N’ayez pas peur : le choix de la confiance
« N’ayez pas peur. » En ce jour de vote, les mots de Jacques Parizeau m’invitent à refuser la peur entretenue par une campagne d’amalgames et de diversions. Je choisis la confiance : donner au Parti Québécois un gouvernement majoritaire indépendantiste pour concrétiser un projet de société et de pays.
« N’ayez pas peur. » L’épitaphe de Jacques Parizeau prend une résonance particulière en ce jour de vote. Ces quelques mots expriment une disposition essentielle à toute démarche d’émancipation : avoir suffisamment confiance en nous-mêmes pour envisager l’avenir autrement. La peur invite à rester dans les limites du connu, même lorsque celui-ci nous déçoit. La confiance nous permet de réfléchir à ce que nous pourrions devenir et de nous donner les moyens d’y parvenir.
J’ai trouvé cette campagne particulièrement sale. Les campagnes de peur, les amalgames, les fausses rumeurs et les diversions ont trop souvent occupé l’espace qui aurait dû servir à discuter des propositions et de l’avenir du Québec. À mes yeux, plusieurs partis et médias fédéralistes ont contribué à ce climat, en présentant la perspective d’un gouvernement indépendantiste comme une menace à conjurer. À force de déplacer le débat vers les inquiétudes que suscite le changement, on finit par éviter la question fondamentale : que voulons-nous construire ensemble?
Il est légitime de discuter du projet indépendantiste, d’en examiner les conditions et d’en contester les arguments. Un projet de cette ampleur doit pouvoir soutenir un débat exigeant. Mais encore faut-il lui permettre d’être entendu pour ce qu’il propose. Lorsque les intentions prêtées à ses défenseurs prennent davantage de place que leurs idées, le débat démocratique s’appauvrit. Les citoyens méritent mieux qu’une succession de procès d’intention au moment de faire un choix aussi important.
Au cœur de cette tempête, j’ai vu le Parti Québécois maintenir le cap. Son ton positif, ses propositions et sa volonté de lier un projet de société à un projet de pays m’ont donné confiance. L’indépendance prend son sens dans cette articulation : elle doit nous donner les moyens politiques de bâtir le Québec que nous souhaitons, de soutenir nos services publics, de faire vivre notre langue et notre culture, et d’assumer collectivement les décisions qui engagent notre avenir.
Cette détermination compte d’autant plus que les résistances rencontrées pendant la campagne donnent le ton pour la suite. Il faudra du courage pour mener ce projet jusqu’au bout, expliquer les choix, répondre aux objections et rassembler au-delà du cercle des convaincus. La confiance dont je parle repose sur cette volonté de faire face aux difficultés et sur la conviction que le peuple québécois possède les ressources nécessaires pour les surmonter.
Comme le rappelle Paul St-Pierre Plamondon, l’enjeu est de choisir un gouvernement, pas seulement une opposition. Cette distinction est au cœur du scrutin. Nous avons l’occasion de donner au Parti Québécois un mandat et les moyens de mettre ses idées en œuvre. Une majorité indépendantiste pourrait transformer une aspiration en démarche politique, inscrire le projet de pays dans l’action gouvernementale et ouvrir un véritable débat sur les conditions de sa réalisation.
Pour moi, voter pour le Parti Québécois, c’est choisir le camp du changement. C’est vouloir que le peuple québécois prenne pleinement sa place à la table des décisions politiques qui le concernent. C’est aussi affirmer que notre avenir constitutionnel mérite d’être discuté à partir de nos besoins, de nos ambitions et de notre volonté collective. Nous avons le droit de souhaiter davantage pour le Québec et de travailler démocratiquement à cette ambition.
Aujourd’hui, ce courage commence dans l’isoloir. Notre vote peut faire contrepoids aux discours qui cherchent à nous enfermer dans la peur et donner une portée concrète à notre espoir. Une occasion politique de cette importance ne se présente pas à chaque élection. Elle mérite que nous prenions la mesure de ce qui devient possible et que nous assumions notre part de responsabilité.
Je choisis donc la confiance : celle que j’accorde au Parti Québécois pour porter ce projet, mais surtout celle que j’ai envers le Québec et sa capacité de prendre son avenir en main. Bâtir un pays qui nous ressemble demandera de la persévérance, de la solidarité et du courage. Le premier geste est à notre portée.
N’ayez pas peur.
N’ayez pas peur de construire une société qui soit à l’image de vos ambitions
– Jacques Parizeau










