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Posté par le 14 août 2026
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Mayday : Un hommage amusant à un cinéma d’action qui n’a plus rien à raconter

Image du film "Mayday"

Mayday, Jonathan Goldstein et John Francis Daley renouent avec l’esprit des comédies d’action américaines des années 1980, dans un hommage assumé à Top Gun et aux classiques du buddy movie. Situé en pleine guerre froide, le film suit Troy Kelly (Ryan Reynolds), un pilote américain abattu en territoire soviétique, qui trouve un allié improbable en Nikolai Ustinov (Kenneth Branagh), un ancien agent du KGB fasciné par la culture américaine. Une prémisse amusante qui promet un choc des cultures, mais dont le potentiel comique et narratif demeure partiellement exploité.

Le principal attrait du film repose sur la complicité de ses deux vedettes. Ryan Reynolds reprend son personnage habituel de héros sarcastique, multipliant les répliques ironiques avec une aisance devenue prévisible. Kenneth Branagh, en revanche, apporte une excentricité rafraîchissante à son personnage, dont le mélange de rudesse, de naïveté et d’enthousiasme constitue la meilleure surprise du récit. Leur dynamique fonctionne suffisamment pour provoquer quelques sourires, sans toutefois atteindre l’inventivité des grandes comédies de duo auxquelles le film emprunte ses recettes. Certaines situations franchement absurdes parviennent néanmoins à faire mouche, notamment cette scène où plusieurs personnages finissent par se cacher dans une même garde-robe. J’avoue avoir franchement ri devant cette accumulation de situations improbables, qui confirme une chose : Mayday ne cherche absolument pas à être pris au sérieux.

Sur le plan narratif, le film souffre surtout d’une construction excessivement linéaire. Les péripéties s’enchaînent selon une mécanique familière, alternant poursuites, affrontements et rapprochements entre les protagonistes. Chaque obstacle semble conçu pour conduire au suivant, sans véritable renversement dramatique ni tension durable. La mise en scène demeure efficace, avec des séquences d’action convenablement orchestrées et une reconstitution nostalgique des années 1980, mais elle privilégie constamment l’efficacité immédiate au détriment de l’originalité. Une séquence se démarque toutefois nettement : celle de la chute libre du protagoniste, véritable morceau de bravoure visuel dont la beauté et la maîtrise des effets spéciaux tranchent avec le reste de la production. Le résultat est tellement spectaculaire qu’on pourrait presque croire que la moitié du budget des effets visuels y a été engloutie.

Cette volonté de divertir sans prendre de risques finit par limiter la portée du film. Je comprends parfaitement l’intention des réalisateurs de rendre hommage à un certain cinéma d’action américain des années 1980, profondément imprégné du manichéisme de la guerre froide, et d’en pousser les conventions jusqu’à la caricature. Mais la transposition directe de ces codes dans la Russie soviétique de l’époque produit un décalage si prononcé qu’elle évacue toute prétention au réalisme. Est-ce assumé ? Je pense que oui. Le film relève manifestement davantage de la parodie affectueuse que de la reconstitution historique.

Reste que cette dérision n’efface pas complètement la dimension idéologique de l’entreprise. Sous ses apparences de comédie inoffensive, Mayday reconduit une forme de propagande culturelle américaine, particulièrement visible à travers le personnage de Nikolai. Son admiration presque aveugle et dévote pour les États-Unis atteint un degré d’absurdité révélateur : isolé au fin fond de la forêt russe, il aurait appris à maîtriser l’anglais par lui-même, tant sa fascination pour la culture américaine serait profonde. Le personnage est évidemment conçu pour faire rire, mais son existence repose également sur une représentation familière de l’imaginaire hollywoodien, celle d’une Amérique si désirable qu’elle parviendrait à séduire jusqu’à ses adversaires idéologiques. Le film tourne ainsi en dérision les vieux réflexes de la guerre froide tout en continuant, paradoxalement, à les reproduire.

C’est peut-être dans cette contradiction que réside son principal intérêt. Mayday fonctionne comme un divertissement léger, à prendre au deuxième degré, qui célèbre avec une certaine tendresse les extravagances d’un cinéma révolu. Mais derrière ses clins d’œil nostalgiques, il ne propose finalement aucune véritable relecture du genre. Tout est trop balisé, trop prévisible, jusqu’à une conclusion particulièrement fade, qui laisse une impression d’inachèvement et même une certaine amertume. À force de vouloir reproduire les plaisirs d’une autre époque, le film semble oublier de nous offrir quelque chose qui lui appartienne véritablement.

Mayday remplit donc modestement son contrat de divertissement. On apprécie la bonne humeur générale, quelques échanges savoureux et une poignée de séquences franchement réussies, mais l’ensemble manque de personnalité pour véritablement marquer les esprits. Un film amusant et sympathique, qui procure quelques bons moments sans jamais dépasser les conventions qu’il prétend célébrer. Au bout du compte, il ne reste guère davantage que le souvenir d’un cinéma appartenant à une époque désormais révolue, comme si la nostalgie constituait à la fois sa principale qualité et sa plus grande limite.

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10 | Moyen

Affiche du film "Mayday"

Photos

Histoire

Un pilote de la Navy envoyé en mission secrète durant la guerre froide se retrouve piégé en territoire ennemi. Son seul espoir de survie est de s'allier à un ex-agent du KGB excentrique.



Slogan : Une amitié avec de gros red flags.

Genres : Action, Comédie

Détails

Pays :   États-Unis
Langue :  Anglais, Russe
Date de sortie :  3 septembre 2026

Box Office

Compagnies

Compagnies de production :  Skydance Media, Maximum Effort, GoldDay

Détails techniques

Durée :  1 h 51 min
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