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Posté par le 2 septembre 2026
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The End of Oak Street : Un faux Spielberg qui dévore sa propre crédibilité

Image du film ""
Avec The End of Oak Street (2026), David Robert Mitchell abandonne l’angoisse insidieuse et la remarquable maîtrise du suspense de It Follows pour une aventure préhistorique aussi invraisemblable que superficielle. Je m’étais lancé dans ce film après avoir lu certaines opinions affirmant qu’il surpassait les suites de Jurassic Park. Une comparaison qui avait éveillé ma curiosité, mais qui me paraît finalement bien généreuse. Le point de départ possède pourtant un certain potentiel : en 1982, une paisible banlieue américaine se retrouve mystérieusement transportée dans un monde peuplé de dinosaures. Une prémisse absurde, certes, mais qui aurait pu donner naissance à une réjouissante série B, quelque part entre Jurassic Park et La Guerre des mondes. Malheureusement, le réalisateur semble confondre fantaisie et idiotie scénaristique, comme si l’originalité d’une idée suffisait à justifier son traitement. Car le problème n’est pas tant de croire à des dinosaures surgissant au milieu d’un quartier résidentiel que d’accepter les réactions profondément stupides de ceux qui tentent d’y survivre.

Le récit accumule ainsi les situations improbables sans véritablement chercher à établir une logique interne convaincante. Comment expliquer, notamment, que les habitants d’un quartier entier plongé dans une catastrophe ne cherchent pratiquement jamais à communiquer entre eux, à s’organiser ou simplement à comprendre collectivement ce qui leur arrive ? Chacun semble évoluer dans son propre univers, comme si la notion même de voisinage avait disparu. Plus ridicule encore, le jeune Brian décide de partir à la recherche de son chien Starbuck, en pleine nuit, sans même prévenir ses parents, alors que les rues grouillent de prédateurs. Le chien devient ainsi un artifice scénaristique commode, dont les disparitions et les réapparitions providentielles servent essentiellement à provoquer de nouvelles péripéties. Quant au voisin agressif qui trouve encore le moyen d’aller tabasser le garçon pour régler une vieille querelle, en pleine apocalypse de dinosaures, difficile d’imaginer comportement plus grotesque. Les créatures préhistoriques elles-mêmes ne font guère preuve de davantage de nuances. Trop nombreuses, constamment affamées, elles semblent toutes obéir au même instinct agressif, sans distinction véritable de comportement. Réduits à des machines à poursuivre et à dévorer, ces animaux perdent rapidement toute singularité, et leur omniprésence finit par banaliser la menace qu’ils devraient incarner. On peut évidemment concevoir que la peur pousse les individus à agir irrationnellement, mais encore faut-il que leurs décisions possèdent une certaine cohérence psychologique. Ici, les personnages semblent surtout avoir été privés de tout instinct de survie par les scénaristes.

Le film tente parallèlement de développer un drame familial autour d’un couple en crise, interprété par Anne Hathaway et Ewan McGregor. Mais cette dimension psychologique demeure schématique. Les frustrations conjugales, les difficultés économiques et les tensions domestiques auraient pu nourrir une réflexion sur la fragilité du modèle familial américain, dont la tranquillité pavillonnaire dissimule souvent des contradictions profondes. L’absence presque totale de solidarité entre voisins aurait d’ailleurs pu constituer une satire particulièrement mordante de l’individualisme suburbain. Or, Mitchell ne semble jamais exploiter cette dimension. Il préfère transformer la catastrophe en instrument de réconciliation familiale, comme si survivre à quelques monstres préhistoriques suffisait à résoudre les problèmes d’un mariage. Cette vision étonnamment conventionnelle reconduit finalement une vieille morale hollywoodienne : devant l’effondrement du monde extérieur, la famille nucléaire doit retrouver son unité. Une idée qui aurait gagné à être interrogée plutôt que simplement célébrée.

Visuellement, Mitchell parvient occasionnellement à construire une certaine tension, notamment lorsqu’il exploite le contraste entre la banalité des décors résidentiels et l’irruption d’une nature devenue hostile. Certaines compositions et l’utilisation du hors-champ rappellent les qualités de mise en scène qui distinguaient ses premières réalisations. Mais ces réussites ponctuelles ne compensent ni les facilités du scénario ni les incohérences d’un montage qui escamote parfois les obstacles qu’il vient pourtant de présenter comme insurmontables. La musique de Michael Giacchino et l’esthétique nostalgique des années 1980 cherchent manifestement à retrouver l’émerveillement du cinéma de Steven Spielberg, particulièrement celui de E.T. et de Jurassic Park. Pourtant, là où Spielberg savait conjuguer spectacle, émotion et progression dramatique, Mitchell se contente trop souvent d’en reproduire les signes extérieurs. Les personnages de Spielberg pouvaient commettre des erreurs, mais leurs réactions demeuraient généralement intelligibles. Ceux de Mitchell semblent plutôt prendre systématiquement les pires décisions possibles, simplement parce que le scénario a besoin d’une nouvelle catastrophe. Le film emprunte ainsi les codes d’un cinéma populaire dont il semble avoir oublié l’intelligence narrative.

Image du film "It Follows"

À lire également : Avec It Follows (2014), David Robert Mitchell démontrait une remarquable maîtrise du suspense et de l’angoisse, transformant une prémisse fantastique minimaliste en véritable réflexion sur la peur et la fatalité. Un contraste saisissant avec les maladresses de The End of Oak Street. Retrouvez ma critique de It Follows, un film qui révélait tout le potentiel de ce cinéaste.

Au bout du compte, The End of Oak Street ressemble à une mauvaise plaisanterie bénéficiant de moyens considérables. Derrière son apparente fantaisie se cache surtout un cinéma de la nostalgie, davantage préoccupé par la reproduction de recettes éprouvées que par leur renouvellement. Un divertissement bruyant, parfois amusant malgré lui, mais fondamentalement idiot, qui gaspille une distribution talentueuse au service d’une histoire dont l’absurdité finit par épuiser toute crédibilité. Car il existe une différence fondamentale entre demander au spectateur de suspendre son incrédulité et lui demander de renoncer à toute intelligence critique. Plus décevant encore, venant d’un cinéaste qui avait justement démontré sa capacité à renouveler les conventions du cinéma fantastique.

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10 | Pas terrible

Affiche du film ""

La Fin d'Oak Street (2026)

PG-13 100 min - Science Fiction, Mystère, Thriller - 12 août 2026
Votre note :

Lorsqu’un mystérieux événement cosmique arrache Oak Street à sa paisible banlieue et la transporte vers un lieu inconnu, la famille Platt, désorientée dans ce nouvel environnement hostile, comprend vite qu’il leur faudra rester unis pour survivre.

Réalisateur :  David Robert Mitchell
Écrivains :  David Robert Mitchell

Photos

Histoire

Lorsqu’un mystérieux événement cosmique arrache Oak Street à sa paisible banlieue et la transporte vers un lieu inconnu, la famille Platt, désorientée dans ce nouvel environnement hostile, comprend vite qu’il leur faudra rester unis pour survivre.


Collections : Films de 2026

Détails

Site officiel :  —
Pays :   États-Unis
Langue :  Anglais
Date de sortie :  12 août 2026

Box Office

Budget :  $80 000 000
Recettes :  $120 363 694

Compagnies

Détails techniques

Durée :  1 h 40 min
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