaires, subventions en formation) pour venir en aide aux jeunes en difficulté. N’est-ce pas ironique, à l’heure du désengagement social de l’État, que les punks fabulent à l’idée d’abolir le méchant système étatique? Franchement, si certains «révolutionnaires»  considère les anars comme des alliés objectifs, moi, je les considèrerai plutôt comme des alliés objectifs des forces ultralibérales (antiétatiques)… des idiots-utiles quoi.

La manifestation contre la brutalité policière et les idiots-utiles de l’anarchie

Certains punks s’avèrent finalement très soucieux de leur image

En définitive, grandissez un peu! Réalisez donc que les policiers ne sont que des exécutants au service de la loi et de l’ordre. L’ennemi ici, ce n’est pas la police, mais les forces politiques en arrière pouvant manœuvrer l’organe policier. Or, dans un contexte où les forces néolibérales détruisent actuellement le rôle social de l’État, si nous appréhendons subséquemment l’accroissement des inégalités sociales… force est d’admettre que la police sera davantage répressive.

Ici, un message très élaboré

En conclusion, plutôt que de manifester contre les outils policiers, ne serait-il pas plus approprié de se mobiliser politiquement? Et tant qu’à y être, ne serait-il pas plus pertinent de manifester contre les privatisations successives du gouvernement Charest et la dilapidation de nos 40 milliards à la CDPQ? (A ce rythme d’ailleurs, le fond de retraite n’existera plus lorsque ma génération en aura besoin). Mais non, c’est tellement plus facile et « cool » de dénoncer la méchante police que de s’occuper de politique. Alors, en attendant la mise en place d’une éventuelle police privée qui n’aura aucun compte à rendre à la démocratie, crions tous en cœur: «Fuck the police! Vive l’anarchie!».

L’anarchie est partout quand la responsabilité n’est nulle part
– Gustave Le Bon

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8 Commentaires

  1. Je suis d’accord avec l’ensemble de ton texte, vraiment…

    Et je retiens cette phrase-ci :

    « Des fois, je pense que les punks ont besoin de la police pour se définir et manifester leur existence. »

    Plus ça va, plus je le pense aussi. J’essaie de me tenir loin des préjugés mais quand je vois cette sorte de punks-là, c’est difficile de voir les choses autrement.

    J’ai bien aimé aussi tes commentaires sous les photos 😉

    Je ne suis pas aussi dure que toi envers les anarchistes mais je t’avouerai que je ne les comprends pas trop non plus…

    Noisette Sociale| lire ici le dernier article de son blogue: Ces jeunes recrues qui manquent de jugement

  2. Je ne commente pas toujours mais je lis par exemple 😉

    Je te comprends d’avoir pété une coche quand le rapprochement a été fait par les médias entre les punks-anars et les militants altermondialistes. Ça m’a fait quelque chose aussi car je me considère plutôt de la deuxième catégorie et je n’ai pas nécessairement envie d’être associée à la première.

    Je pense que la manifestation est justifiée parce que la brutalité policière est bien présente ici. Peut-être pas autant qu’ailleurs, certes, mais elle existe tout de même. Sauf que je me demande comment on pourrait faire une manifestation de ce type sans que ça ne tourne au vinaigre comme à chaque année.

    Enfin, je m’en tiens loin, ça vaut mieux.

  3. D’entrée, j’apprécie de constater ta présence parmi mes commentateurs noisette. Tu as raison, j’ai été trop dur dans cet article. Mais, de ma vie, je n’ai jamais été en mesure d’échanger la moindre idée avec les punks. Et là, quand je lis dans les médias l’amalgame entre les casseurs «anarchistes» et les militants altermondialistes, j’ai quelque peu disjoncté.

    Un jour, il faudra comprendre que les punks suivent bêtement une mode afin de se sentir intégré à la culture de la rue. Bref, cette manifestation est devenue un rituel saisonnier déclenché par des jeunes défavorisés… si bien qu’il n’y a aucune motivation politique dans ce mouvement. Au plus, c’est un grand jeu de rôle pour s’amuser avec les « orques-police ».

  4. Richard Martineau pense comme toi.

  5. tk moi je trouve cela inacceptable, une manisfestation de ce genre n’a pour but que de déstabiliser l’ordre publique. qu’en à moi j’aurais fait appel à l’armée pour arrêter tout cela par tout les moyen nécéssaire! répression à fond! mais pour qui ils se prennent ces minables??

  6. ayoye belle perception des punk ten connais tu des punk des vrai punk pas les punk street d’un jour la sta cause du monde comme toé kon commence a ahir la société pis se demarker des asti de moutons je me considere pas comme un punk mais pas le choix de le dire jen suis un (jai plein de patch partout plein de stud) je me considere comme un anarchuiste(un vrai anarchiste la vrai et belle anarchiste) si tu pense que anarchie c le chaos ben té pas renseigné pentoute tu pense comme les mouton tu croie le mot populaire de l’anarchie tel les media l’utilise dememe tk je suis suposement un punk(je suis tres culturé malgres je nai pas de d.e.s, je suis stupide(c voulu mon humour est stupide,sarcastique) pis la vie stune farce je ne croie pas au systeme present tk jetait a manif 2008 pis 2011 avant hier pis ske jai vue en 2008 ma fait prendre rage a ses esti de sauvage la(aucune exception) je me suiis faite batre c moé le tit coune qui passent dans le journal a terre pis lcn … jai vue quasiment des meutres se produire sous mes yeux dla part dla police juré craché des images trop laide pour l’explique pis cette anné un vitrine et paf 258 personne 488$ de ticket calice pis de l’intimidation en criss dans les bus arghhhhhhh des visage a 2 faces jamais vue autant de police pour un petit groupe pacifique pcq kan on etait encerlé pis que eux nous vargais a coup de matraque et bouclier(pas exagéré) nous on etait vraiment mais vraiment pacifique(si ta été dans l’tapon tu comprendrais) jai vue 4 personne se pisser desus dans les autobus pcq kan ca fait 4 heure ta envie pis té pogner dans le bus tk avant de blamé le monde pis de jugé trop facilement les anarchistes renseignent toi,connait du monde demme,partage tes idée …si taurais vue tout les images ke jai vue t’aurais p-e une autres pensé a ses cris de fasho la jconnais telement de monde qui se font batre par ses cochon la pour moé yen a pas un de bon c tout des 2 face manipulateur mais ta pas la meme vie que moé t pas un marginal,sans abris,putes,nouer,talibans… si tu serais ca pis tu serais victimes d’intimidation,d’altercation,fouille au hazard… p-e t’aurais un autre pensée mais si té blanc pis normal bref la police pis le systeme pue pis il puras toujour PAIX,AMOUR,SOLIDARITÉ,ÉGALITÉ,PARTAGE,AUTONOMIE, ca c l’anarchie

  7. J’abonde et je doute. En vrac:
    a) 200 arrestations? J’ai de la difficulté à croire qu’il y a 200 punks à Montréal (qui se réclament à tord ou pas de l’anarchie), ou bedon ils ont tous été arrêtés. Interdits de manifester pour un bon bout, criminalisés, ils seraient donc en principe hors d’état de nuire aux manifs étudiantes à venir, par exemple.
    b) Masques: un foulard monté sous les yeux l’hiver serait l’excuse facile pour se disculper en cours. L’interdire pendant les manifs serait inapplicable.
    c) Coudon’, les policiers n’ont-ils pas l’obligation de porter leurs badges (avec leurs #)? Le conseiller municipal devrait y voir.
    d) Combien coûte cette manif aux citoyens?
    e) Défi: trouvez Charlie. La prochaine fois, il serait utile d’espionner la police avant la manif pour débusquer les agents provocateurs infiltrés chez les casseurs. Car il faut être deux pour danser le tango.
    f) Le traitement des «pas beaux» est inhumain. Les mains attachées dans le dos avec des tie-raps au point de bloquer la circulation du sang, ceci alors qu’ils sont en taule, on attends qu’ils se pissent dessus… etc. Pense-t-on que leur expérience va les décourager? Pantoute! Leur rage sera encore plus grande. La fin justifie les moyens ou bonyenne, il y a des droits à Montréal? Et que vaut la dignité d’un punk, face au juge opulent?
    g) L’État, c’est d’abord un groupe d’hommes en armes, pour paraphraser Marx. Et puis, l’État, c’est ce qu’on en pense. Qu’en pense les commerçants (aussi employeurs) du Plateau, qui paient un loyer de fou, des assurances, etc.? Je suis certain qu’ils appuient la police. C’est aux politiciens de les tenir en laisse.
    h) Quand tu cherches le trouble, tu le trouves. Pour les casseur, c’est un mode de vie.
    i) Malheureusement, l’amalgame punks (disons «casseurs») et altermondialistes est facile. Les premiers s’agglutinent au mouvement, sortes de verrues. C’est le propre du lumpenprolétariat.
    j) Sac’ le COBP n’a-t-il pas de service d’ordre? Meuuuu non. C’est anti-idéologique au mouvement. Pour d’aucuns, c’est le Black Block qui servait à ça (ouvrir une brèche dans le dispositif répressif).
    k) C’est toujours la faute à la police. Jamais à cause de l’impossibilité du COBP de se débarrasser des fauteurs de troubles.
    l) Nous sommes trop lousses envers le COBP. Vu qu’il est incapable de faire la job, vu qu’en bout du compte la manif du COBP renverse le fardeau de la preuve contre les manifestants et se met à dos l’opinion publique… c’est aux organismes de la société civile et aux politiciens de gauche de prendre en main la défense de la population en créant une coalition démocratique contre les abus de la police et capable d’actions civilisées.
    m) Retour aux $$$: un policier m’a déjà confié être payé à temps double et demi pour un «party» (manif). Vrai?
    n) Enfin, le Festival de la brutalité sert à quoi, au juste?
    Désolé d’avoir découvert ce blogue tardivement.

  8. Bonjour,

    Je me permets de vous écrire, tout d’abord pour vous remercier de vos écrits (j’aime particulièrement vos analyses de films 🙂 et puis pour vous faire part de ma propre expérience.
    Je suis français et dans mon pays, et particulièrement dans la ville où je vis en ce moment (Lyon), ce genre de manifestation est monnaie courante. Une catégorie « socio-velléitaire » si l’on peut dire, que nous appelons les « Totos », l’équivalent de vos « punks » je dirais, ne cesse de donner ou de rendre coup pour coup, action, réaction et provocation avec la Police qui est, comme vous le savez sûrement, très très puissante dans mon pays.
    Politiquement je me positionne très à gauche mais je ne vois, comme vous, aucun rapport entre le fait de réformer le système social ou l’état pour plus de justice sociale, et le fait de provoquer sur le terrain des hommes et des femmes fonctionnaires quand bien même, par esprit petit bourgeois, on trouverait leur travail ridicule, je vois mal comment cette bande de rigolo pourraient aller picoler tranquille le samedi soir sans la Police alentour…
    Bref.
    En réalité je trouve dans cette idée de provocation systématique, deux dimensions correspondant souvent (j’ai quelques amis « Totos ») à deux attitudes sociales différentes : la confrontation avec les forces de l’ordre possède pour certains, réellement perturbés et en profonde anomie socio-professionnelle, une fonction d’exutoire, avec des motifs plus ou moins valables (un peu comme des affrontements de supporters je pense) du moins suffisamment acceptables pour agir comme catalyseur. Pour d’autres par contre, il est indéniable qu’il s’agit de la recherche d’un certain encanaillement, un esprit de bohème ou une quête de sens personnelle qui prends réellement effet au moment au les problèmes avec la police (réels ceux là) apparaissent.
    Pour qui à déjà eu à passer une garde à vue, il s’agit manifestement d’une expérience humiliante, désagréable, parfois violente, qui est perçue et analysée telle quelle par les protagonistes et utilisée comme un « pretexte » politico-personnel à poursuivre les provocations et à gagner de la reconnaissance auprès des camarades dans un processus « d’auto-validation » du prestige.
    C’est un peu comme se tirer une balle dans le pieds pour justifier une campagne de prévention contre les armes à feu. Il est intéressant de noter qu’alors que mes grands parents ayant subis de plein fouet la deuxième guerre mondiale, n’ont toujours aspiré qu’à la paix, mes jeunes amis organisés en collectifs « anarchistes » (je mets les guillemets parce que j’ai un profond respect pour les anarchistes, les vrais… Ceux qui pensent autant qu’ils agissent) pleurent de ne pouvoir se retrouver en Lybie ou en Tunisie pour avoir une lutte à mener, comme si notre « beau pays » la France, n’avait pas de combat à mener. C’est une jeunesse en souffrance qui n’a que faire de la souffrance qu’on lui concède (manque de repères, chomâge…), et qui préférerai créer, générer sa propre souffrance, une souffrance esthétiquement « acceptable », dans le canon des héros romantiques ou post-romantiques, dont notre vieux monde est resté très friands ^^
    Enfin, je remarque, dans le cercle (de plus en plus) restreint du monde universitaire français, que la mise en synergie de ces deux tendances n’est malheureusement possible que par la complicité de leaders syndicaux peu scrupuleux qui ont les yeux autant rivés sur l’horizon et la fin de l’Histoire que sur l’avancement de leur carrière syndicale.
    Bon voilà tout ça pour dire que votre article était intéressant en tout cas évocateur d’une réalité outre-atlantique également 🙂

    Merci

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