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Du rêve de Gérald Godin à l’effacement du Plateau

Le Plateau-Mont-Royal n’est plus tout à fait celui de mon enfance. À travers mes souvenirs, l’héritage de Gérald Godin et les mutations récentes du quartier, je propose ici un regard lucide sur un basculement sociologique et politique qui dépasse largement ses frontières.
Il y a des lieux qui nous façonnent plus sûrement qu’une école, un livre ou même une famille. Pour moi, le Plateau-Mont-Royal est de ceux-là. J’y ai grandi. J’y ai appris la politique avant même d’en maîtriser les concepts. J’y ai entendu, dans les cuisines et les salles communautaires, ces longues conversations où la langue, la culture, l’indépendance et la justice sociale formaient encore un seul et même horizon. Sur ma page À propos dans ce blogue, je raconte d’ailleurs comment mon père, arrivé dans le quartier au début des années 1980, s’était naturellement joint à l’organisation de Gérald Godin , et comment, encore enfant, j’ai commencé à distribuer le courrier des membres du Parti québécois dans mon secteur. Sans vraiment le savoir, je faisais déjà mes premières classes politiques, un pas après l’autre, de porte en porte. Et, pour la petite histoire, ce cheminement m’aura finalement ramené là où tout avait commencé, jusqu’à en venir, des années plus tard, à représenter politiquement l’est de mon quartier comme conseiller d’arrondissement dans De Lorimier. Ce territoire n’est donc pas, pour moi, un simple objet d’étude. Il est une terre d’origine, presque un point d’ancrage existentiel.
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Retrouver le plancher commun

Ce texte se veut une introduction à la réflexion que je développerai lors de ma prochaine conférence, en partant du constat d’un débat public qui a perdu son plancher commun. J’y pose les bases d’un retour à un universalisme capable de rassembler au-delà des fractures actuelles.
Depuis quelque temps, mes textes politiques semblent tourner autour des mêmes foyers de tension. Le féminisme. Le wokisme. Le racialisme. La polarisation. La laïcité. L’universalisme. Le Québec. Vu de loin, cela pourrait donner l’impression d’une dispersion. D’une série de réactions à l’actualité. D’un fil blogué au gré des irritants et des secousses du moment. Mais plus j’écris, plus je vois se dessiner autre chose. Un sens commun. Une cohérence. Peut-être même, tranquillement, une plate-forme.
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Qui veut la peau de Paul St-Pierre Plamondon… et pourquoi ?

Je tiens d’abord à me situer, sans masque et sans détour. J’ai été l’un des premiers membres du Parti Québécois à écrire, noir sur blanc dans ce blogue, que Paul St-Pierre Plamondon était le bon candidat pour relever le parti, alors qu’il était encore perçu comme un outsider marginal, presque condamné d’avance à l’élégance stérile des candidatures lucides mais sans avenir. En janvier 2020, au moment où le PQ ressemblait moins à un parti d’avenir qu’à un meuble fatigué qu’on n’osait pas encore sortir de la maison, j’écrivais déjà que PSPP en était le dernier espoir. Je n’ai donc pas à me découvrir aujourd’hui une loyauté tardive. Je suis un partisan indéfectible de mon chef, et je le dis avec la franchise de ceux qui ont choisi leur camp avant que cela redevienne confortable.
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Une policière cible de misogynie. Le féminisme contemporain face à ses angles morts

Une vidéo tourne en boucle. Elle devient virale. Elle circule partout, traverse les fils Facebook, s’impose dans les conversations, s’invite dans l’actualité, au point de devenir impossible à éviter. Elle ne vient pourtant pas d’être tournée, mais elle refait surface avec une telle force qu’elle perce la couche de commentaires, de filtres et de recadrages qui enveloppe d’ordinaire ce genre de scène.
On y voit une policière du SPVM prise à partie, filmée, insultée avec une violence qui ne se dilue pas dans le contexte. Les mots sont directs, bruts, dirigés contre la femme autant que contre la fonction. « Ferme ta gueule, sale p*te » ; « T’es mon esclave. Si je veux, t’es mon esclave. » Il n’y a là ni ambiguïté ni zone grise, seulement une scène de misogynie assumée, avec un surplus de mépris culturel qui fait qu’on ne se trouve plus devant une simple altercation, mais devant quelque chose de plus cru, de plus révélateur et de plus dérangeant.
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L’affaire de l’Université Laval et la mécanique de disqualification woke au Québec
Il y a quelques jours, Benjamin Tremblay publiait sur Facebook un commentaire moqueur à l’endroit du Parti québécois, tournant en dérision l’attention accordée à Marie-Ève Cotton et à Alexandre Dumas. Comme je vais intégrer ici la capture d’écran de cet échange, il n’est pas nécessaire d’en reprendre chaque mot. Mais il faut en rappeler l’esprit. Il suggérait, au fond, que le PQ accordait trop d’importance à ce qui pouvait sembler n’être qu’une agitation périphérique, peu digne d’un parti qui aspire au pouvoir.
C’est précisément là que se logeait, à mes yeux, une erreur de lecture.
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Lancement de ma filmothèque, la nouvelle section cinéma du blogue
Ce soir, pendant que le monde du cinéma aura les yeux tournés vers la cérémonie des Oscars, j’en profite pour souligner le lancement officiel d’un petit projet personnel auquel je viens de consacrer plusieurs heures de programmation.
Depuis aujourd’hui, mon blogue possède désormais une véritable section consacrée au cinéma. Elle prend forme autour d’une page qui rassemble mes analyses critiques les plus récentes, un espace pensé comme la porte d’entrée vers les films que je prends le temps d’observer, de décortiquer et de commenter.
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Angine de Poitrine and Québec’s Strange Cultural Controversy
Over the past few days, a rather unusual controversy has been unfolding in Québec around a music duo called Angine de Poitrine, following their appearance on a popular TV talk show, Tout le monde en parle. For many outside the province, this might seem surprising, especially considering the growing international attention the group is receiving.
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Angine de Poitrine et la panique morale du conspivers droitard
Depuis quelques jours, une étrange controverse circule autour du duo québécois Angine de Poitrine, à la suite de leur passage à Tout le monde en parle. Devant certaines réactions, j’ai choisi de partager sur Facebook un statut de mon contact David Saucier que je trouvais particulièrement pertinent. Mais en prenant un peu de recul, ce qui m’intéresse surtout dans cette histoire n’est pas tant le groupe lui-même que la réaction qu’il a provoquée.
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La guerre des étiquettes comme arme politique

Polarisation, langage et affaiblissement de la démocratie québécoise
L’épisode Karima Brikh a servi de déclencheur. Il a exposé, à ciel ouvert, une mécanique devenue familière sur les réseaux sociaux québécois, celle où l’on ne cherche pas d’abord à discuter ce qui est dit, mais à cadrer moralement celui ou celle qui le dit, jusqu’à rendre la discussion elle-même impossible. Et si cet épisode a tant résonné, c’est qu’il s’inscrit dans une dynamique plus large, déjà nommée frontalement par Réjean Bergeron et Normand Baillargeon, « nous traversons en ce moment une troublante et inédite crise de la conversation démocratique ».
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Carriérisme « à gauche » : L’archétype Alexandre Boulerice

Alexandre Boulerice pour QS dans Gouin : exception stratégique ou conflit d’intérêt politique.
Dans le texte précédent, j’ai posé le cadre. J’ai parlé d’innocence militante, de vertu transformée en capital politique, de cette mécanique par laquelle un appareil finit par protéger ses propres trajectoires tout en continuant de parler d’émancipation.
Il est maintenant temps de quitter l’abstraction, parce qu’il arrive qu’un seul cas mette à nu tout un système. Quand un parti plie ses règles pour accueillir une vedette, on voit soudain ce qu’on refusait de regarder, la stratégie, l’appareil, l’exception. Et derrière le vocabulaire noble, une question simple, mais décisive. Qui sert qui.
C’est ici que le nom s’impose : Alexandre Boulerice.
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