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Posté par le 5 septembre 2026
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Trump, le français et le détournement de l’élection québécoise

Comment Ottawa et Christine Fréchette transforment un différend commercial avec les États-Unis en arme politique contre le Parti québécois

J’avais déjà avancé que la méthode ayant permis au Parti libéral du Canada de retourner la menace Trump contre Pierre Poilievre pourrait un jour être transposée au Québec contre Paul St-Pierre Plamondon. Je n’avais cependant pas prévu que le français deviendrait l’un des principaux instruments de cette opération. À partir d’un véritable contentieux commercial avec Washington, Ottawa a progressivement construit le récit d’un Mark Carney prêt à sacrifier une entente pour défendre notre langue et notre culture. Le paradoxe est saisissant : ce qui sert depuis des générations à montrer les limites du cadre canadien devient soudainement la preuve qu’il faudrait s’y accrocher. Et derrière ce retournement apparaît déjà une autre question : celle de l’usage électoral que Christine Fréchette peut en faire contre le Parti québécois.


Il y a quelques semaines, dans Le Canada libéral : comprendre le régime fédéral pour s’en libérer, j’essayais de décrire une mécanique politique qui me semblait appelée à survivre à la dernière élection fédérale. Donald Trump avait offert au Parti libéral du Canada beaucoup plus qu’un adversaire extérieur : il lui avait fourni une méthode électorale. Une formation usée par près d’une décennie de pouvoir avait réussi à déplacer le centre de gravité du débat, à substituer à la question de son propre bilan celle de la menace américaine, puis à transformer Mark Carney en figure de stabilité et de protection.

La force de cette méthode ne résidait pas dans l’invention d’un danger imaginaire. Trump était et demeure réellement hostile, imprévisible et disposé à utiliser la puissance économique américaine contre le Canada. Le génie politique des stratèges libéraux fut plutôt de comprendre qu’une menace réelle pouvait être hiérarchisée jusqu’à devenir la question organisatrice d’une élection. Pierre Poilievre pouvait parler de l’immigration, du coût de la vie ou de l’héritage libéral; Carney disposait d’une interrogation plus simple et émotionnellement beaucoup plus puissante : qui voulez-vous voir devant Donald Trump?

À partir du moment où cette question s’impose, le vote libéral cesse d’être seulement un jugement sur le PLC pour devenir un geste de protection. C’est précisément ce que permet le wedge politics, cette politique du coin qui consiste moins à inventer un enjeu qu’à en sélectionner un suffisamment chargé pour fracturer les coalitions adverses, modifier la hiérarchie des préoccupations et amener des électeurs à voter autrement qu’ils ne l’auraient fait si la campagne s’était déroulée sur son terrain initial.

J’écrivais alors que cette méthode pouvait très bien être transposée au Québec. Je ne pensais simplement pas que nous l’observerions aussi rapidement à travers la suspension d’une ronde de négociations commerciales avec Washington, ni surtout que la langue française deviendrait l’un des principaux instruments de cette nouvelle opération.

C’est ici qu’il faut préciser ce que j’entends par détournement. Je ne soutiens pas que la question linguistique aurait été entièrement inventée ni que le français n’aurait joué aucun rôle dans les discussions avec les Américains. Le procédé est plus subtil, et précisément pour cette raison plus efficace : partir d’un élément réel, le sélectionner parmi plusieurs autres, lui attribuer une importance symbolique beaucoup plus grande que celle que les faits disponibles permettent encore d’établir, puis s’en servir pour modifier la signification politique de l’ensemble. Une langue qui, dans le débat québécois, sert historiquement à illustrer les limites du cadre canadien devient ainsi une preuve de son utilité, tandis qu’un symbole central de notre différence nationale est retourné pour légitimer l’ordre politique, institutionnel et symbolique canadien qui prétend désormais nous en protéger.

Pour un indépendantiste, le paradoxe est difficile à rendre plus mordant. Le même État qui, depuis la Conquête et surtout depuis l’intégration du Québec à l’ordre constitutionnel canadien, a organisé notre minorisation politique à l’intérieur d’un ensemble démographique massivement anglophone, et qui nous maintient dans un cadre où l’assimilation demeure à terme une pression structurelle permanente, se présente soudainement comme le rempart de la langue qui nous distingue. Autrement dit, celui qui administre le rapport de force dans lequel notre français doit constamment lutter pour se maintenir peut désormais se donner le rôle du protecteur contre un danger venu d’ailleurs. Le colonisateur se drape dans la langue du colonisé pour mieux légitimer la permanence de l’ordre dont il est le gardien.

C’est là que la manœuvre cesse d’être simplement habile pour devenir profondément cynique et, à plusieurs égards, franchement ubuesque. Le français n’est plus seulement défendu : il est récupéré comme preuve que le cadre canadien serait précisément celui dont nous aurions besoin pour survivre. Le renversement est presque parfait, puisque l’un des principaux arguments historiques en faveur de notre émancipation devient soudainement un argument en faveur de notre maintien dans le régime.

Une méthode politique déjà éprouvée

La dernière élection fédérale avait fourni le mode d’emploi. Les menaces tarifaires de Trump, ses provocations autour du 51e État et ses attaques contre la souveraineté canadienne avaient provoqué un puissant réflexe patriotique dont Carney était devenu le principal bénéficiaire. L’essentiel n’était pas de convaincre les électeurs que le bilan libéral était soudainement remarquable, mais de faire en sorte que ce bilan cesse d’être la question principale.

C’est toute la différence entre une propagande primitive et une construction narrative plus sophistiquée. La première invente grossièrement les faits; la seconde choisit parmi les faits réels ceux qui doivent occuper l’avant-scène, relègue les autres à l’arrière-plan et finit par imposer la question à laquelle le citoyen aura l’impression de devoir répondre. Le pouvoir en place n’a alors plus besoin d’être particulièrement populaire, il doit simplement apparaître plus rassurant que l’alternative.

Trump permettait exactement ce déplacement. Il ramenait vers le PLC des électeurs de gauche qui auraient pu appuyer le NPD, des Québécois tentés par le Bloc et des centristes qui souhaitaient normalement sanctionner le gouvernement sortant. La peur de l’extérieur devenait suffisamment forte pour recomposer les alliances à l’intérieur et permettre aux libéraux de reprendre l’initiative sur un terrain qui leur était favorable.

Dans Le Canada libéral : comprendre le régime fédéral pour s’en libérer, j’analysais déjà comment Trump avait permis au PLC de recomposer les alliances électorales autour de la peur et j’anticipais la transposition de cette méthode contre le PQ : changer la cible, garder la peur.

Je m’attendais déjà à ce que la mécanique électorale éprouvée au fédéral soit adaptée au contexte québécois. Le déplacement me paraissait assez prévisible : Le personnage du « méchant réactionnaire » incarné au fédéral par Pierre Poilievre pourrait ainsi être réattribué à Paul St-Pierre Plamondon, tandis que le Parti québécois deviendrait la nouvelle force à charger de tous les risques, de toutes les incertitudes et de tous les bouleversements dans un climat déjà dominé par la peur de Trump. Je m’attendais donc à une simple transposition du procédé : changer l’adversaire, conserver intacte la mécanique de la peur.

Ce que je n’avais pas prévu, c’est la forme spectaculaire que prendrait cette transposition. Je ne m’attendais pas à voir se dessiner aussi rapidement une convergence de circonstance entre le gouvernement libéral de Mark Carney et la CAQ de Christine Fréchette, comme si la stratégie qui avait permis au PLC de se sauver au fédéral trouvait à Québec un relais disposé à l’adapter contre le PQ. Encore moins pouvais-je imaginer que la langue française deviendrait l’un des principaux instruments symboliques permettant de rendre cette convergence acceptable, voire rassurante, auprès d’un électorat nationaliste francophone.

Le détournement commence précisément là : le français cesse d’être seulement l’un des enjeux d’une négociation commerciale avec Washington pour devenir le véhicule par lequel Ottawa peut se présenter comme protecteur de la culture au Québec, tandis que la collaboration avec le gouvernement canadien peut être revalorisée comme une forme de prudence nationale devant Trump. Une langue qui sert depuis des décennies à mettre en lumière les limites du cadre fédéral se retrouve ainsi mobilisée pour démontrer son utilité.

Quand une négociation commerciale devient une bataille pour notre langue

Le 21 août, après de longs mois de discussions avec Washington, Mark Carney suspend les négociations commerciales et rappelle les négociateurs canadiens à Ottawa. Le récit initial est relativement prosaïque : préserver l’accès au marché américain, limiter les tarifs qui frappent certaines industries, protéger les entreprises canadiennes et conserver suffisamment de marge de manœuvre pour mener nos propres politiques économiques. Une ronde de négociations complexe se termine donc sans entente parce que les exigences américaines dépassent ce qu’Ottawa juge acceptable.

C’est alors que le récit se déplace. Carney explique désormais que son gouvernement n’était pas disposé à faire de compromis sur « la protection de la langue française et notre culture » et soutient que les Américains avaient maintenu ces questions sur la table jusqu’aux derniers instants. Une rupture d’abord présentée essentiellement à travers des considérations économiques et souveraines acquiert alors une charge symbolique infiniment plus forte au Québec : le Canada aurait tenu tête à Trump pour défendre notre langue.

Yeah right !

Je ne prétends pas que le dossier culturel a été inventé. Certaines règles portant sur la découvrabilité, le contenu canadien et les obligations imposées aux plateformes américaines faisaient effectivement partie du contentieux. Mais les informations publiées depuis donnent des négociations une image beaucoup moins simple que celle d’un Carney refusant une entente afin de protéger le français. Le New York Times rapporte notamment que le Canada avait accepté de revoir certaines lois protégeant les contenus canadiens en ligne, y compris des émissions en français. De son côté, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a reconnu que la découvrabilité avait été discutée, tout en soutenant, dans la version américaine des pourparlers, qu’elle ne constituait ni le principal point d’achoppement ni un enjeu qui aurait suffi à faire échouer une bonne entente.

Cette précision est importante parce que je n’ai pas davantage l’intention de faire de Washington mon arbitre de la vérité que de prendre la version d’Ottawa pour argent comptant. Les récits divergent précisément sur l’importance réelle de cet enjeu. Ce que nous savons permet d’affirmer que des politiques touchant notamment les contenus francophones ont été discutées; cela ne permet pas d’établir avec la même certitude que Carney a suspendu les négociations pour sauver le français.

C’est pourtant dans cet écart que le récit devient politiquement rentable au Québec. Une négociation touchant l’automobile, l’acier, les tarifs, les politiques numériques et plusieurs enjeux de souveraineté économique peut être simplifiée en une histoire infiniment plus mobilisatrice où Trump aurait voulu toucher à notre français et Carney lui aurait tenu tête. Une suspension de négociations devient alors une résistance nationale, et le français change de fonction.

Du fait au récit

Donald Trump s’est évidemment engouffré dans cette bataille narrative avec la subtilité qu’on lui connaît. Dans la publication reproduite ci-dessous, il affirme qu’il n’aurait jamais songé à empêcher les Canadiens de parler français, accuse Carney d’avoir fabriqué cette histoire pour gagner l’appui des Québécois et termine en proclamant son amour des « French Canadians ».

Je n’ai aucune intention de faire de Trump mon arbitre de la vérité simplement parce que je soupçonne Ottawa d’instrumentaliser le dossier. Son démenti caricature d’ailleurs partiellement l’enjeu, qui concerne beaucoup plus les réglementations culturelles et numériques que le droit individuel de parler français. Mais cet échange révèle à quel point la controverse a changé de nature : Carney se présente comme défenseur du français contre Trump, tandis que Trump lui répond qu’il aime les Canadiens français et que Carney les manipule. Une négociation de plusieurs milliards de dollars devient presque un concours grotesque pour déterminer lequel des deux hommes aurait le plus à cœur le Québec francophone.

C’est précisément là que le détournement devient visible. Le français n’est plus seulement l’un des dossiers discutés, il devient le symbole à partir duquel l’ensemble de la séquence peut être relu. Et c’est pourquoi le procédé n’a pas besoin d’un mensonge total pour fonctionner. Il lui suffit d’un élément réel dont l’importance est amplifiée, rehiérarchisée et transformée en clé morale de toute l’histoire.

Le Canada protecteur et sa mémoire sélective

La deuxième étape de l’opération me paraît cependant encore plus importante. Une fois admis qu’Ottawa aurait résisté pour protéger le français, une autre conclusion peut discrètement s’installer : le Canada serait donc le cadre politique capable de protéger cette langue. C’est ici que ma mémoire d’indépendantiste me rend particulièrement réfractaire à la mise en scène.

Quelques mois auparavant, le même Mark Carney exprimait encore son « malaise » devant certains moyens utilisés par Québec dans le cadre de la loi 96, notamment l’utilisation préventive de la disposition de dérogation.

Il faut évidemment être exact : Carney contestait surtout une approche constitutionnelle et non l’objectif abstrait de protéger le français. Mais cet épisode illustre une première divergence essentielle, celle des moyens et du cadre juridique dans lequel la protection linguistique doit s’exercer.

Le fédéral a consacré depuis 1995 des milliards de dollars à la vitalité de l’anglais au Québec. Il ne s’agit pas d’une anomalie cachée ni d’une contradiction du point de vue canadien, mais de l’application cohérente de sa conception des langues officielles : pour Ottawa, les anglophones du Québec constituent une communauté linguistique minoritaire dont l’État fédéral doit soutenir la vitalité comme il soutient les communautés francophones minoritaires ailleurs au pays.

Pour la lecture indépendantiste et, plus largement, pour une bonne partie du nationalisme québécois, la question se pose autrement. Le français n’est pas seulement l’une des deux langues officielles d’un État bilingue, mais la langue commune d’une nation minoritaire sur un continent massivement anglophone. Les deux conceptions peuvent parfois converger dans certaines politiques, mais elles ne partent pas du même diagnostic.

Enfin, une troisième manchette rappelle que même l’appareil fédéral peine à incarner l’idéal linguistique qu’il revendique.

Je ne prétends évidemment pas qu’une seule étude permet de résumer toute la situation linguistique au fédéral ni qu’Ottawa n’a jamais posé de gestes favorables au français. Ce serait caricatural. Mais ces trois exemples ne jouent pas le même rôle et c’est précisément ce qui les rend intéressants : le premier rappelle la divergence constitutionnelle sur les moyens de protéger la langue, le deuxième la conception fédérale du bilinguisme et le troisième les difficultés du français au sein même de l’administration canadienne. Ensemble, ils devraient au minimum nous empêcher de confondre une convergence circonstancielle dans une négociation commerciale avec une transformation miraculeuse de la nature du régime.

Le même appareil fédéral qui soutient structurellement la communauté anglophone du Québec conformément à sa conception du bilinguisme, qui conteste certains mécanismes employés par Québec pour protéger le français et dont la propre administration peine à préserver la place de cette langue ne devient pas soudainement notre État national parce que Mark Carney affirme avoir résisté à une demande américaine concernant les contenus numériques. Le détournement consiste précisément à effacer cette continuité en transformant une intervention ponctuelle en vocation et un intérêt circonstanciel en mission historique. Le Canada se découvre ainsi, presque du jour au lendemain, gardien du français.

Détourner jusqu’à « Maîtres chez nous »

La récupération atteint probablement son sommet symbolique lorsque Carney reprend à Lévis le vocabulaire de la Révolution tranquille et invoque l’idée d’être « maîtres chez nous » pour parler de l’autonomie économique du Canada face aux États-Unis.

Le renversement est remarquable. Une formule historiquement associée à la volonté du Québec de récupérer ses propres leviers économiques, d’échapper à une situation de dépendance et de maîtriser davantage son destin collectif devient maintenant un slogan de résistance nationale canadienne. Ce n’est donc plus seulement le français qui est détourné, mais le langage même de notre émancipation.

Pour un indépendantiste, il est difficile de ne pas ressentir une certaine exaspération devant la facilité de l’opération. Lorsque le Québec invoque sa différence nationale pour réclamer davantage de pouvoirs, cette différence se heurte aux limites du cadre fédéral; lorsqu’elle permet au Canada de démontrer devant Trump qu’il n’est pas une simple extension septentrionale des États-Unis, notre langue, notre culture et même le vocabulaire de notre affirmation collective deviennent soudainement des composantes centrales de l’identité canadienne.

Le mécanisme apparaît alors dans toute sa cohérence : notre différence est embarrassante lorsqu’elle justifie notre émancipation, mais elle devient précieuse lorsqu’elle sert à légitimer le Canada.

Voilà, à mes yeux, le véritable détournement du français. Il ne consiste pas uniquement à attribuer à la langue une importance exagérée dans une négociation commerciale, mais à récupérer cette langue, son histoire et le sentiment national qui lui est attaché pour produire un récit où le régime canadien cesse d’apparaître comme le cadre dont le Québec voudrait éventuellement s’affranchir et devient au contraire celui qui le protège contre le monde extérieur.

Quand le rempart remplace le statu quo

C’est probablement là que réside la véritable efficacité politique de l’opération. Le régime canadien n’a pas besoin de convaincre tous les Québécois qu’il est soudainement devenu le gardien naturel de leur langue. Il lui suffit de modifier suffisamment le cadre du débat pour que le fédéralisme cesse momentanément d’apparaître comme un statu quo et commence plutôt à se présenter comme un rempart. Devant Trump, le Canada ne serait plus simplement l’ordre politique existant auquel le Québec appartient, mais la structure qui le protège, y compris dans ce qui le distingue le plus profondément de lui.

En tirant le rideau sur Donald Trump, Christine Fréchette fait apparaître le véritable ressort du nouveau récit : la menace américaine en avant-scène, Mark Carney dans le rôle du protecteur et le Canada comme rempart.

Le français permet ainsi de déplacer la légitimité canadienne sur un terrain où elle est normalement beaucoup plus fragile au Québec. Une négociation commerciale complexe devient une bataille culturelle, cette bataille permet à Carney d’endosser le rôle du protecteur et, à travers lui, le régime fédéral peut récupérer une part du nationalisme québécois pour consolider sa propre nécessité. Ce qui servait hier à démontrer les limites du Canada devient aujourd’hui une raison de s’y accrocher.

C’est ce renversement que je désigne comme le grand détournement du français. Il ne repose pas sur une fabrication totale des faits, mais sur quelque chose de politiquement plus efficace : leur sélection, leur hiérarchisation et leur réinterprétation jusqu’à faire d’un dossier parmi plusieurs le symbole d’un Canada qui nous protégerait désormais contre Trump, jusque dans notre langue et notre culture.

La question devient alors inévitablement électorale. Une fois Trump installé dans le rôle de la menace et Carney dans celui du protecteur, il reste à voir comment cette architecture de la peur peut être importée dans la campagne québécoise. J’avais déjà prévu que la méthode utilisée contre Pierre Poilievre pourrait éventuellement être retournée contre Paul St-Pierre Plamondon et le Parti québécois. Ce que je n’avais pas prévu, c’est qu’elle trouverait aussi rapidement un relais dans la CAQ de Christine Fréchette.

C’est cette deuxième opération que j’examinerai dans le prochain texte.

Au cœur de cette personnalité se trouve le fait que nous parlons français
– René Lévesque

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