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Posté par le 12 février 2026
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Pour en finir avec l’égalité à géométrie variable de la SRC

Analyse critique d’Elizabeth Lemay à Radio-Canada et du sexisme woke qui fragilise le principe d’égalité.

Elizabeth Lemay à Radio-Canada : quand le principe d’égalité cède au sexisme woke

L’entrevue accordée par Elizabeth Lemay à Radio-Canada ne relève pas d’un simple dérapage médiatique. Elle agit comme un révélateur d’un glissement plus profond dans notre espace public. Lorsqu’un principe aussi fondamental que l’égalité des sexes est appliqué de manière asymétrique, selon l’identité du groupe visé, il ne s’agit plus de progrès social, mais d’un déplacement moral inquiétant. À travers cette séquence, se dessine une forme de sexisme woke qui, sous couvert de vertu, fragilise le cadre commun et banalise des généralisations que l’on n’accepterait jamais dans l’autre sens.

Vue de l’extérieur, pour quiconque n’adhère ni au vocabulaire ni aux réflexes culturels de l’idéologie dite « woke », la récente entrevue accordée par Elizabeth Lemay sur les ondes de la Société Radio-Canada a quelque chose de franchement déroutant, voire sidérant. Ce qui peut sembler cohérent à l’intérieur d’un cadre militant apparaît, hors de ce cadre, comme une rupture étonnante avec les standards élémentaires de prudence et d’universalité.

Dans cet extrait de l’entrevue d’Elizabeth Lemay intitulée « La crise de la solitude masculine est une bonne nouvelle », diffusée à Radio-Canada, les propos tenus soulèvent un profond malaise.

Et c’est précisément pour cette raison que cet épisode dépasse le simple fait divers médiatique. Il constitue un point d’arrêt. Un moment propice pour réfléchir aux dérives contemporaines qui traversent notre espace public.

Ce qui s’est joué à l’antenne ne relève pas uniquement d’un dérapage isolé. La séquence agit comme un révélateur d’un climat intellectuel marqué par une lecture du monde issue du wokisme, qui prétend en façade corriger des injustices réelles, mais qui, dans ses dérives, fragilise le cadre commun en installant une suspicion permanente entre les différentes identités.

Plus troublant encore, cette grille de lecture trouve aujourd’hui un écho puissant à l’intérieur même d’une société d’État financée par les contribuables. Lorsqu’un diffuseur public relaie sans distance critique suffisante une vision militante et polarisante du débat social, la question ne relève plus seulement de la liberté d’expression. Elle engage une responsabilité institutionnelle.

En réécoutant l’échange, un moment m’a frappé. Lorsque l’animatrice Rebecca Makonnen évoque la formule devenue presque réflexe, « ce n’est pas tous les hommes », la réponse qui lui est adressée par son invitée est la suivante : « tu fais partie du problème ».

Ce passage est révélateur. Il balaie la nuance et transforme l’appel à la distinction en faute morale. La généralisation devient légitime, la contestation suspecte. À partir du moment où l’on associe un groupe entier à une culpabilité diffuse, ce n’est plus un comportement qui est jugé, mais une appartenance identitaire, parfois même une identité innée, voire biologique, comme celle du sexe. Et lorsqu’une caractéristique constitutive de la personne devient en soi suspecte, le principe d’égalité vacille.

Après le sexisme assumé, il y a parallèlement le racialisme assumé. Classer les individus selon leur sexe, leur couleur ou leur orientation serait désormais un signe de progrès. Drôle de modernité que celle qui recycle les vieux réflexes d’assignation identitaire en les rebaptisant vertu.

Plus troublante encore est l’absence de mise à distance claire à ce moment précis. Le rôle d’un animateur au sein d’un diffuseur public n’est pas de valider implicitement une posture idéologique, mais d’assurer un minimum d’équilibre critique.

Ce glissement devient particulièrement inquiétant lorsque la détresse réelle d’un segment de la population est traitée avec légèreté, voire comme un signe de progrès. La solitude masculine n’est pas une anecdote sociologique. Elle est corrélée à des indicateurs de santé publique lourds, notamment un taux de suicide nettement supérieur chez les hommes. Transformer cette vulnérabilité en symbole idéologique, ou en « bonne nouvelle », revient à instrumentaliser une souffrance bien réelle. Une société mature ne hiérarchise pas la compassion. Elle ne transforme pas la fragilité d’un groupe en argument moral contre lui. Lorsque la détresse devient un trophée rhétorique, nous ne sommes plus dans l’analyse. Nous sommes dans la déshumanisation.

Ce montage a été réalisé par Vidoc Ronaco, à partir de l’extrait diffusé sur les ondes de Radio-Canada.

Faisons un exercice simple.

Imaginez un homme tenant, en ondes nationales, des propos du même ton envers les femmes. La même généralisation. La même désinvolture. La même charge.

Quelle serait la réaction médiatique. Quelle serait la condamnation politique. Quelle pression s’exercerait sur le diffuseur.

Ce test de réciprocité mesure la cohérence d’un principe.

Une séquence qui soulève des questions sur la frontière entre critique sociale et propos haineux, et sur la manière dont le débat public peut parfois déraper.

L’égalité des sexes signifie que nul ne peut être réduit à son sexe. Les standards éthiques doivent être identiques pour tous. Si un propos visant les femmes aurait suscité une indignation immédiate, un propos visant les hommes doit recevoir le même traitement. Autrement, nous ne sommes plus dans une société égalitaire, mais dans une hiérarchie morale implicite. Et c’est précisément là que s’installe ce que l’on appelle aujourd’hui le wokisme : une lecture du monde où l’égalité n’est plus un principe universel, mais un mécanisme asymétrique appliqué selon l’identité du groupe en cause. En moment donné, il va d’ailleurs falloir que la société civile le réalise.

Merci Québecor de ramener un équilibre sein face au narratif polarisant des médias fédéralistes. Comme ça fait du bien d’entendre Jacinthe-Eve Arel réagir de façon équilibrée aux propos incendiaires et misandres d’Élizabeth Lemay, soulignant que tenir un tel discours nuit au féminisme qui vise l’égalité et non la victimisation et la haine des femmes.

Pour ma part, je me situe inversement dans une tradition féministe universaliste. Un féminisme fondé sur l’égalité des droits et la primauté de principes communs, indépendants des catégories identitaires. Un féminisme qui refuse le sexisme, quelle qu’en soit la cible.

C’est dans cet esprit que j’ai récemment défendu Karima Brikh face à une campagne d’annulation orchestrée par un quatuor particulièrement actif d’adversaires politiques du Parti québécois. Sous couvert de lutte contre un supposé « fascisme », on a cherché à disqualifier une personne plutôt qu’un argument (on commence à connaitre la chanson). Or, cette mobilisation se présentant comme antifasciste reposait elle-même sur une logique sexiste. Karima Brikh n’était plus reconnue comme commentatrice autonome, mais réduite à sa relation matrimoniale. La solidarité féministe devenant ici conditionnelle.

cliquez sur l’image pour lire mon dernier texte : Quand l’annulation woke devient antiféministe

Dans certains cercles “progressistes” où cette campagne s’est structurée, des commentaires à caractère sexiste ont circulé sans véritable remise en question. L’hostilité devenait tolérable dès lors qu’elle visait la « mauvaise » cible. L’indignation semblait suspendue lorsque l’objectif était de disqualifier une adversaire.

La mécanique observée dans cette séquence radiophonique s’inscrit dans la même logique. Le principe d’égalité est suspendu lorsque le contexte politique semble l’autoriser. Une généralisation devient acceptable parce qu’elle vise le groupe jugé coupable par principe. Et celui qui rappelle le cadre commun devient suspect.

Aussi désinvoltes ou excessifs puissent paraître les propos tenus par Elizabeth Lemay, le fait d’ouvrir une accusation frontale visant « les hommes » en général n’est pas anodine. Une telle généralisation produit presque inévitablement un effet de retour de balancier. À partir du moment où l’on normalise la mise en cause globale d’un groupe, il devient plus facile d’en inverser la formule. La généralisation se banalise. Et ce glissement crée un terrain propice à la riposte des discours misogynes ou réactionnaires, qui trouvent là un prétexte pour se légitimer. Loin de faire progresser l’égalité, une telle irresponsabilité sociale contribue paradoxalement à fragiliser le féminisme lui-même et à raviver les réflexes les plus hostiles qu’il cherchait précisément à dépasser.

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Lorsque certaines identités sont publiquement essentialisées sans réaction institutionnelle forte, la frontière entre critique sociale et banalisation de la haine se brouille. Ce ne sont plus des actes qui sont jugés, mais des appartenances. Une asymétrie dangereuse s’installe.

On me dira que le segment problématique a été retiré de la page Facebook de la SRC à la suite du déferlement de réactions haineuses qui s’y sont exprimées… Mais supprimer cet extrait ne suffit pas.

Les animateurs du podcast Ian & Frank décortiquent avec lucidité la mécanique médiatique à l’œuvre, où la critique devient validation symbolique et où la polémique nourrit la visibilité. On peut d’ailleurs parier qu’Elizabeth Lemay, dorénavant érigée en sainte-victime, ira bientôt y promouvoir ses livres à TLMEP… quitte à y récolter un autre cachet subventionné au passage

Radio-Canada est financée par l’ensemble des contribuables. Cette réalité impose un devoir accru de neutralité. Il ne s’agit pas de censurer une opinion, mais de refuser que des propos hostiles envers un sexe trouvent une légitimation implicite sur les ondes publiques.

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Je déposerai donc une plainte formelle auprès de l’ombudsman. Non pour punir une invitée, mais pour obtenir une clarification officielle affirmant que ces propos ne représentent pas la position de la société d’État.

Je vous invite aussi à porter plainte à l’ombudsman de la SRC

Car cet épisode ne surgit pas dans le vide.

Il s’inscrit dans un climat où le débat public se fragmente, où les identités supplantent les principes communs, et où l’égalité se trouve modulée selon les appartenances. Cette dynamique disperse les énergies dans des conflits symboliques internes et sert objectivement la stabilité du système en place.

Ma foi… c’est le monde à l’envers. vivrions-nous dans 1984 ?!?

Il devient difficile de soutenir que la société d’État se contente d’observer ce phénomène. Par la répétition de certaines grilles d’analyse et l’absence fréquente de mise à distance critique, elle en devient un vecteur.

La première fois que l’on m’a expliqué, de quoi en retournait le « wokisme », ce n’était ni chez un chroniqueur conservateur ni dans l’écosystème de Québecor, mais sur les ondes mêmes de Radio-Canada. La présentatrice Pénélope McQuade s’y disait « éveillée » au racisme systémique et investie d’une mission d’éclairer le public. Le terme n’a donc rien d’une invention hostile. Il a été assumé et présenté positivement par des figures centrales de la société d’État.

Un tel climat n’est jamais politiquement neutre. La polarisation qu’il alimente structure le débat autour d’un affrontement moral permanent, où la menace d’un « fascisme » omniprésent devient un cadre mobilisateur.

Or la société d’État dépend directement des décisions budgétaires du gouvernement en place. Une augmentation substantielle de son financement a été accordé par le gouvernement Libéral, tandis que d’autres partis proposent des compressions. Même sans instruction explicite, cette dépendance crée une convergence d’intérêts objective.

Lorsque le cadrage médiatique insiste sur la nécessité morale de soutenir le pouvoir en place face à un danger présenté comme existentiel, et que ce pouvoir garantit la stabilité financière de l’institution, le malaise est inévitable.

Enfin, il serait naïf d’ignorer que la polémique constitue aujourd’hui un levier de visibilité. Chaque intervention à la société d’État donne lieu à un cachet versé à même l’argent public. Ce mécanisme est normal. Mais lorsque ces fonds amplifient un discours clivant et idéologiquement orienté, la question devient légitime.

Dans le cas d’Elizabeth Lemay, un simple survol de ses activités publiques montre que ses prises de position s’inscrivent dans cette logique de visibilité militante, conférences et publications à l’appui. Là encore, il ne s’agit pas de juger l’intention, mais de constater un effet. La polémique devient un carburant. Et lorsque ce carburant est alimenté par une tribune publique financée par les contribuables, la question cesse d’être anodine.

En conclusion, notre réponse sociétale doit demeurer à la fois démocratique et politique. Le plan d’action que je propose est relativement simple, voter massivement pour le Bloc québécois lors de la prochaine élection fédérale afin de retirer des sièges au Parti libéral du Canada et ainsi ouvrir la voie à une remise en question du financement public de Radio-Canada sous un éventuel gouvernement conservateur.

D’ailleurs, mettre fin au financement public de la société d’État, et donc à une propagande payée à même nos impôts, constitue peut-être l’un des leviers les plus déterminants à envisager en vue d’un prochain référendum gagnant sur la souveraineté du Québec.

Si une institution financée par tous devient le vecteur actif d’une lecture idéologique qui fragilise le cadre commun, il appartient aux citoyens d’en débattre et d’en réévaluer le mandat.

Je me situe clairement plus à gauche que JBG, mais force de constater que nous avons un point de convergence quant à la gestion du financement public à la SRC

L’égalité ne peut fonctionner à géométrie variable. La misandrie, la misogynie et toute forme de sexisme n’ont pas leur place dans l’espace public, encore moins chez un diffuseur public.

Si nous voulons une société réellement égalitaire, les principes doivent s’appliquer dans les deux sens. Sans exception.

Autrement, nous ne défendons plus l’égalité. Nous la laissons être redéfinie au gré des intérêts d’une caste politico-médiatique soucieuse avant tout de préserver sa position et son influence. Et lorsque les principes deviennent variables selon l’opportunité du moment, ce n’est plus la justice qui guide le débat public, mais la conservation du pouvoir.

Et c’est précisément ce glissement que je refuse d’accepter.

Tous les animaux sont égaux, mais certains animaux sont plus égaux que d’autres
— George Orwell La Ferme des animaux

En terminant, un peu d’humour de Roxanne Labanane pour pousser la “logique” woke d’Elizabeth Lemay jusqu’à l’absurde… et y exposer les contradictions du débat actuel 🙂
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