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Posté par le 1 mai 2026
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Hokum : Une atmosphère inquiétante au service d’un récit inégal

Image du film "Hokum"

Après Caveat et Oddity, Damian McCarthy poursuit son exploration d’un cinéma d’épouvante où les lieux semblent conserver la mémoire des drames humains. Avec Hokum (2026), le réalisateur irlandais nous entraîne dans un hôtel isolé au cœur de l’Irlande rurale, où Ohm Bauman, écrivain américain interprété par Adam Scott, vient disperser les cendres de ses parents. Il y découvre une légende entourant une sorcière qui hanterait la suite nuptiale. Une prémisse classique qui promet davantage par son atmosphère que par son originalité. Pourtant, derrière cette histoire de fantômes se dessine une réflexion sur le deuil, la culpabilité et l’impossibilité d’échapper à certains traumatismes. L’hôtel devient progressivement le prolongement d’une mémoire familiale douloureuse, tandis que cette suite nuptiale interdite, associée symboliquement aux origines de la famille, prend les allures d’un sanctuaire où le passé refuse de mourir. McCarthy ne cherche donc pas seulement à effrayer, mais à faire de l’horreur surnaturelle une manifestation des blessures intérieures.

McCarthy possède indéniablement un talent pour installer le malaise. Sa mise en scène exploite intelligemment les couloirs obscurs, les espaces confinés et les profondeurs de champ pour entretenir une menace souvent invisible. Le travail sonore contribue également à cette impression qu’un danger peut surgir à tout instant. La photographie privilégie les zones d’ombre et les espaces négatifs, obligeant constamment le spectateur à scruter les arrière-plans à la recherche d’une présence inquiétante. Le montage joue sur l’alternance entre l’attente prolongée et les ruptures brutales, transformant parfois un simple silence en véritable instrument de tension. On retrouve ici quelque chose de l’angoisse spatiale de The Shining, de Stanley Kubrick, où l’architecture devient progressivement une prison psychologique. Certaines séquences témoignent d’une véritable maîtrise du suspense, même si le réalisateur abuse parfois des sursauts faciles pour provoquer des réactions immédiates. Cette insistance sur les effets de surprise finit par atténuer la puissance d’une atmosphère qui aurait souvent gagné à demeurer plus suggestive. Le film fonctionne ainsi davantage par l’accumulation de moments inquiétants que par une montée dramatique parfaitement maîtrisée.

Adam Scott constitue l’un des principaux atouts du film. Son personnage, écrivain arrogant, désabusé et franchement antipathique, échappe au protagoniste traditionnel auquel le spectateur devrait spontanément s’identifier. L’acteur compose un homme prisonnier de son cynisme, dont l’ironie mordante dissimule une profonde incapacité à composer avec ses propres blessures. Cette caractérisation apporte une dimension intéressante au récit, puisque les manifestations surnaturelles se confondent progressivement avec les traumatismes et la culpabilité du personnage. Il existe d’ailleurs une contradiction assez révélatrice chez cet écrivain qui fait commerce de récits sombres tout en refusant d’accorder la moindre crédibilité aux croyances populaires qui l’entourent. Son scepticisme devient une forme de défense contre tout ce qui échappe à son contrôle rationnel. À cet égard, Hokum rappelle également Barton Fink, des frères Coen, dans sa manière d’enfermer un écrivain tourmenté dans un hôtel où la réalité semble progressivement se décomposer. McCarthy exploite cette opposition entre la raison et le folklore irlandais pour interroger notre rapport à l’inexplicable, mais aussi cette tendance profondément humaine à nier ce que nous ne sommes pas prêts à affronter.

Malheureusement, cette richesse psychologique ne trouve pas toujours son prolongement dans la construction dramatique. À mesure que les révélations s’accumulent, le scénario multiplie les détours et perd une partie de sa cohésion. Le mystère initial, particulièrement efficace, cède graduellement la place à une mécanique narrative plus laborieuse, où les explications et les nouvelles pistes finissent par affaiblir l’inquiétante ambiguïté des premières séquences. Le film oscille entre conte folklorique, horreur psychologique et récit de rédemption sans parvenir à harmoniser complètement ces différentes dimensions. Cette hésitation n’est pas nécessairement un défaut en soi, puisque le fantastique se nourrit précisément de l’incertitude entre le réel et l’imaginaire. Encore faut-il que cette ambiguïté paraisse résulter d’une véritable logique dramatique plutôt que d’une accumulation de mystères. C’est peut-être ici que McCarthy révèle les limites de son approche : il maîtrise davantage l’art de susciter l’angoisse que celui d’organiser toutes ses idées autour d’une progression narrative pleinement satisfaisante. Les qualités de sa mise en scène deviennent alors paradoxalement plus évidentes que celles de son scénario.

Hokum demeure donc un film d’horreur tout à fait convenable, porté par une réalisation soignée, quelques moments réellement angoissants et une interprétation convaincante. Il lui manque toutefois cette maîtrise de l’ensemble et cette singularité qui auraient permis de transformer une bonne histoire de fantômes en expérience véritablement mémorable. McCarthy confirme néanmoins son intérêt pour une forme d’épouvante artisanale, où les décors, les silences et les suggestions visuelles comptent davantage que les démonstrations spectaculaires. Cette fidélité à un cinéma d’atmosphère mérite d’être saluée, même si l’on peut regretter que la sophistication formelle ne s’accompagne pas d’une profondeur narrative équivalente. Le film nous rappelle finalement que les fantômes les plus persistants sont parfois ceux que nous entretenons nous-mêmes, sans toutefois parvenir à donner à cette idée toute la résonance qu’elle mérite. Une proposition honnête, parfois inspirée, suffisamment efficace pour divertir les amateurs du genre, mais qui laisse une impression plus mitigée que véritablement marquante.

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10 | Pas mal

Affiche du film "Hokum"

Hokum (2026)

R 108 min - Horreur, Thriller - 29 avril 2026
Votre note :

Peinant à terminer son dernier roman, l'Américain Ohm Bauman décide de se rendre en Irlande afin de s'acquitter d'une promesse longtemps différée: répandre les cendres de ses parents à proximité de l'hôtel où le couple avait passé son voyage de noces. Peu après son inscription dans ce même établissement, l'écrivain apprend de la bouche de la barmaid Fiona que la suite nuptiale, interdite d'accès, serait hantée par une sorcière. Quand la jeune employée disparaît mystérieusement, et que des soupçons pèsent sur un vieil homme au passé tragique vivant dans le bois voisin, Bauman ouvre sa propre enquête.

Réalisateur :  Damian McCarthy
Écrivains :  Damian McCarthy
Acteurs :  Adam Scott, Peter Coonan, David Wilmot, Florence Ordesh, Michael Patric, Will O'Connell, Brendan Conroy, Ezra Carlisle, Austin Amelio, Mallory Adams, Sioux Carroll, Brian Bowler, Rose Creagh, Ali Draper, Emer Dunne, Conor Dwane, Hadrian Famisitt, Ciara Ferguson, Euan Ferguson, Karl Fortune, Ana Galiano, Finn Hook, Rory Hook, Mikhail Ivannikov, Gerald Kavanagh, Austin Lawlor, Leticia Lopez Ramos, Eileen McCarthy, Henriette McCarthy, Joseph McCarthy, Linda McCarthy, Peter McCarthy, Evie Navia, Muireann O'Donnell, Eleanor O'Donovan, Georgine O'Donovan, Teige O'Donovan, Lydia O'Farrell Little, Inma Pavon, Emily Quinlan, Maeve Quinlan, Orla Quinlan, Paul Reid, Daniel Richardson, Shirley Ryan, Sally Smart, Ruby Spilbury

Photos

Histoire

Peinant à terminer son dernier roman, l'Américain Ohm Bauman décide de se rendre en Irlande afin de s'acquitter d'une promesse longtemps différée: répandre les cendres de ses parents à proximité de l'hôtel où le couple avait passé son voyage de noces. Peu après son inscription dans ce même établissement, l'écrivain apprend de la bouche de la barmaid Fiona que la suite nuptiale, interdite d'accès, serait hantée par une sorcière. Quand la jeune employée disparaît mystérieusement, et que des soupçons pèsent sur un vieil homme au passé tragique vivant dans le bois voisin, Bauman ouvre sa propre enquête.


Collections : Films de 2026

Slogan : Nous t'attendions

Genres : Horreur, Thriller

Détails

Site officiel :  —
Langue :  Anglais, Espagnol
Date de sortie :  29 avril 2026

Box Office

Budget :  $5 000 000
Recettes :  $25 023 390

Détails techniques

Durée :  1 h 48 min
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