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Posté par le 15 août 2026
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Chien 51 : Un futur trop proche, une fin trop courte

Image du film ""

Avec Chien 51, Cédric Jimenez transpose le polar français dans un Paris divisé en trois zones sociales, où l’intelligence artificielle ALMA assiste la police. L’assassinat de son créateur réunit deux enquêteurs que tout oppose. J’ai apprécié cette enquête et la projection dans un futur suffisamment proche pour que ses dérives paraissent déjà en formation. Cette libre adaptation de Laurent Gaudé rejoint l’interrogation de Minority Report : que devient la justice lorsqu’une vérité technique s’impose au jugement humain ? Ici, ALMA ne prédit pas les crimes ; elle en propose des reconstitutions.

Les questions morales que soulève cette délégation du pouvoir aux IA donnent au film une résonance pleinement actuelle. Il rejoint une tradition dystopique qui va de Terminator, avec Skynet et sa guerre contre l’humanité, à La Matrice, où les machines maintiennent les humains en captivité. Plus récemment, Mercy transporte cette dépossession dans le tribunal, en confiant à une IA la fonction de juge. Ces parentés thématiques éclairent le danger que représente ALMA : la promesse de sécurité rend acceptable un pouvoir dont l’efficacité finit par tenir lieu de légitimité. L’outil auquel nous déléguons des décisions devient progressivement une autorité que nous ne savons plus contester.

Image du film "Reconnu coupable"

À lire aussi : Mercy : Entre tension numérique et impasse narrative. J’y examine une autre variation sur la justice confiée aux machines, où la force du concept se heurte, là aussi, aux facilités du dénouement.

La réussite tient d’abord à la présence concrète de cet univers. Voir un film de science-fiction français investir Paris procure un plaisir particulier : la familiarité des lieux rapproche la dystopie de notre quotidien. Le découpage nerveux et le rythme soutenu donnent à la surveillance une dimension physique. La ville peut se lire à travers Metropolis de Fritz Lang : l’architecture rend la hiérarchie sociale visible et contraignante. Les frontières entre quartiers matérialisent ainsi une ségrégation déjà familière. Le progrès technologique sert moins à abolir les inégalités qu’à perfectionner leur administration.

Je n’avais d’ailleurs pas compris le titre et j’ai, assez paradoxalement, interrogé une IA pour l’éclaircir. Il associe la condition de « chien », policier déclassé réduit à un rôle d’exécutant, à l’identifiant C51 de Zem. Cette désignation condense la déshumanisation à l’œuvre dans le récit : l’individu s’efface derrière sa fonction et son numéro. Mon recours à une machine pour comprendre cette métaphore ajoutait une ironie involontaire à l’expérience du film.

Gilles Lellouche et Adèle Exarchopoulos donnent une épaisseur humaine à cette mécanique. Leur amitié improbable constitue l’un des principaux attraits du film : leurs différences de milieu, de tempérament et de rapport au métier rendent leur complicité d’autant plus attachante. Ce rapprochement évoque Alphaville de Godard, où l’amour contrarie la souveraineté du calcul. Dans une société qui sépare les individus, nouer un lien devient un geste politique. Toutefois, le scénario mobilise davantage leur opposition pour relancer l’enquête que pour approfondir leur rapport au système. Le montage laisse peu de place aux hésitations qui rendraient leur évolution plus troublante.

C’est surtout le dénouement qui m’a déçu, au point de lui retirer une étoile. Les révélations précipitent une résolution dont les conséquences politiques sont trop rapidement esquissées : un ordre social aussi verrouillé semble pouvoir vaciller dès que la vérité éclate, sans que les résistances à son démantèlement soient véritablement explorées. Ce raccourci donne à la conclusion une impression de fin en queue de poisson. L’enquête reçoit ses réponses, mais le film s’arrête au moment où leurs implications devraient prendre toute leur ampleur. Cette frustration n’annule pas le plaisir du spectacle. Chien 51 demeure une variation française ambitieuse et prenante sur la dystopie policière, dont la maîtrise visuelle convainc davantage que l’aboutissement dramatique.

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10 | Pas mal

Affiche du film ""

Chien 51 (2025)

NC-17 106 min - Thriller, Science Fiction, Action - 15 octobre 2025
Votre note :

Dans un futur proche, Paris a été divisé en 3 zones qui séparent les classes sociales et où l’intelligence artificielle ALMA a révolutionné le travail de la police. Jusqu’à ce que son inventeur soit assassiné et que Salia et Zem, deux policiers que tout oppose, soient forcés à collaborer pour mener l’enquête.

Réalisateur :  Cédric Jimenez

Photos

Histoire

Dans un futur proche, Paris a été divisé en 3 zones qui séparent les classes sociales et où l’intelligence artificielle ALMA a révolutionné le travail de la police. Jusqu’à ce que son inventeur soit assassiné et que Salia et Zem, deux policiers que tout oppose, soient forcés à collaborer pour mener l’enquête.



Slogan : Dans une ville divisée, ils se battent pour la vérité.

Détails

Pays :   France,   Belgique
Langue :  Français
Date de sortie :  15 octobre 2025

Box Office

Recettes :  $11 348 181

Détails techniques

Durée :  1 h 46 min
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